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Sourires en série à Saint-Étienne

Dix matchs sans défaite, on appelle ça une belle série. À quelques encablures au nord de Saint-Étienne, à l’Étrat, où se situe le centre d’entraînement de l’ASSE, on savoure. À l’orée d’un enchaînement de matchs difficiles, les séances sont intenses, mais se déroulent avec le sourire et dans la bonne ambiance. Rencontre avec une équipe qui marche.

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Il suffit d’un petit coup de voiture, à travers le Nord de Saint-Étienne, puis par Saint-Priest-en-Jarez, pour arriver à l’Étrat, un peu plus de 2 700 âmes et du vert. Beaucoup de vert. Là, sur les bords de la N498, plus précisément au centre d’entraînement de l’ASSE, tout le monde s’est donné rendez-vous. Les joueurs, les supporters, le soleil et même une équipe de Stade 2, qui préparerait un documentaire sobrement intitulé Les yeux dans les Verts. « Vous savez, ici, quand les Verts vont, tout va » , balance le chauffeur de taxi, lunettes de soleil sur le pif, parce que « quand il fait beau en novembre, on en profite » , dont l’espèce d’utilitaire jure quelque peu dans le ballet d’Aston Martin, d’Audi et de Porsche qui prend place à l’entrée du centre. Au vrai, le type a raison. À Saint-Étienne, tout va. Les Verts sont sur une série de dix matchs sans la moindre défaite (six victoires et quatre matchs nul), ont marqué seize buts et n’en ont pris que six. En cette fin novembre, la meilleure défense de Ligue 1 – avec Paris et Bordeaux – a de quoi avoir le sourire et en profite. D’ailleurs, ça se voit. À peine arrivé à l’entraînement, on se rend compte que la joie de vivre des joueurs illumine plus l’entraînement que cet étrange soleil qui scintille dans le ciel du 42. Un signe qui ne trompe pas. Le signe d’une équipe qui gagne.

On se marre à l'Étrat

Les supporters sont là, fidèles au poste. Soigneusement accoudés à des barrières et rangés derrière un petit filet. Heureusement qu’il est là, lui, d’ailleurs. Parce que pendant que les joueurs de champ s’adonnent à une petite opposition, les trois gardiens du club doivent, à tour de rôle, se coltiner la frappe de mule de Fabrice Grange, ancienne doublure de Mickaël Landreau à Nantes, aujourd’hui entraîneur des portiers stéphanois. Au menu, des séances intensives de quatre tirs lors desquelles Stéphane Ruffier pousse des cris victorieux et bestiaux après chaque tentative repoussée. De l’autre côté du terrain, les oppositions sont rythmées. Brandão plante quelques buts, Romain Hamouma fait parler sa vitesse et Faouzi Ghoulam sort quelques gestes techniques. Les têtes connues répondent présent, mais les yeux se braquent très naturellement sur un visage juvénile que l’on connaît moins. Kevin Mayi, 19 ans, beaucoup de vitesse, une belle technique et une adresse certaine devant le but. Un gamin dont on entendra parler bien assez vite. L’entraînement prend fin, la meute va s’étirer, Pierre-Emerick Aubameyang s’offre une séance de pénalties avec le maître vanneur du groupe, le petit Max-Alain Gradel. Ici, il se murmure que la méthode Galtier fait la part belle à la bonne humeur et aux sourires. Certes, la victoire aide a avoir la banane, mais il n’y a pas à chier, à l’Étrat, on se marre bien.

Un calendrier intimidant


Mais à travers les mines réjouies, on entrevoit le visage de types sérieux qui savent qu’une fin d’année compliquée les attend. Forts de cette série de dix matchs sans défaite, les coéquipiers de Josuha Guilavogui ont un calendrier extrêmement compliqué devant eux. Un mois totalement fou qui commence par la réception de Valenciennes ce soir et qui continue avec la revanche face à Paris en Coupe de la Ligue mardi. Suivent ensuite un déplacement à Ajaccio, un derby face à Lyon et deux matchs face à Bordeaux et Marseille. De quoi s’affirmer comme un véritable outsider, ou de quoi rentrer dans le rang, une mauvaise habitude que ce Saint-Étienne convainquant va tenter de fuir. Grâce au jeu, d’abord. Car depuis le début de la saison, et malgré un départ compliqué, c’est par là que passe le salut des Verts. Solides derrière, les joueurs de Christophe Galtier profitent d’un milieu de terrain solide où Lemoine et Guilavogui grattent des ballons pour mieux lancer les flèches devant. Là, on trouve évidemment Pierre-Emerick Aubameyang, meilleur buteur du club. Mais aussi Max-Alain Gradel et Brandão qui, ni vu ni connu, s’est fait une place de choix dans l’effectif de l’ASSE. En vrai, c’est aussi et surtout ça, Saint-Étienne. Une équipe qui a parfaitement négocié son mercato. Choper Hamouma a été la plus belle opération à bas prix de l’été, Renaud Cohade fait le boulot et Brandão, n’en déplaise à certains, est un bon joueur de Ligue 1. En bref, Saint-Étienne a les qualités pour envisager le futur sereinement. Comme toujours, avec rigueur et bonne humeur.

Par Swann Borsellino à Saint-Étienne
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