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Souriez, Rennes-Bordeaux est passé

Trois jours après Halloween, c'est un véritable film d'horreur qui a été projeté vendredi soir au Roazhon Park. Avec dans le rôle des mort-vivants, vingt-huit joueurs incapables d'aligner quatre passes d'affilée, qui ont mis plus d'une heure pour parvenir à cadrer une frappe.

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Ce vendredi soir, le Stade rennais et les Girondins de Bordeaux ont fait payer aux abonnés de Canal+ et au public du Roazhon Park le pire spectacle que la Ligue 1 puisse proposer. Pas de rythme, un record de fautes battu dès la 75e minute, seulement deux tirs cadrés, et plus simplement, pas de jeu. Pourtant, l'opposition entre deux des entraîneurs français les mieux cotés de L1 avait de quoi attiser la curiosité. Dans le coin gauche de ce qui ressemblait plus à un ring qu'à un terrain de football, Christian Gourcuff. L'homme qui, à chacune de ses sorties médiatiques à l'époque où il entraînait de fringants Merlus, donnait l'impression d'avoir inventé le football. L'homme que France 5 a choisi de suivre pour illustrer un documentaire sur l'intelligence collective. Un gourou sauce Stade 2. Dans le coin droit, Jocelyn Gourvennec. Le renouveau du football français. Une bande de jeunes à lui tout seul, conçu pour éradiquer la vieille garde adepte d'un football frileux que forment Girard, Antonetti, Galtier et consorts. Celui à qui certains fanatiques prédisent déjà un avenir à la tête de la sélection nationale. Mais alors, comment se fait-il que ce clash d'esthètes ait accouché de cette bouillie infâme ?

Et pourtant, les intentions étaient bonnes


Au coup d'envoi, tous les voyants sont pourtant au vert. Côté visiteurs, Jocelyn Gourvennec avait décidé de revoir ses plans, après une série de quatre matchs sans succès. Au milieu, Valentin Vada et Jaroslav Plašil, prétendument plus créatifs, prennent les places de Younousse Sankharé et Lukas Lerager (suspendu). En attaque, Alexandre Mendy s'installe dans la raquette, exilant à gauche un Nico de Préville perdu en pointe depuis son arrivée à Bordeaux. Chez les locaux, Wahbi Khazri et Firmin Mubele reprennent leur place en attaque, dans un schéma qui permet à Rennes de rester sur une série de trois victoires. Mais très vite, le papier sur lequel étaient écrites tant de promesses s'envole, soufflé par le poids de l'enclume qui plombe l'actualité des deux clubs.


Le Stade rennais vit depuis quelque temps dans une incertitude que des victoires acquises dans la douleur ne parvient pas à apaiser. Les Girondins, eux, sont empêtrés dans une crise qui ne dit pas son nom. Prétendants au podium il y a un mois, les Marine et Blanc pataugent désormais dans le bourbier du milieu de tableau, après quatre matchs et un seul point pris. Ce qui réduit les hommes de Gourvennec à avoir pour unique objectif de se rassurer. Ou comment réunir tous les ingrédients pour accoucher d'une bonne grosse purge.

Quarante fautes, deux tirs cadrés


S'il ne fallait retenir qu'un symbole de la prestation offerte par les deux équipes, ce serait le naufrage vécu par la paire Vada-Plašil. Complètement dépassé dans le jeu, absent à la récupération, incapable de faire bon usage du ballon, le tandem a multiplié approximations techniques et mauvais choix. Si bien qu'à la mi-temps, « les créateurs » laissèrent logiquement leur place à Sankharé et Kamano, habituellement titulaires. Finalement, les Rennais l'emportent sans avoir besoin de cadrer le moindre tir, Toulalan ayant marqué contre son camp avant même qu'un Rennais trouve la mire (pour la première fois à la 63e !), au cours d'un match terriblement haché.



La faute principalement aux Bordelais, très tendus, coupables de 26 fautes (un record cette saison) sur les 40 signalées, et qui terminent miraculeusement la rencontre à onze, tant les tacles de Kamano et De Préville auraient pu valoir une expulsion. Les Girondins n'ont pas cadré une frappe, ni obtenu un corner, le tout avec une possession de balle légèrement favorable. Surréaliste. Rennes n'ayant fait guère mieux, en perdant trois défenseurs – Ludovic Baal, Ramy Bensebaini et Hamari Traoré – sur blessure, le résultat est implacable : c'est bien le pire match de la saison de Ligue 1 qui s'est joué hier soir. Avec Gourcuff et Gourvennec aux manettes.

Par Mathias Edwards
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