SOS Buteurs : portés disparus

La Ligue 1 commence à remplir toutes ses cases. Le Champion, c'est fait. Les promus, c'est presque fait. Les relégués, c'est validé. Reste le trophée de meilleur buteur. Avec 16 petits buts, Kevin Gameiro et Mamadou Niang sont à la lutte. Loin, très loin, de leurs homologues européens.

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Shlomi Arbeitman et Itay Shechter pèsent 50 biftecks dans le championnat israélien. Une compétition discount. A titre de comparaison, les deux meilleurs buteurs de Ligue 1, Mamadou Niang et Kevin Gameiro, possèdent un pécule commun de 32 buts... C'est un fait récurrent, le meilleur buteur du championnat national termine loin, très loin des meilleurs snipers européens. D'ailleurs la France est le seul pays majeur à ne pas avoir un attaquant à plus de 20 pions (1) cette saison. Les explications sont nombreuses.

L'absence d'attaquants de très haut niveau


Lisandro Lopez est sans aucun doute le meilleur attaquant arpentant l'Hexagone. Complet, vif, tenace, l'Argentin n'affiche pourtant que 14 buts au compteur. Star à Lyon, l'ancien joueur de Porto ne l'est pas vraiment dans son pays. Pis, il n'est même pas certain d'aller en Afrique du Sud. Diego Maradona lui préférant les Messi, Higuain, Tevez, Milito et autre Palermo. Lisandro est l'arbre qui cache la forêt. Rémy, Briand, Erding, Niang, Gameiro, Gignac, Frau sont de très bons joueurs de Ligue 1. Rien de plus. Le Mondial se fera sans doute sans eux. La majorité tout du moins. Et l'absence de concurrence ne joue pas assez pour créer une émulation. Reste le cas Chamakh. International marocain, l'attaquant bordelais devrait traverser la Manche pour tenter l'aventure chez les Gunners. De là à en faire un titulaire indiscutable.

Des schémas tactiques très défensifs


Comment s'exprimer offensivement quand l'adversaire dresse un mur devant vous ? Les techniciens de Ligue 1 sont adeptes du bétonnage, des tactiques frileuses et des milieux défensifs. De nombreuses formations se dessinent en fonction de l'adversaire. En France, on préfère perdre 1-0 sans rien tenter plutôt que d'exploser en vol en la jouant couillu. A l'image de leur sélectionneur, les équipes françaises sont obnubilées par la défense. Le credo est simple : ne pas prendre de but et aviser ensuite. De plus, les attaquants n'ont aucune liberté. Le porteur du ballon est constamment harcelé, parfois à la limite de la faute. Certes, il est plus facile de gagner un match sans prendre de but, mais cette saison, les matches quatre étoiles se comptent sur les doigts d'une main (dont l'homérique 5-5 entre Lyon et Marseille).

La concurrence financière


L'argent n'est pas une réelle excuse, mais il explique, par certains aspects, les problèmes offensifs de la Ligue 1. Quand Everton peut se payer un Louis Saha, l'Udinese un Di Natale, Villarreal un Rossi... Valenciennes doit carburer avec Pujol et Montpellier avec Camara. L'écart est réel. Tant sur le salaire net que sur les impôts. Pire, les stades et les installations françaises n'inspirent pas le respect. Quand la Bundesliga et l'Angleterre balancent leurs stades multifonctions, la France répond par le Stadium de Villeneuve d'Ascq. A niveau sportif égal, un joueur préférera donc inévitablement se tailler à l'étranger. Sauf s'il s'agit de blanchir son argent en Principauté (Vieri, Saviola, Bierhoff) ou se payer une préretraite au soleil (Morientes).

Le niveau des gardiens


Lloris, Mandanda, Carasso, Pelé, Coupet, Janot, Sorin, Landreau, Penneteau, Douchez... La Ligue 1 ne manque pas de bons gardiens. Alors que l'Angleterre peine à se trouver trois portiers pour le Mondial, pendant que l'Italie attend le nouveau Buffon, le championnat national regorge de goals de haut niveau. Certaines doublures sont également loin d'être dégueulasses (Ramé, N'Dy Assembé, Riou). Un postulat unique en Europe. Si les attaquants ratent souvent la mire, c'est en partie à cause de la qualité des derniers remparts. Rendez-nous le “Top arrêts” à ce propos.

Les chiffres ne mentent pas


Le raisonnement est simple. Sur une période donnée (2000/2010), il suffit de recenser le nombre de meilleurs buteurs de chaque pays ayant fini la saison avec au moins 25 buts au compteur. L'Angleterre peut se vanter d'avoir eu sept années répondant au critère, l'Italie quatre, l'Allemagne trois et l'Espagne huit (!!!). A ce jeu-là, la France n'aligne que deux millésimes corrects (2003 et 2004 avec Nonda et Cissé, 26 pions chacun). Autrement dit, la Ligue 1 est une compétition où les avant-centres peinent à trouver les filets. D'ailleurs, le dernier buteur à avoir claqué plus de 30 buts dans une saison reste Jean-Pierre Papin. C'était en 1990. A cette époque “Maman, j'ai raté l'avion” faisait un tabac au cinoche...

1. Allemagne : Dzeko et Kiessling, 21 buts. Angleterre : Rooney et Drogba, 26 buts. Italie : Di Natale, 23 buts. Espagne : Messi, 31 buts. Grèce : Cissé, 23 buts. Pays-Bas : Suarez, 35 buts. Portugal : Cardozo, 24 buts. Suisse : Doumbia, 29 buts. Ecosse : Boyd, 22 buts...

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