Solbakken, le surdoué

Il n'a que 42 ans, mais déjà une montée et 4 titres de champion du Danemark à son actif de coach. Cette année, son équipe est invaincue après dix-neuf journées, compte dix-neuf points d'avance sur le second et participera pour la première fois de son histoire aux 8èmes de la C1 contre Chelsea. Lui, c'est Stale Solbakken. Présentation en deux anecdotes et quelques bons mots.

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Solbakken est un ressuscité


Même si Stale Solbakken gagne la C1 avec le FC Copenhague, il restera à jamais l'homme revenu de la mort. 13 mars 2001. Stale contracte depuis quelques mois pour le club danois comme milieu de terrain relayeur. L'entraînement suit son cours lorsque Solbakken s'écroule. Arrêt cardiaque. Il a 33 ans et une légère malformation du cœur depuis la naissance. Frank Osgaard, le doc du club aujourd'hui et à l'époque déjà, alterne compressions thoraciques et bouche-à-bouche. Mais le corps du joueur ne montre aucun signe de vie. Pas de battements, ni de pouls. L'ambulance arrive. Huit minutes se sont écoulées. Le Norvégien est donné pour mort. Dans le véhicule des secours, les infirmiers passent aux choses sérieuses : électrochocs. Quatre minutes supplémentaires s'égrènent. Jusqu'au miracle. Stale Solbakken se réveille. Comme si de rien n'était. De cette tranche de mort, il gardera un pacemaker et une retraite anticipée. Vis ma vie de Bafétimbi Gomis, très peu pour lui : « J'aurais pu continuer à jouer, j'ai cependant estimé que cela provoquerait trop de tapage médiatique à chaque match, que les gens s'attendraient à ce que l'accident se reproduise » . Pas de quoi dramatiser pour autant. Quelques jours après sa mort, un journaliste lui demande s'il compte regarder le derby entre son ancienne équipe et Brondby. Lui de répondre : « Je ne suis pas sûr de le pouvoir... n'oubliez pas que j'ai le cœur fragile » .

Solbakken est franc du collier


« Ce qu'il s'est passé avec Solbakken restera sur le terrain, pour ma part en tout cas. Mais demandez-lui à lui, il aime bien parler en salle de presse » . Passé l'apostrophe avec le coach norvégien, Pep Guardiola est furax, mais bien renseigné. Toute proportion gardée, Stale gère sa communication et ses hommes à la Mourinho. Le coach du FC København a toujours la petite phrase pour mâcher le travail des journalistes. Comme lorsqu'il trash-talk Man City l'année dernière en marge de leur rencontre d'Europa League. « Le plus dur pour City est que, par tradition, ils ne sont pas un grand club de foot et, de ce fait, tout l'argent du monde ne change rien pour eux. Ils ont ramené Wayne Bridge, alors même qu'il n'est pas meilleur que ceux qu'ils ont déjà » . Ou une manière de se mettre dans la lumière pour mieux préserver ses joueurs. Mais il ne se gêne pas non plus pour les critiquer ouvertement en conférence de presse quand untel est mauvais. Car il lui a déjà dit auparavant, les yeux dans les yeux, dans le vestiaire, son bureau ou au sortir du match. Solbakken n'a rien à cacher. Tactiquement, il aime qu'on suive son plan de marche. Dans le cas contraire, il sait se faire entendre. Y compris dans des stades de plus de 45 000 places. Enfin, il n'hésite pas à faire savoir lorsqu'il est content. Dans une course similaire à celle de José lors de la victoire de l'Inter au Camp Nou la saison dernière, Solbakken a traversé tout le terrain de l'Ajax le bras levé en 2006. Sous son patronage, le club danois se qualifiait alors pour la première fois de son histoire en phase de poules de la Champion's. Quatre ans plus tard, c'est les 8èmes.



Solbakken est facile d'accès

Homme de gauche, scandinave, et, on ne va pas se mentir, coach d'un club de série B aussi, Stale Solbakken n'a pas comme habitude de prendre son statut de professionnel du football européen pour ce qu'il n'est pas : un sur-métier. Aisément abordable comme l'ont confirmé les journalistes du quotidien Tipsbladet, le futur sélectionneur de la Norvège en oublierait presque de garder un minimum de vie privée. 2006 donc, le club passe pour la première fois de son histoire le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Reversé dans le groupe de Manchester, Benfica et le Celtic, le club de la capitale danoise décide de produire une brochure de présentation du petit nouveau à destination des journalistes. La suite, c'est Charles, RP du FCK, qui raconte : « Dedans, nous avions mis les dates importantes, quelques chiffres, une fiche de chaque joueur, et cætera, et cætera et à la fin, les contacts du club. J'ai demandé au coach s'il voulait mettre son téléphone. Il m'a répondu qu'il était d'accord » . Voilà comment les gratte-papiers se sont retrouvés avec le 06 de Solbakken entre les mains sans rien demander. Toujours pratique en cas de retard à la conf' de presse.

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