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  1. // Billet d'humeur

Sois sympa Canto, arrête de nous parler de foot !

En tournée promo pour son carnet de « dessins » , Éric Cantona en profite pour tacler encore le football français. C’est son droit, c’est aussi le nôtre de le trouver toujours plus fatigant dans son rôle de rebelle à la provoc’ facile.

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Comme tout bon créatif d’aujourd’hui, Éric Cantona est un homme qui vit « entre » : entre Lisbonne et Paris, Marseille et Londres... Alors il passe sa vie entre un quai de gare et un hall d’enregistrement d’aéroport. « Je trouve ça super beau, il y a tellement de choses qui se passent ! Ce qui se passait, surtout, parce qu'aujourd'hui, j'ai l'impression de n'avoir que des robots autour de moi » , dit le contempteur de notre époque. La faute aux smartphones qui rendent bêtes évidemment et filent le cancer. L’inoubliable acteur des pubs pour le Bic une lame préfère, lui, griffonner des carnets Moleskine comme un Ernest Hemingway sans le sou attablé à un café parisien du début du XXe siècle.

On se sent tout de suite plus intelligent, plus artiste quand notre plume glisse sur le papier ivoire d’un Moleskine. L’acteur, lui, dessine, enfin il gribouille, dira la critique. Pas grave, « Canto » est un artiste, il a forcément un regard sur le monde et « pointe nos paradoxes existentiels, nos contradictions métaphysiques avec des jeux de mots bien plus profonds qu'ils n'y paraissent » , comme l’écrit avec élégance la personne chargée du dossier de presse chez Flammarion. Parce que oui, la vénérable maison d’édition a eu l’audace de publier ce notebook qui est à l’aphorisme ce que Vincent Moscato est à la pensée critique. Faut-il y voir un lien ? Le talonneur-animateur préféré des chauffeurs de taxi s’est dit qu’il pourrait oser un recueil de philosophie. Et pourquoi pas.


Mais ce carnet, il s’agit quand même de le vendre. Alors l’acteur inoubliable – dans son propre rôle – dans le trop sous-estimé Les Clefs de bagnole enchaîne les interviews et les chats où on lui parle un peu de ses dessins (parce qu’on avait promis à l’attaché de presse) et beaucoup de foot. Canto et le foot, c’est toujours la promesse d’une polémique, d’une petite phrase assassine, d’une aigreur distillée sous couvert de l’image de rebelle de son auteur. Mais reconnaissons-lui de balancer son avis sans filtre même hors de l’exercice de la promo.

Comme avant l’Euro où il campe l’avocat de Karim Benzema sans avoir lu le scénario. « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français, a déclaré Cantona. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. » Derrière cette attaque aussi gratuite que dérangeante (Deschamps devrait-il s’excuser de son nom de famille ?), il y a toujours cette même haine du foot français coupable d’avoir gagné une Coupe du monde sans lui, de ne pas l’avoir compris quand il ratait des Panenka face à Beauvais, jetait son maillot sur la pelouse de Sedan ou balançait le ballon sur l’arbitre à Nîmes. Ce pays qui n’a pas vu le King en lui.

« Philosophe » comme Bielsa


Alors il suffit de mettre une pièce dans le juke-box. Facile. Le PSG, ses millions, Neymar, un avis Éric ? « Quand on a 25 ans et qu'on a joué au Brésil et au Barça... On se demande un peu ce qu'il vient faire dans le Championnat de France, pour jouer contre Guingamp ou Amiens. » Les joueurs concernés apprécieront le mépris à leur égard. Parce que « ce n'est pas sa vision du football » , Cantona se demande pourquoi Neymar est venu gâcher son talent au contact de ces pousse-ballon. Dès ses débuts à Auxerre, le joueur montrait du talent à camper son propre personnage, celui du rebelle au col relevé. Il y avait ce mélange de génie et de posture qui le rendait mémorable et l’élevait au-dessus de ses qualités réelles.

Aujourd’hui, il le joue toujours, mais en acteur cabot. Forcément, les discours de Bielsa le font « pleurer » . Comme lui, l’Argentin est un génie incompris, « un mec qui a une vraie vision du monde, qui dépasse le cadre du football, c’est un philosophe » et que bien sûr « le foot français ne méritait pas » . Qu’aime-t-il dans la philosophie de Bielsa ? A-t-il vu des matchs du LOSC ? N’était-il pas dérangé que son héros romantique participe à un projet purement spéculatif avec paradis fiscaux et hedge fund en arrière-fond ? Non, Canto balance ses piques comme il griffonne ses Moleskine. Pour passer le temps, pour exister et pointer sans le savoir les paradoxes existentiels d’un type qu’il n'y a pas si longtemps que ça nous avait fait aimer une certaine idée du foot.

Par Alexandre Pedro
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