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Soirée retrouvailles pour Garry Monk et Stoke City

Il y a quelques milliers d'années, Moïse écartait les eaux. Il y a un an, Victor Moses, alors attaquant de Stoke City, optait pour le plongeon, loin de la mer Rouge, mais dans la surface de réparation de Swansea. Un penalty et une défaite des Swans plus tard, Garry Monk s'en prenait violemment à l'Anglo-Nigérian. Et comme le hasard fait toujours bien les choses, les deux équipes se retrouvent ce lundi soir. Même si la fête aura lieu sans Moses, parti à West Ham.

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La coiffure est impeccable, le costume est ajusté, et Garry Monk dégage un charisme indéniable avec ses faux airs de Nicholas Brody de Homeland. Pourtant, ce 19 octobre 2014, lors de la conférence de presse qui suit la défaite de Swansea face à Stoke City, le manager des Cygnes n'a aucune envie de faire du charme. Plutôt de balancer des mots crus : « C'est une décision dégueulasse » , « Moses a triché » , « C'est un des plongeons les plus flagrants que vous verrez. Vous pouvez regarder un million de matchs, vous ne verrez jamais un autre plongeon comme celui-là. Il devrait avoir honte de lui. » Tout y passe, avec un sens de la formule certain, y compris les attaques directes contre l'arbitre du match Michael Oliver. Et comme un collégien insolent convoqué par son CPE, Garry Monk sera bon pour un passage devant la FA, la Fédération anglaise de football.

Angel, Moses et Adam


Les choses avaient pourtant bien commencé pour Swansea, puisque Wilfried Bony avait ouvert le score sur penalty à la demi-heure de jeu après s'être fait rudoyer par ce boucher de Ryan Shawcross. Encourageant pour les Swans, qui restaient sur une série de quatre matchs sans victoire. Mais ça, c'était avant le drame. À peine dix minutes plus tard, l'homme au sifflet, décidément amateur de tirs à 11 mètres, prend la décision qui allait rendre Monk plus fou que son policier toqué d'homonyme. Sur un contact de chochotte avec Àngel Rangel, Victor Moses s'effondre dans la surface, et de ce clash biblique entre un ange et un prophète naît le penalty de la discorde. Soirée à thème « Écritures saintes » oblige, c'est Charlie Adam qui s'empresse de le balancer au fond du but de Fabiański. La soirée de Garry Monk est partie pour devenir un enfer. « Tout le monde dans le stade était étonné » affirmera-t-il plus tard avec un brin de mauvaise foi, le match s'étant déroulé au Britannia Stadium de Stoke City. En seconde période, un Jonathan Walters tout droit sorti du banc allait définitivement tuer les espoirs de Swansea en offrant la victoire aux Potters grâce à son premier but de la saison. L'entrée en fin de match de Bafétimbi Gomis, alors en pleine période de vaches maigres, n'y changera rien, et le show Garry Monk pouvait commencer.

Octobre rouge pour Garry Monk


Également interrogé après la rencontre sur le match et sur les déclarations de Monk, le coach de Stoke City, Mark Hughes, s'autorisa une petite provocation en contestant le penalty sifflé contre Shawcross... Avant de qualifier la tirade de son collègue d' « inacceptable » , et de juger avec un ton aussi paternaliste que prétentieux que « parfois, il faut retenir sa langue. Peut-être que ça viendra avec l'expérience » . Cadeau pour Monk, âgé de 35 ans. Convoqué le 29 octobre suivant par la Fédération pour s'expliquer, Garry Monk allait en profiter pour amener dans sa besace plusieurs autres erreurs d'arbitrage dont il voulait discuter, et évacuer sa frustration. D'autant plus que la veille de son audition, lors de la défaite des siens face à Liverpool en FA Cup, un autre coup de sifflet litigieux avait conduit à l'exclusion de son défenseur Fernandez juste avant d'encaisser le but de la défaite. Un automne de poissard en somme, même si le coach à la langue bien pendue s'en tirera sans sanction. Les esprits se sont calmés depuis, mais parions que ce lundi soir, Garry Monk aura tout de même envie de susurrer à l'oreille de Mark Hughes ces quelques paroles de Joe Dassin : « Et je me souviens, je me souviens très bien de ce que je t'ai dit ce matin-là, y a un an, y a un siècle, y a une éternité. » En guise d'échauffement avant le cadeau de Noël que seront les retrouvailles avec Moses le 19 décembre prochain, face à West Ham.

Par Alexandre Doskov
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Cet article cite directement Joe Dassin et offre en conséquence un contenu de qualité.
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