Società Sportiva Calcio Napoli, le ciel, la mer, Dieu

Il est porté dans les stades, sur les terrains le dimanche, dans la cour de recré, dans la rue. Le maillot de foot est le signe de ralliement de tout supporter. Et chaque maillot a son histoire. Cette semaine, place à la tunique de Naples.

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À Naples, il y a le football, puis il y a le reste. Au sud-ouest de la ville trône fièrement l'antre de Dieu, le San Paolo. Aucun fan de football n'a pu passer à côté des vidéos capturant l'ambiance électrique semblant sortir tout droit d'un autre monde de ce stade mythique. Cette saison, c'est son speaker, « Décibel » Bellini, qui a étonné le monde du ballon rond avec sa désormais fameuse annonce à chaque réalisation de l'Argentin GON-ZA-LO HI-GUA-IN. Cette année, les Partenopei et leurs maillots azur pourraient bien renouer avec les plus belles heures de l'histoire du club : celles marquées par l'empreinte d'un génie, d'un dieu pour certains. Celles marquées par Diego Maradona.

Histoire d'un maillot


Comme c'est souvent le cas en Italie, c'est un Anglais qui a donné naissance au football à Naples. En 1904, quinze ans après la fondation du Circolo Canottieri Italia (le cercle des rameurs de la ville), l'Anglais James Poths crée la section Naples Foot-Ball & Cricket du Circolo. Les premières tuniques rendent hommage au paysage qui s'offre aux habitants de la ville tous les jours : le maillot est rayé verticalement d'azur et de bleu pour représenter le ciel et la mer. Le short, lui, est noir. En 1906, le cercle abandonne le cricket. C'est donc tout logiquement que le Naples Foot-Ball & Cricket se rebaptise le Naples Foot-Ball Club.


Pour son tout premier match, le Naples Foot-Ball Club affronte les marins britanniques du navire Arabik, victorieux du Genoa (3-0), quelques jours plus tôt. Les joueurs de Naples réussissent toutefois à remporter la victoire au terme d'un match somptueux (3-2). Les premières années du club sont également celles de ses premiers succès. Lors de quelques voyages en Sicile, Sir Thomas Lipton (fondateur de la grande marque de thé), décide d'organiser une compétition mettant aux prises les équipes napolitaines et les équipes siciliennes. Le Naples Foot-Ball Club remporte le trophée en 1909, 1911 et 1914. Ainsi débute l'histoire du maillot azur.

Rivalités, 1926 et Sallustro


Après des débuts retentissants, l'avenir du club de Naples s'assombrit. En 1911, des conflits éclatent au sein du club entre les joueurs italiens et leurs homologues anglais. Ces derniers font sécession et décident de partir monter leur propre club. C'est chose faite avec la fondation du l'Unione Sportiva Internazionale Napoli. Les dissidents abandonnent les rayures et choisissent d'opter pour un maillot bleu uni surmonté d'un col rond blanc. Deux couleurs censées représenter le golfe de Naples. Le championnat de la région de Campanie voit donc s'affronter dès 1911 deux clubs dans la même ville. Un derby exceptionnel avec un bilan équilibré.

Après la guerre, les deux clubs rivaux sont forcés de constater que d'autres « petites » équipes se montrent de plus en plus compétitives (Bagnolese, Puteolana, Savoia). En 1922, des bilans financiers catastrophiques poussent les deux frères ennemis à s'unir sous une nouvelle bannière, celle du FootBall Club Internazionale-Naples. On connaît plus le club sous le nom de FBC Internaples. Le 23 août 1926, la raison l'emporte, et on abandonne ce nom à rallonge pour une appellation beaucoup plus simple et beaucoup plus classe : l’Associazione Calcio Napoli. On adopte logiquement les couleurs du club « le plus fort » de la fusion : les maillots seront unis azur et les shorts seront blancs. Certains voient en ces maillots un hommage à la dynastie des Bourbons de Naples, ou au drapeau de la région de Campanie. La première saison du Napoli est loin d'être concluante. Les joueurs terminent derniers de leur groupe de dix équipes... Et sont surnommés « I Ciucciarelli » ( « les petits ânes » ).


C'est à partir de cette date que le cheval, symbole de la ville et donc du club, disparaît peu à peu de l'histoire du Napoli. Il est remplacé par un âne, O Ciuccio, que tout le stade San Paolo connaît et adule. Lors de la saison 1928-1929, le Napoli applaudit également sa première véritable star. En 28 matchs, Attila Sallustro, un attaquant italien et paraguayen, inscrit 22 buts. Dans les années 30, les petits ânes progressent lentement mais sûrement. Il n'est pas rare de les voir signer des victoires de prestige et se positionner dans le top 10 italien. C'est également durant cette décennie que le Napoli envoient ses deux premiers internationaux en équipe d'Italie (Sallustro et Marcello Mihalić). Le début des années 1940 est fatal aux Napolitains, qui, après y avoir échappé pendant deux saisons, finissent par être relégués en Serie B à la fin de la saison 1941-1942. Après la guerre, les petits ânes continuent les montagnes russes. Le 6 décembre 1959, toutefois, le San Paolo est inauguré avec à la clef une victoire sur la Juventus (2-1).

Maillot mythique


Plus qu'un simple maillot mythique, la tunique du Naples de la saison 1988-1989 est peut-être LE maillot mythique de toute une génération. Parce qu'il a été porté par Diego Maradona. Parce qu'il a été porté en finale de l'UEFA, face au VfB Stuttgart, en finale de la Coupe d'Italie et tout au long de la saison de Serie A qui a vu le Napoli terminer deuxième derrière l'Inter Milan. Intégralement bleu (même le col !), ce maillot était griffé du sponsor Mars ou Buitoni, deux aliments à la base d'une alimentation saine et équilibrée : des pâtes et du chocolat. Aujourd'hui encore, on s'arrache ce maillot à prix d'or, surtout s'il porte un certain numéro 10 dans le dos. Plus qu'un maillot mythique, on peut parler d'un maillot de légende.

Maillots extérieurs et autres maillots collectors


Si le design du premier jeu de maillots du Napoli n'a que très peu varié au fil des années, celui des maillots extérieurs et third a en revanche suivi une route bien plus sinueuse. Côté couleur, le Napoli a tapé dans à peu près tout ce qui se fait, mais particulièrement dans le rouge et le jaune. La saison 2013-2014 a été témoin d'une abomination. C'est effectivement pendant cette saison que les joueurs du Napoli ont porté le fameux maillot « camouflage » à l'extérieur.


Si le Napoli choisit régulièrement le jaune comme couleur principale de ses deuxième et troisième jeu de maillots, ce n'est pas par hasard. Il existe effectivement une couleur qui caractérise la ville : le jaune de Naples. S'il a été utilisé à bien des endroits des siècles avant la création de Naples, il tient son nom d'une légende tenace selon laquelle ses pigments si particuliers ne seraient trouvables que dans les laves du Vésuve.

Ils auraient pu changer la couleur du maillot de Naples


Fondé en 1914 par l'ingénieur Murè Baiona, le Pro Napoli Sport Club a finalement été absorbé par l'International Union Sportiva Naples en 1922. À cette date, le Sport Club aurait pu faire le forcing pour que le club adopte des maillots unis... rouges ! Mais au final, c'est le bleu azur qui a été choisi par les dirigeants de l'Inter. Le rouge est toutefois encore utilisé, comme cette saison sur le troisième jeu de maillots.



Par Gabriel Cnudde
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Dans cet article

Le maillot actuel est une horreur.Rarement vu un sponsor aussi mal intégré.
Note : 1
Encore un article cool. Ca fait plaisir!

Sinon, je m'étais demandé: après les blasons et les maillots, pourquoi ne pas faire les stades mythiques du foot?
Alain Proviste Niveau : Ligue 2
On dira ce qu'on voudra mais les maillots des clubs italiens sont quand même particulièrement classes ! Ceux des "trois rayées du Nord" sont à la fois historiques et très beaux mais j'ai un petit faible pour les maillots traditionnels de quatre autres clubs : la Fio, le Napoli et surtout la Roma et la Samp (celui de fin 80's-début 90's).
Tiens pas de crétin de service cette fois pour finement remarquer que SS Napoli gnagnagna ?
Note : 1
Et bien toi du coup ;)

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