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Skip&Die : « L'Ajax des années 90, on aurait dit le Brésil »

Skip&Die, c'est le genre de groupes qui composent des albums comme l'on écrirait un carnet de voyage. Cosmic Serpents, leur second album, a par exemple été enregistré entre l'Afrique du Sud, le Portugal, l'Argentine, la Colombie et l'Égypte. La tête pensante du collectif, Jori Collignon, est quant à lui néerlandais. Sa première passion est donc l'Ajax, et c'est en partie ce dont il souhaite parler.

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Quelle est ta relation au foot ?
J'ai très vite été passionné de football. J'y ai même longtemps joué. Si je n'étais pas devenu musicien, j'aurais peut-être pu devenir un joueur de foot. Et ce n'est pas de la prétention : une semaine avant que je quitte mon club en Hollande, l'équipe locale était venue me voir pour me recruter.

C'est un regret de ne pas avoir continué ?
Non, parce que les matchs avaient tendance à m'angoisser. Bien sûr, j'étais vraiment ravi lorsque je marquais, mais ça avait tendance à me bouffer les week-ends. En plus, je suis un très mauvais perdant. Quand ça arrivait, je partais immédiatement du stade et j'allais pleurer dans les bras de mon père (rires).

Il y a d'autres souvenirs que tu gardes en mémoire ?
Longtemps, l'Ajax m'a passionné et m'a offert un certain nombre de souvenirs marquants. Comme la Coupe des coupes perdue en 1988 contre le FC Malines ou comme le jeu prôné au cours des années 1990 avec Jari Litmanen en attaque. Il y a longtemps eu une identité de jeu et de formation à l'Ajax, avec des joueurs comme Cruijff ou Seedorf qui aimaient le foot et le beau jeu. L'Ajax des années 90, on aurait dit le Brésil, sérieusement ! Depuis deux-trois saisons, je ne saurais malheureusement pas trop dire comment évolue l'équipe. De toute façon, je suis beaucoup moins à l'affût de l'actualité footballistique ces derniers mois. Je me contente de regarder les grands matchs avec mes potes dans un bar.

Pourtant, tu vis à Lisbonne désormais : c'est une ville qui respire le foot.
C'est vrai que l'atmosphère est assez spéciale dans cette ville. L'enthousiasme autour du Sporting et de Benfica est vraiment incroyable, on a l'impression que l'on est obligé de choisir son camp. Et ce, même si on n'est pas spécialement fan de foot. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'aller au stade, mais je compte le faire bientôt. Peu importe que ce soit au Sporting ou au Benfica. Voire même à Belenenses, qui est le plus petit club de la ville, mais que tout le monde aime ici.

Pour revenir à l'Ajax, tu regrettes que le club ne forme plus de joueurs de classe mondiale ?
Oui et non. Disons que c'est peut-être lié au fait qu'il n'y a tout simplement plus de joueurs de classe mondiale en équipe première. Les performances sur la scène européenne le démontrent : l'Ajax n'arrive plus à suivre. Il faut dire que le foot, mais ça vaut pour le sport en général, est tellement régi par l'argent que tous les grands joueurs quittent très rapidement les Pays-Bas. C'est donc devenu très dur pour des clubs comme l'Ajax ou le PSV de s'élever au niveau international, de grandir tranquillement. Tout va trop vite à présent.

Skip&Die a en partie été formé en Afrique du Sud. Tu as eu l'occasion de t'intéresser au foot local ?
Pas vraiment, malheureusement. En revanche, on était en Afrique du Sud durant la Coupe du monde en 2010 pour préparer notre premier album. C'était assez incroyable d'assister à l'effervescence du pays, de voir d'immenses stades au milieu de quartiers très pauvres tels que Soweto. C'est comme si tous ces bâtiments n'avaient rien à faire là, même si les gens étaient ravis une fois la Coupe du monde entamée. Tout cela était vraiment absurde.

Avec Skip&Die, vous êtes toujours sur la route. Vous avez l'occasion de jouer lorsque vous êtes en tournée ?
Parfois, ça nous arrive. En festival, notamment. C'est toujours très agréable de partager ce genre de moments. On a par exemple eu l'occasion de jouer avec les Portugais de Throes + The Shine ou avec le claviériste égyptien Islam Chipsy, mais il était vraiment trop fort pour nous. Avec le recul, on peut malgré tout se dire qu'on a fait notre mini-Coupe du monde : un groupe avec un Néerlandais, une Sud-Africaine et un Argentin contre un musicien égyptien et un groupe portugais. C'est beau, non ?


Propos recueillis par Maxime Delcourt
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Un chose est sûre, sa tronche est aussi indigeste que sa musique
Mais concernant sa vu sur le foot il est dans le juste , un club comme Ajax a peut de temps de s'établir dans un cycle , pour espérer a nouveau franchir le palier Européen en coupe , ligue des champions soit t'il ou ligue europa !
Cependant la formation est pas une science exacte , et elle est faite de cycle aussi , autant qu'une équipe I d'un club .

Ce qui est nouveau a Ajax , c'est que le club achète plus , ou très peu , ou achète plus les meilleurs promesses de Holland !
Ian Curtis
N'empèche que ça reste le club formateur numéro un et là, il semblerait qu'une grosse génération arrive...
On verra.
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