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Sinik : « Lucas et Lavezzi accélèrent comme des génies, mais finissent comme des poussins »

Passionné de foot, Sinik ? Ça, on savait. Ce qu'on ne savait pas, en revanche, c'est que l'auteur du récent Immortel 2 avait côtoyé Évra étant petit, qu'il admirait Ronaldo et qu'il s'apprêtait à monter sa propre émission de foot.

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D'où vient cette passion pour le foot ?
C'est familial, avant tout. Mon père jouait au foot, ses cinq frères également. J'ai donc baigné dans cet univers dès mon plus jeune âge. À six ans, j'étais déjà inscrit dans un club. On jouait au stade des Villeneuves à Ulis, un petit stade de banlieue.

Tu y retournes parfois ?
Ouais, j'y suis retourné dernièrement. Il a non seulement changé de nom, c'est le stade Jean-Marc Salinier désormais, mais tout a été rénové. Il y a même un terrain synthétique derrière. Ça m'a fait tout drôle de voir ça, je me suis rappelé tous ces matchs où ça chambrer dans les tribunes.

Tu as des souvenirs marquants de cette époque ?
Énormément. Notamment le quart de finale joué en Coupe de Paris contre Boulogne-Billancourt. À l'époque, les mecs étaient des stars. Ils avaient un renoi en attaque qui faisait deux fois notre tête. Le match se déroulait un mercredi soir et on a gagné 1-0 devant une foule assez importante. Pour un petit club de banlieue, c'était super de pouvoir aller en demi-finale. Sinon, je me souviens également des tournois internationaux organisés chaque année à la Pentecôte. La finale se disputait devant 4 000 personnes et c'était l'occasion de jouer contre des tchèques, des espagnols ou des israéliens. Quand tu es ado et que tu joues contre des mecs qui ne parlent pas du tout ta langue, c'est très enrichissant.

Je crois savoir que tu jouais avec Évra à cette époque ?
Ouais, il faisait partie de l'équipe avec laquelle on a battu Boulogne. On a dû joué deux ou trois ans ensemble. C'était un vrai joueur de quartier, très à l'aise dans les petites surfaces. Ce qui est marrant, c'est qu'il était numéro 10, toujours en train de tenter les roulettes et les petits ponds tellement il était au-dessus du lot. D'ailleurs, quand on finissait un match, les dirigeants de l'équipe adverse venaient toujours lui proposer la totale : défraiement pour venir aux entraînements, équipements complets, etc. C'était le rêve à l'époque.

Tu es toujours en contact avec lui ?
On se donne des nouvelles de temps en temps, je suis même allé le voir deux ou trois fois lorsqu'il était à Manchester. Mais ça s'arrête là, on a des vies très prenantes chacun de notre côté.

De ton côté, tu aurais pu être professionnel ?
Je l'ai espéré, en tout cas. J'avais peut-être le niveau, mais si je n'y suis pas arrivé, c'est qu'il manquait quelque chose. Quand je vois des mecs avec qui je jouais plus ou moins régulièrement réussir, je me dis que j'aurais pu. Il faut savoir que les Yvelines ont sorti énormément de joueurs, d'Henry à Évra en passant par Martial. Sans compter tous ceux qui jouent en Écosse, en L2 ou en Belgique aujourd'hui. C'est vraiment un quartier d'où sont sortis énormément de joueurs. Et la jeune génération bénéficie de ça. Quand je vais les voir, j'ai l'impression qu'ils sont déjà pros avec leur mentalité, leur look et leur allure. Nous, c'était davantage passionnel.

Est-ce que ce n'est pas dommage, au final, d'avoir mis de côté cette passion ?
Oui et non. Il y a tellement d'exemples de joueurs qui ont fait carrière, certains ont même gagné une Coupe du monde ou une Ligue des champions, que, forcément, les jeunes s'identifient. Ils ont compris qu'il y avait un business derrière tout ça. Du coup, ils ne sont clairement pas là pour rigoler.

T'as passé pas mal de temps au Parc des Princes. Que penses-tu de l'ambiance qui règne désormais dans l'enceinte du PSG ?
Comme tous ceux qui ont connu la vraie ambiance, je vais te dire qu'elle est pourrie. Lors des gros matchs contre Chelsea ou Barcelone, il n'y avait presque pas de tifo. C'est regrettable. Si on avait eu droit à de tels matchs à l'époque, on aurait fait des trucs de fou. Là, il n'y a même plus de ferveur, les gens viennent au Parc comme s'ils allaient au théâtre ou au cirque, tandis que les vrais supporters ont pris la porte. Certes, ça s'est pacifié, mais au détriment de l'ambiance. Normal que les joueurs qui ont connu San Siro ou les stades anglais perdent un peu de leur enthousiasme en arrivant ici.

Tu penses que le club est supporté par des Footix aujourd'hui ?
C'est une évidence. Même dans le rap, on retrouve ce phénomène. En 1997, quand on jouait la descente, personne ne parlait de Paris ou ne se revendiquait parisien. Au début des années 2000, même Soprano profitait d'une émission de radio pour m'appeler et me chambrer. Aujourd'hui, j'ai envie de leur demander où ils étaient lorsqu'on se tapait des matchs de merde dans les années 1990 et 2000.

En 2013, tu regrettais le manque d'amour du maillot dans le football moderne. Deux ans plus tard, ça s'est encore empiré, non ?
Un joueur fidèle, comme Sikora ou Casillas, c'est clairement en voie de disparition. Il n'y a qu'à voir tous ceux qui débarquent au PSG. Au moment de la signature, tout le monde est content, « le PSG est un grand club » , blablabla. Et, du jour au lendemain, sans trop savoir pourquoi, ils veulent partir. Comme Motta, actuellement. Les vrais, on les reconnaît quand ils doivent baisser leur salaire lorsqu'ils sont en fin de carrière ou que leur club est en difficulté. Mais ils sont très rares. Regarde Gignac : il a dit à tout le monde qu'il aimait l'OM. Pourtant, dès qu'il s'agit de baisser son salaire, le mec se barre au Mexique. En même temps, quand on voit ce que le Real a fait de Casillas, on peut se demander s'ils n'ont pas raison au final.

Le fait que Nene veuille revenir en France doit bien te faire sourire, toi qui l'avait plutôt critiqué au moment de son départ ?

C'est l'exemple-type des joueurs qui ont détruit leur carrière en cherchant l'argent. À 31 ans, il est parti dans un championnat de merde jouer face à des équipes de niveau CFA dans des stades vides. Forcément, son cerveau de footballeur reprend le dessus à un moment donné et l'envie de goûter à nouveau aux grands matchs revient. Ce sont des braqueurs pour moi ces joueurs-là.

Tu attends quoi de la nouvelle saison?
Des recrues pour combler les postes faibles. Il faudrait un latéral droit, un latéral gauche et un attaquant pour concurrencer Zlatan, qui est plus sur la fin. Le fait que Di María soit arrivé devrait être bénéfique, ça va permettre de combler les lacunes de Lucas Moura et Lavezzi, ces joueurs qui accélèrent comme des génies, mais finissent comme des poussins.

Apparemment, tu aimerais être consultant sportif ?
Ouais, j'ai déjà eu l'occasion de travailler un an avec l'équipe de France Bleu aux côtés de Dominique Séverac, Alexandre Chamoret et Michel Kollar. Ça m'a toujours plu en fait. Le foot, c'est vraiment ma première passion, bien avant le rap. Actuellement, je suis même en train de mettre sur pied une nouvelle émission de foot. J'ai une boîte de production de vidéo qui me permet ça. Ce sera un format nouveau, de 26 minutes, qu'on a spécialement créé. Mais je ne peux pas en dire plus pour le moment.

Selon toi, pourquoi le rap et le foot, en France, ont un rapport aussi privilégié ?
Sans vouloir faire de clichés, le foot et le rap viennent du même milieu. Regarde, Anelka, Jamel et Omar viennent du même quartier. Personnellement, je viens de la même banlieue qu'Henry et Évra. Tout est lié, même si le mode de vie diffère une fois que les footballeurs gagnent correctement leur vie (rires). Tu peux faire un test : sur tous les joueurs qui descendent du bus avec leur gros casques, je suis sûr que 8/10 écoutent du rap.

Et le fait que de plus en plus de rappeurs français fassent des rimes sur des joueurs de L1, tu l'expliques comment ?
C'est l'effet PSG, encore une fois. Avant, tout le monde s'en battait les couilles de L1. C'est devenu un symbole de réussite, de luxe et de qualité avec des joueurs comme Zlatan. Moi, je faisais des phases sur Dhorasoo à l'époque, donc je ne me sens pas concerné par cet effet de mode.

Ton dernier album s'appelle Immortel 2. Selon toi, quel joueur est immortel ?
Ronaldo, le brésilien. Pour toute personne issue de la même génération que moi, c'est l'attaquant par excellence. Le mec enfilait les buts, inventait des gestes et gagnait tout. Je me souviens du but qu'il a mis au Parc des Princes avec l'Inter Milan en finale de la Coupe de l'UEFA. Le mec fait une triple feinte face au gardien avant de claquer le ballon fond des filets. C'était fou.


Par Maxime Delcourt
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