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Simon Pouplin : « Le foot, c'est pas forcément l'essentiel »

De retour au top niveau après avoir connu de belles galères, Simon Pouplin a enfin vu la roue tourner. Après une expérience allemande inoubliable, l’ancien portier du Stade Rennais à posé ses valises à Sochaux où, match après match, il conquiert le cœur des supporters. Cinéma, cuisine et pourquoi pas, une petite bière, le natif de Cholet est un mec comme vous. Sauf que lui, il devra se coltiner Zlatan ce soir.

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Après ton match incroyable à Saint-Étienne, tu as raconté qu'il y a peu de temps encore, tu t’entraînais avec ton père dans ton jardin. C’est sérieux cette histoire ?
Ouais, complètement ! Ce n’est pas pour créer le buzz, hein ! Comme je revenais de blessure et que j’étais en dehors de la structure d’un club, j’ai dû me débrouiller comme je pouvais, c'est-à-dire à la maison, sur un pied. Je disais à mon père quoi faire, on avait un ballon et on faisait des petits exercices de reprises, puis des abdos. Je l’ai fait en fin d’année dernière, pendant un mois environ.

Et puis tu t’es entraîné avec Nantes et Cholet, ton premier club.
Exactement ! J’ai fait quelques entraînements avec le SOC de Cholet, et puis de fin janvier jusqu’à fin mai, j’étais avec la réserve du FC Nantes.

Ce n’est pas difficile de retourner dans son premier club après avoir connu le professionnalisme ?
Non, au contraire ! Je trouve qu’humainement, c’était une période extraordinaire, et ce, même si professionnellement, ça pouvait être difficile. J’ai pu couper un peu avec le monde du foot, et on se rend compte que c’est le plus beau métier du monde, mais qu’en même temps, il y a plein de choses très intéressantes dans la vie et que ce n’est pas forcément l’essentiel. Il faut relativiser, c’est avant tout un jeu. Le fait de me réentraîner avec mon ancien club n’étais pas si compliqué, je voyais simplement le fait de pouvoir m’entraîner avec une équipe de football comme une chance. Les terrains de Ligue 1 se rapprochaient au fur et à mesure de ces étapes. J’ai croisé quelques personnes que je connaissais, même si je suis parti il y a une quinzaine d’années ! Ils étaient contents que je sois là.

En France, on oublie souvent ton passage en Allemagne qui, au fond, a été plutôt bon.
C’était la meilleure période de ma carrière, en termes de résultats, de performances et de plaisir dans les stades. C’est le championnat allemand dont on parle, quand même. J’ai été surpris quand, après le match face à Saint-Étienne, on m’a dit « ça fait quatre ans que vous n’avez pas foulé une pelouse de l’élite » , alors que j’ai joué une flopée de matchs en Bundesliga où, selon moi, le niveau est un peu plus relevé qu’en France.

Pour toi, la Bundesliga est supérieure à la Ligue 1 ?
Oui, en termes de niveau et d’engagement, oui. Et puis dans les tribunes, pour moi, c’est le championnat porteur en Europe. L’ambiance, là-bas, n’est pas seulement supérieure à celle de la Ligue 1, mais à quasiment toute l’Europe. Chaque week-end, on jouait devant 40 000 personnes. Mercredi, à Sochaux, en Coupe de la Ligue, il n’y avait que 3 500 personnes. À Fribourg, il y avait ça lors des matchs amicaux de début de saison. En tant que joueur, c’est ce qu’on recherche avant tout : des grosses ambiances dans des gros stades. Là-bas, c’est vraiment le top pour ça.

Quand tu as quitté Rennes et la France en 2008, tu pensais pouvoir trouver une équipe comme le PSG en Ligue 1 à ton retour ?
Je ne me posais pas la question, pour tout te dire. Mais je suis très content de pouvoir affronter un club comme ça. Pouvoir se frotter à des joueurs comme Ibrahimović, c’est un plaisir. Après, on ne va pas se mentir, si des joueurs comme lui ou Pastore sont là, c’est grâce aux Qataris. Le fait qu’eux investissent beaucoup me fait espérer qu’ils vont tirer tout le monde vers le haut.

L’année passée, Sochaux avait pris une belle valise au Parc des Princes (6-1). À l’aube de ce déplacement au Parc des Princes, tu es plutôt du genre optimiste, ou du genre Frédéric Hantz, à annoncer que vous allez prendre une taule ?
Moi, je vois les choses du côté positif. À partir de moment où on se dit « ça va être compliqué, on va essayer de prendre un point » , on est défaitiste. Moi, je préfère me dire que c’est possible et me déplacer pour gagner. C’est un peu ce que j’ai appris en Allemagne, ça nous est arrivé de commencer la saison et d’être mal classé, mais malgré cela, on se déplaçait à l’Allianz Arena pour battre le Bayern. C’est une mentalité que j’ai gardée. Ce samedi, j’y vais pour gagner.

Tout à l’heure, tu parlais du bonheur que pouvait représenter le fait de couper un peu avec le monde du foot. Tu en as bien profité ?
Bien sûr. On découvre et, surtout, on profite de ces moments-là pour passer du temps avec des gens qui sont « hors football » . Ça m’a permis de voir autre chose et de mieux comprendre le milieu du foot. Nous, le temps, on l’a. Par exemple, cette semaine, on ne s’entraîne que le matin. Mais le foot, au niveau de l’énergie et au niveau mental, ça prend énormément de temps. Ça te bouffe du jus. Mercredi, on a joué en Coupe de la Ligue, on est encore dans cette victoire et dès vendredi, on sera à l’hôtel en train de se préparer pour Paris. La vie sans foot, c’est une vie où tu peux penser et te consacrer à autre chose tranquillement. Les batteries n’avaient pas forcément besoin d’être rechargées, mais on profite des côtés positifs de cette période.

Tu aimes beaucoup le cinéma. Tu en as profité pour regarder quelques films ?
J’ai un pote à Cholet qui est directeur d’un cinéma, on a pu discuter et partager. D’autant plus qu’en temps général, les goûts des footeux en matière de films sont un peu particuliers, on a pu échanger, c’était bien.

C’est quoi, des goûts de footeux ?
C’est un peu péjoratif de dire ça. Des goûts de footeux, ça veut tout et rien dire. Dans un groupe, il y a des gens qui viennent de partout, c’est vachement large et culturellement intéressant. Disons plutôt que là, j’en ai profité pour papoter avec un spécialiste et un mec qui est passionné par ça. Forcément, ça m’a apporté plus de connaissances.

Tu as des films préférés ?
Pour moi, le film de l’année 2011, c’est Polisse. Les acteurs sont criants de vérité, dedans. Sinon, j’ai adoré Inception, la collection de Kubrick, et je me suis refait des classiques comme Mad Max et Easy Rider avec mon pote. Après, je reste un fan de Tarentino.

Simon Pouplin pourrait-il être acteur ?
Pourrait, je sais pas, mais aimerait, oui, carrément.

Les Seigneurs est sorti en salle, mais les critiques parlent d’elles-mêmes… Tu as déjà aimé un film sur le foot ?

C’est compliqué. Après, je ne critique pas, je n’ai pas vu Les Seigneurs, mais pour l’instant, il n’y a pas trop de films sur le foot qui ont été réussis. Celui sur les hooligans anglais avec le mec du Seigneur des anneaux, (Hooligans, avec Elijah Wood, ndlr) était pas mal, quand même.

Pourquoi c’est si difficile de faire un film sur le foot ?
Parce qu’il faudrait des acteurs capables de jouer au foot, ce qui est très difficile, et des footballeurs capables de jouer tout court, ce qui est encore plus difficile.

Tu aimes aussi la cuisine. On mange bien chez les Pouplin ?
Ouais ! Si c’est moi derrière les fourneaux, ça peut être pas mal ! J’aime bien cuisiner les produits de saison. J’aime les trucs compliqués, des plats en sauce. Une bonne viande avec une petite sauce aux morilles, un délice. Cela dit, je peux aussi me contenter d’un truc simple : une bonne planche, une bonne burrata, une petite huile d’olive et un jambon italien.

Tu as gardé un bon souvenir sportif de ta période allemande, la vie était bien, aussi ?
Oui, la vie était top là-bas. Après trois quatre années, j’avais un peu fait le tour, mais la qualité de vie était top.

Tu parles allemand, du coup ?
Ja voll ! J’en avais fait un peu à l’école et puis, en trois ans là-bas, ça allait. Je me démerdais bien.

Pour un puriste de la nourriture comme toi, ça a pas été trop difficile ?
Même en Allemagne, où la culture culinaire est différente de la nôtre, des choses sont bonnes à prendre. Les plats sont peut-être plus lourds et plus consistants, mais le plat local, comme le Schnitzel, une escalope panée avec une purée de pomme de terre maison, de la sauce et une bonne bière, t’es au top.

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Propos recueillis par Swann Borsellino
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