Angleterre - Premier League - 27ème journée - Manchester City/Chelsea

Par Swann Borsellino

Silva et Mata, exilés et négligés

Manchester City contre Chelsea, c’est plus qu’un choc. C’est un duel palpitant entre deux exilés espagnols qui, loin du Barça et du Real Madrid, s’affirment comme deux des meilleurs joueurs de Premier League. Chacun dans son style, Juan Mata et David Silva mettent le feu aux défenses anglaises. Et parfois, ce n’est pas suffisant pour avoir la reconnaissance qu’ils devraient obtenir au pays.

Note
10 votes
10 votes pour une note moyenne de 3.65/5
Cliquez sur une étoile pour donner la note


Silva et Mata, à l'époque du beau Valence
Silva et Mata, à l'époque du beau Valence
« Ça fait plusieurs fois que je le sens. Quand vous n’êtes pas du Barça ou du Real, c’est un handicap ». Pas franchement du genre à offrir à la presse de quoi béqueter, David Silva en a ras la coupe au bol. Nous sommes à l'automne 2010, l’Espagne, qui régnait déjà sur l’Europe, vient de grimper sur le toit du monde, et le néo-Citizen a le débriefing qui tue. « Je me sens désemparé. Je fais partie d’une grande équipe, qui a écrit des pages extraordinaires de notre football, mais le coach ne compte pas sur moi. En Afrique du Sud, j’ai été le bouc émissaire après la défaite contre la Suisse », affirmait après coup l’ancien joueur de Valence, tiraillé entre la joie procurée par une étoile brodée sur un maillot et un statut flou en sélection. Un peu plus de deux ans plus tard, la donne a légèrement changé. Pour David Silva en tout cas. Étincelant avec son club de Manchester City lors de la saison du sacre, David se fait, petit à petit, une place entre les Madrilènes et les Barcelonais en sélection. Le 16 octobre 2012, face à la France (1-1), il est d’ailleurs le seul joueur du onze espagnol à évoluer dans une autre équipe que le Barça (six joueurs) ou le Real Madrid (quatre joueurs). Dans le même temps, un autre petit bonhomme d’1m70 doit se contenter de bouts de matchs. Ce type s’appelle Juan Mata et, comme son partenaire d’exil, il mériterait peut-être que l'on s'attarde un peu plus sur son cas...

Mata, Bukowski et les caresses

Apparemment, on peut être l’un des meilleurs joueurs de Premier League et être un « bon remplaçant » avec son équipe nationale. A bientôt 25 ans, Juan Mata ne compte "que" 21 sélections pour 11 petites titularisations. Auteur de dix buts et de neuf passes décisives en 24 matchs de Premier League cette saison, Juan Mata n’est pas du genre à se prendre la tête. Amateur de littérature et particulièrement de Bukowski, le garçon au caractère posé s’éclate à Chelsea, malgré un style de jeu totalement différent de celui que l’Espagne propose en sélection. « J’aime le style du Barça, confiait-il dans le So Foot n°102. Mais dans le football, il n’y a pas de règle qui stipule que l’équipe qui doit gagner est celle qui a le pourcentage de possession le plus élevé. Qui est le champion d’Espagne en titre ? Le Real Madrid. En disant ça, j’ai tout dit ». Et en étant sacré champion d’Europe avec les Blues, Juan Mata confirme qu’il ne fait pas que parler : il agit. Cette saison, on pensait vibrer avec Hazard, chavirer avec Oscar ou chialer avec Lampard, mais c’est le pied gauche de Juan Mata qui met les amoureux du foot en émoi. Créatif mais surtout décisif, le natif de Burgos s’offre une deuxième saison impressionnante après une première année intéressante, mais frappée du sceau de la découverte. Ce parcours-là est similaire à celui d’un autre Espagnol qu’il retrouvera sur la pelouse dimanche après-midi.

Silva, la lumière après la galère

Au royaume du football statistique, les machines sont reines. Mais parfois, l’efficacité monstrueuse des Ronaldo et Messi paraît sans saveur quand elle est comparée au football romantique d’un joueur comme David Silva. Avec trois buts et cinq passes en 2012-2013, l’Espagnol ne réalise pas la saison de sa vie. Souvent malheureux en 2012, le Citizen redresse la barre en 2013. Et s’il ne fait pas toujours dans la statistique, quiconque a regardé un petit match de Manchester City pourra dire que l’autre ex de Valence est l’un des plus grands facilitateurs du football mondial. Dynamiteur de défenses, irrésistible balle au pied, Silva fait flipper sa grand-mère : « Je ne regarde pas les matchs à la télé. Ça me fait peur. Il prend beaucoup trop de coups. Ça me rappelle cette fois où il a reçu un ballon dans le bras, à seulement 5 ans. Il avait fini avec un plâtre ». Petit-fils d’un marin coréen, Silva a, comme beaucoup de "petits", connu les exigences à deux pesetas des centres de formation. Trop frêle, il est recalé du centre de formation du Real Madrid et ne passe pas par Barcelone, mais par Valence. Un parcours qui a le don d’étonner un certain Xavi, en 2010. « On dirait qu’il a été formé à la Masia », racontait alors le patron du milieu de terrain du FC Barcelone. Mais une nouvelle fois, les apparences mentent. Car contrairement aux Busquets, Fabregas ou Iniesta, Silva, du haut de ses 27 ans, n’a pas toujours eu la reconnaissance qu’il mérite en sélection. Mais ce week-end, la donne est différente. Le Barça et le Real jouent samedi soir. Ce qui devrait laisser le temps aux observateurs espagnols plus ou moins importants de jeter un coup d’œil à ce qui se passe un peu plus au Nord. En général, ça vaut le détour.

Et si c'était pour ça, qu'on n'aime pas trop Mata en sélection?


Manchester City FC les billets pour le prochain match à partir 219 €

Par Swann Borsellino

Parier sur les matchs de Chelsea FC

 








Votre compte sur SOFOOT.com

13 réactions;
Poster un commentaire

  • Message posté par Ruud02 le 23/02/2013 à 13:14
      Note : - 1 

    Bizarre
    Depuis l'arrivée de ces soi-disant meneurs espagnols, les anglais sont nuls en Europe.
    Silva en particulier, j'ai envie de rire en le voyant en LDC.
    En fait, y a que les journalistes qui se font fourrer

  • Message posté par Marek Hamsik le 23/02/2013 à 13:20
      Note : - 1 

    Albiol s'est fait détruire sur la vidéo à la fin quand même.

    Sinon, c'est vrai que à la différence de la France, ou les meilleurs joueurs, les plus médiatisés type Benzema ou Ribéry jouent à l'étranger, l'Espagne voit la plupart de ses meilleurs éléments évoluer au pays, et avoir par conséquent un traitement médiatique particulier, compte tenu du nombre de journaux sportifs du Royaume. On y parle moins des Mata et Silva, ou même Arteta, qui évoluent à l'étranger. Faut dire aussi q'il y a une génération exceptionnelle en Espagne, et que c'est dur de s'y faire une place, particulièrement au milieu. Si Mata n'est pas titulaire, c'est qu'il n'évolue pas (encore) au niveau d'un Xavi ou d'un Iniesta, et que la manière d'évoluer de la sélection espagnole est assez différente de ce qu'il peut connaitre à Chelsea. Y a forcément des sacrifiés quand au milieu, outre Iniesta et Xavi, t'as Busquets, Fabregas, Xabi Alonso et compagnie.

    Mais la concurrence n'explique pas tout non plus, y a un autre exemple significatif, c'est celui d'Azpilicueta, alors qu'il y a clairement une place à prendre sur le côté droit de la Roja, jusqu'ici tenu par Arbeloa, il a mis beaucoup de temps a être appelé en sélection et à y gratter du temps de jeu (même si c'est en train de changer).

    Donc, avec une concurrence pléthorique et le fait d'évoluer à l'étranger, c'est sur que c'est plus dur de se faire une place avec la Roja.

  • Message posté par Toto Riina le 23/02/2013 à 13:22
      Note : 1 

    C'est un régal de voir David Silva sur un terrain, Florentino Perez doit regretter de n'avoir pas pu signer El Chino en 2010, ce joueur correspond parfaitement aux attentes des socios Madrilènes, il n'a pas de problèmes extra-sportifs comme Guti et sur le terrain c'est un artiste comme Redondo...

  • Message posté par vale le 23/02/2013 à 13:46
      Note : - 1 

    Y'a des trucs très étonnants voire complètement hallucinants dans cet article et un minimum de bon sens les transforme en énormes conneries.

    D'abord, ils sont pas négligés (Silva a été très bon à l'euro, Mata a été appelé aux derniers matchs), à moins que négligé signifie qu'ils ne sont que des joueurs comme les autres au sein d'un effectif de qualité monstrueuse.

    Qu'est-ce qu'ils peuvent être de plus ? On parle pas de Messi ou de Zidane là. On parle de bon (souvent) / très bons (parfois) joueurs (qui ont encore beaucoup à prouver), contrairement aux mecs à leur place en Espagne : le milieu de terrain est verrouillé (par des joueurs qui apportent quelque chose d'autre, je pense à Xavi surtout) et les ailes (avec Iniesta déjà délocalisé par le manque de place au milieu), bah y'a que la place de Pedro qui pourrait être prise et encore, il a pas grand chose à leur envier vu ses performances [avec l'Espagne] (qui a plus le profil d'un attaquant qu'eux et donc apporte autre chose lui aussi).

    Truc qui m'a fait rire : le passage sur Mata et Chelsea. Il a gagné la LDC, c'est vrai. Il a contribué en quoi ? 2 buts, 4 passes, fantôme en demi et en finale. Si c'est ça, "agir"...

    Dernière chose, la remarque vis à vis du football statistique. On voit les choses qu'on veut. Quand je regarde un match, je vois pas que les stats. Vu comment c'est écrit, on a l'impression que Messi pousse les ballons dans le but après un cafouillage dans la surface, et ceci à chacun de ses buts (et encore faudrait trouver un exemple pire parce que y'en a qui aime les renards), alors qu'à côté, Silva c'est magnifique. Si Silva met pas 80 buts dans une saison, c'est parce qu'il en est pas capable, c'est tout. Si être bon implique de perdre du romantisme alors c'est une notion de merde*, mais je pencherais plutôt pour une mauvaise utilisation du terme de la part de l'auteur. Bref, faudra sortir de gros arguments pour dire que Silva est plus beau à voir jouer, mais j'en vois pas un seul dans cet article.

  • Message posté par vale le 23/02/2013 à 13:54
      Note : - 2 

    Message posté par Marek Hamsik

    Mais la concurrence n'explique pas tout non plus, y a un autre exemple significatif, c'est celui d'Azpilicueta, alors qu'il y a clairement une place à prendre sur le côté droit de la Roja, jusqu'ici tenu par Arbeloa, il a mis beaucoup de temps a être appelé en sélection et à y gratter du temps de jeu (même si c'est en train de changer).


    J'rebondis juste sur ça. Mais d'où tu veux sortir Arbeloa ? Sans parler de son éventuelle importance tactique, il a tout gagné, il est pas plus mauvais qu'avant, c'est un type de confiance sur lequel Del Bosque doit être certain de pouvoir se reposer, comment tu veux qu'on le remplace par qui que ce soit d'autre ? Tu peux apporter de la concurrence mais sûrement pas le remplacer.
    Il est jamais très bon (ni mauvais d'ailleurs), c'est une vraie garce. Mais on remplace pas comme ça un type qui est là depuis le début et qui est un pilier de l'équipe, sous prétexte que y'a un jeune qui se pointe. C'était le cas pour Alba à la limite, mais Capdevila était déjà bien vieux.

  • Message posté par Niko Bellic le 23/02/2013 à 13:58
      Note : - 1 

    Article médiocre. Dommage car le sujet est très intéressant.

  • Message posté par leoçiraptor le 23/02/2013 à 14:03
      

    imaginer Mata en pleine lecture de "journal d'un vieux dégueulasse" c'est sympa

  • Message posté par Rednath le 23/02/2013 à 14:08
      

    Message posté par vale

    Dernière chose, la remarque vis à vis du football statistique. On voit les choses qu'on veut. Quand je regarde un match, je vois pas que les stats. Vu comment c'est écrit, on a l'impression que Messi pousse les ballons dans le but après un cafouillage dans la surface, et ceci à chacun de ses buts (et encore faudrait trouver un exemple pire parce que y'en a qui aime les renards), alors qu'à côté, Silva c'est magnifique. Si Silva met pas 80 buts dans une saison, c'est parce qu'il en est pas capable, c'est tout. Si être bon implique de perdre du romantisme alors c'est une notion de merde*, mais je pencherais plutôt pour une mauvaise utilisation du terme de la part de l'auteur. Bref, faudra sortir de gros arguments pour dire que Silva est plus beau à voir jouer, mais j'en vois pas un seul dans cet article.


    Je ne pense pas que l'auteur voulait dire que Silva est plus beau à voire jouer que Messi mais plutôt que malgré le fait qu'il aie des stats à des années lumières de celles Messi il reste un très beau (et bon) joueur et que dans le foot il n'y a pas que les stats qui compte mais aussi l’influence qu'on certains joueurs sur le jeu de leur équipe (un peu comme Xavi )

  • Message posté par Marek Hamsik le 23/02/2013 à 14:54
      

    Message posté par vale


    J'rebondis juste sur ça. Mais d'où tu veux sortir Arbeloa ? Sans parler de son éventuelle importance tactique, il a tout gagné, il est pas plus mauvais qu'avant, c'est un type de confiance sur lequel Del Bosque doit être certain de pouvoir se reposer, comment tu veux qu'on le remplace par qui que ce soit d'autre ? Tu peux apporter de la concurrence mais sûrement pas le remplacer.
    Il est jamais très bon (ni mauvais d'ailleurs), c'est une vraie garce. Mais on remplace pas comme ça un type qui est là depuis le début et qui est un pilier de l'équipe, sous prétexte que y'a un jeune qui se pointe. C'était le cas pour Alba à la limite, mais Capdevila était déjà bien vieux.


    En fait, je me suis mal exprimé, je voulais pas dire qu'il fallait absolument sortir Arbeloa de l'équipe, ni que celui-ci était mauvais, simplement que c'était un des rares secteurs dans l'équipe ou y a des places à prendre, ou la hiérarchie peut-être bougée. Arbeloa est un bon joueur, maintenant, faut voir aussi qu'il est plus tout jeune, que c'est pas un mec rapide ou technique, et qu'un mec comme Azpi pouvait esperer le concurrencer. Après, je suis d'accord avec toi, on ne remplace pas comme ça un champion du monde et d'Europe expérimenté.

  • Message posté par popeye le 23/02/2013 à 15:17
      

    J'ai une question adressée à l'auteur de l'article, le titre, c'est une référence, consciente ou non, à Dostoïevski?

  • Message posté par Telex le 23/02/2013 à 16:20
      

    Pas trop compris le but de l'article.
    "Pas eu la reconnaissance qu'il mérite" il est titulaire avec la Roja, je vois pas trop ce que la sélection peut faire de plus pour Silva.

    Il est considéré comme un joueur parmi d'autres. Quant à Mata, y'a des monstres à son poste, c'est con.

    Je vois pas en quoi il est moins reconnu que les autres.

  • Message posté par ElChino le 23/02/2013 à 17:47
      

    J'ai l'impression qu'il y aura toujours ce problème Real-Barça en sélection.
    Ce n'est pas normal qu'un joueur venant d'une autre équipe espagnole doit plus prouver qu'un joueur venant de Madrid ou de Barcelone. La seule exception fut faite à David Villa (et encore lors de la CdM 2010 il était déjà au FCB). Là par exemple, l'Espagne préfère évoluer sans attaquant alors qu'un Soldado ou encore un Llorente pourrait s'avérer utile ...
    C'est dommage. Car, contrairement aux ignares qui osent critiquer le football espagnol alors qu'ils ne le regardent même pas, il n'y a pas que le Real et le Barça en Liga.

  • Message posté par RONDO27 le 23/02/2013 à 20:38
      

    C'est dommage c'était intéressant de parler de Mata qui fait une saison xxl mais y mettre Silva cette année c'est pas très sérieux il est nettement moins influent que l'an passé et la concurrence en Espagne est vraiment très très forte..


13 réactions :
Poster un commentaire