1. //
  2. // Le joueur de la 29ème journée

Sidney Govou, le dernier des épicuriens

Les grands artistes quittent souvent les leurs par la plus petite des portes. Sidney Govou, homme fort du septuplé lyonnais et footballeur frisson d'une Ligue 1 qui n'en compte plus beaucoup, a peut-être vu sa carrière s'achever ce samedi sur la pelouse du Grand Stade de Lille. Touché au tendon rotulien comme un certain Ronaldo et absent pour six mois, le joueur de 33 ans laisse déjà un grand vide derrière lui.

Modififié
455 39
Ça aurait pu être « Suze » ou « B-52 » . Ce fut « Whisky-Coca » . Une boisson d'ado pour certains, un délice pour les papilles quand on y réfléchit bien. De toute façon, pour être surnommé comme cela, on se doute bien que Sidney Govou était plus Jack Daniels que William Peel, et ça, ça fait passer le whisky-coca du statut de breuvage de Portugais à boisson de qualité. Ce samedi soir, sur la pelouse du Grand Stade de Lille, Whisky-Coca s'est peut-être renversé pour la dernière fois. Secoué par un contact avec Lucas Digne, il a quitté la pelouse sur un plateau, souffrant, grimaçant. Quelques heures plus tard, le diagnostic est aussi dur que les images : rupture du tendon rotulien. Une indisponibilité de six mois est annoncée, mais même si le joueur est plutôt du genre à vite récupérer, il s'agit là du genre de blessure dont on se remet assez mal, surtout à 33 ans. Pour Sidney, c'est peut-être l'heure du clap de fin. L'occasion de revenir sur la carrière d'un joueur, mais surtout d'un type qu'on ne peut qu'aimer.

Qui est l'exemple ?

On donne au joueur de foot l'image que l'on veut lui donner. Exubérant, idiot, bling-bling et bien d'autres encore. Sidney Govou lui, est un jouisseur. Un épicurien. Un homme qui aime « les grandes tablées au restaurant avec les amis » , le soleil et profiter de la vie. Un homme qui se sait privilégié et qui en profite, quitte à dépasser les bornes, parfois. Joueur brillant, l'ancien Lyonnais voit plus souvent son nom associé à des histoires de sorties nocturnes qu'à des papiers dithyrambiques. Amoureux de la vie et donc, de la fête, Sidney vit ses premières sorties de piste à Lyon, quelques années avant de faire la Une des quotidiens sportifs grecs alors qu'il portait les couleurs du Pana. « On avait deux jours et demi de repos, ça me semblait normal  » avoue après coup, au Parisien celui qui avait alors bravé le couvre-feu de 3h du matin fixé par son club.

A posteriori, cette réputation l'emmerde. Non pas parce qu'il ne l'a pas forcément méritée – le joueur se reconnaît lui-même comme quelqu'un qui a été « excessif » - mais parce qu'entre vérité et imagination, les médias grecs se perdent et la famille Govou s'inquiète. Le joueur doit consoler sa mère en larmes au téléphone, rassurer les siens mais surtout, jouer un rôle qui n'est pas le sien : celui de modèle. Comme Zidane, Ribéry et tant d'autres footballeurs français, Govou se retrouve à devoir donner l'exemple à cause de son statut de footballeur. Un mal franco-français que Govou, aussi performant sur le dancefloor la nuit que sur le terrain le lendemain, n'aurait pas eu à connaître s'il avait testé l'exil anglais dans sa carrière. Oui, Sidney fait partie de ces joueurs capables de s'en coller une et de répondre présent le lendemain, à l'entraînement comme en match : « Je suis comme je suis : excessif de temps en temps, mais toujours présent sur le terrain » . Govou ne rate pas les entraînements et, pendant ses saisons lyonnaises, ratait rarement des matchs. Car ses plus beaux shots, Sidney ne les a pas consommés dans un bar, mais dans un stade. Et c'était de l'adrénaline.

Bourreau de l'OM et buteur frisson

Il y a deux catégories de joueurs : les joueurs excellents et ceux que l'on redoute. A Marseille, Sidney Govou appartient à la deuxième catégorie. Véritable bourreau de l'OM, l'ancien Gone avait le don de semer la pagaille dans la défense phocéenne. Quand il ne traversait pas la moitié du terrain pour finir d'une mine du gauche, c'est qu'il était trop occupé à envoyer une mauvaise relance de Frédéric Dehu dans la lucarne de Fabien Barthez. S'il n'a jamais eu l'influence constante d'un Juninho ou d'un Coupet, les deux seuls Lyonnais avec lui à avoir connu les sept titres de champion, Sidney Govou, homme de coups, a planté de nombreuses banderilles avec l'OL. 77 en 412 matchs et quelques unes en Ligue des Champions dont ce fameux but face au Bayern Munich, en 2001, avec Anderson, Linarès et dans la face d'Oliver Kahn. Distributeur de frissons, Sidney Govou a également eu l'occasion de se distinguer en équipe de France entre 2002 et 2010. 49 sélections à la clé et 10 buts, pour une romance tendre mais sans remous. Pas lassé pour un sou après 14 ans de carrière professionnelle, Sidney annonçait, quelques jours avant sa blessure, qu'il était prêt à continuer, même à l'échelon inférieur. «  Les footballeurs pros, on est tous des grands gamins, on est rarement satisfaits. J'aime jouer, quel que soit le niveau. Tout est ouvert » confiait-il à L'Equipe, peu avant le match face à Lille. En fin de contrat au terme de la saison, on peut dire que la blessure tombe au pire moment. Mais c'est mal connaître le gaillard que de dire que la carrière de ce joueur que l'on a pas envie de voir partir s'est terminée en eau de boudin. En tout cas, nous, on trinque à ta santé, Sidney.

Youtube

Youtube


Par Swann Borsellino
Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Modifié

broly1236 Niveau : DHR
Par contre je crois plutot qu'il a joué au Pana pas à l'Olympiakos ...
Avec Sylvain ça faisait une belle équipe de bringeurs et puis il en a eu a fêter des titres mon salaud ! Bonne rééduc à lui! Bien vu ce n'est pas l'olympiakos mais bien le panathinakois pour qu'il a joué...
Une pensée pour les supporters de Caen, qq jours après que Sydney ait été contrôlé avec trop d'alcool: "Il est de no-o-tres, il a bu son verre comme les au-autres! Govou ! Govou !"
Magique.
bentamaman Niveau : DHR
Vendredi soir je serai au barrio club avec des potes...on se mettra une jack a ta santé Sydney...

Bon courage mec
lemmiwinks karamazov Niveau : District
Sympa cet article, comme souvent avec Swann. Govou a fait une sacré carrière et c'est là que l'on voit les "rats" que sont les médias. On n'a jamais assez souligné son rôle essentiel avec Lyon mais on oubliait pas de l'emmerder pour ses sorties alors que ça n'a jamais influé sur ses performances!

Sidney, c'est peut être un signe du destin cette poisse en signant à Evian...
J'aurais plutôt tendance à penser qu'un gus surnommé Whisky-Coca carbure plus au Willy qu'au Jack Daniel's.

Remets-toi, Sydney !
ToxikCheese Niveau : Loisir
Une légende de l'OL...


son doublée en EDF contre l'Italie alors qu'il n'a pas joué une minute de la saison avec son club ...

toujours des buts magnifiques et des immanquables manqués pour la Gov'... Il faisait jamais rien comme les autres !

Joueurs frissons, c'est le bon terme.
Sympas les videos, elles rendent nostalgiques. Les 5-5 face avec l'OM, les raclees infligees au Bayern...
Bon retablissement "Whiskey-coke".
Putain je suis dégouté, quelle fin de carrière merdique...
J'espere que sa carriere principale à l'Imprevu ne va pas s'arreter elle aussi!
Un super mec, bringueur et très bon joueur.
Si j'avais été fan de l'OL, j'aurais été fier de voir un mec comme lui dans mon équipe.
Et effectivement, Evian, ça sentait le mauvais présage.
Pour lui rendre hommage, la ligue pourrais le recruter comme DJ les soirs de titres?
moucletche Niveau : DHR
sympa cette hagiographie......du coup on pourrait penser qu'il est mort !
Pascal Pierre Niveau : Loisir
J'ai toujours trouvé le bonhomme sympathique. Pas le plus régulier mais il pouvait enchaîner de belle manière quelques shoot(er)s de son côté droit.
Il était le symbole de cet OL sympathique souriant avec Wiltord. Des mecs qui prenaient et donnaient du plaisir avec une insouciance parfois rageante.
Je suis certain qu'il trouvera une petite place en L2 dans 6 mois. Viens à Metz, faire le même chemin que ton pote Wiltord !
EN épicurien et homme de goût, La Gov' s'est toujours refusé aux buts faciles. Sur tous ses buts, il n't en a pas un à jeter.

La Gov', c'est le genre de mec à prendre la vie, les matchs, les filles, et les verres comme ils viennent: les uns après les autres. Mais surtout, tu savais que tu pouvais aller au charbon avec lui sur le terrain. Jamais un complexe, et quand tout va mal, ce sont des mecs comme lui qui mettent le bleu de chauffe et s'en vont remuer tout le monde et les inviter à se rebeller. A Bastia, un Govou a sérieusement manqué.

Bref, Govou, un type toujours fidèle à lui-même qu'on ne peut qu'aimer.
NikkoFromLyon Niveau : CFA
Un très bon joueur dont il est important de souligner l'endurance qui lui permettait d'attaquer beaucoup mais aussi énormément de défendre, peut être cela jouait sur sa lucidité cette débauche d'énergie, mais pour l'équilibre de l'équipe c'était très important.

Le nombre de fois ou en début de saison on lui a balancé un remplaçant dans les pattes et a chaque fois il a gagné le duel a distance.

De beaux souvenirs également de ces duels avec Taiwo qu'il a souvent rendu fou.
Swann Borsellino Niveau : DHR
Message posté par broly1236
Par contre je crois plutot qu'il a joué au Pana pas à l'Olympiakos ...


Désolé pour l'étourderie !
C'est corrigé !
footchampagne Niveau : Ligue 2
Une légende de l'OL. Celui qui m'a fait aimer par dessus tout ce club ! Bel article.
Et s'il finissait au Puy en CFA l'an prochain ? A suivre...
Ca serait dommage pour lui qu'il mette un terme à sa carrière la-dessus. J'espère qu'il reviendra, même si ce n'est plus en Ligue 1.
sympa le dégagement niveau district de Déhu sur la 2e vidéo, la L1 c'était mieux avant !
Très bon article Swann ! Enorme les punchline sur le Whisky :)

Concernant Gouvou, c'est typiquement le joueur que je vois bien s'élater sous le soleil de Istres ou d'un petit club dans le genre.

COURAGE SID
Bon rétablissement et j'espère encore sur les terrains
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
455 39