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Si les grands du reggae étaient des joueurs de foot

Ce soir, les Reggae Boyz vont croiser la route de l'Argentine de Messi. S'ils ont été loin d'être ridicules durant cette Copa, gageons néanmoins que c'est malgré tout encore et toujours par la musique inna yard que la Jamaïque arrive à exister sur la mappemonde des grandes instances. Justement quel aurait été le visage du football jamaïcain si les grands du reggae, du ska ou du ragga avait été des taquineurs du cuir ?

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Bob Marley

S'il n'avait pas été un musicien, il aurait voulu, désiré, rêvé être footballeur. Il le répétait constamment. À l'instar de son pote, vaguement garde du corps, Alan Skill Cole, le premier Jamaïcain à avoir eu l'honneur d'évoluer au Brésil, la « Jérusalem » du ballon rond, toute proche. Sa passion se révéla si grande, qu'une fois réfugié à Londres, il se rendait à White Hart Lane encourager Tottenham et surtout admirer une de ses idoles, paradoxe du jour, l'Argentin Ardilés. Beaucoup le compareraient volontiers à Pelé, vu sa stature. Mais au regard de sa carrière, qui atteint ses sommets davantage sous Coxson, période ska & rude boy, ou niveau reggae avec Lee Perry, le Jan Palach du Dub qui incendia son studio un soir de révélation mystique, c'est du côté de Johan Cruijff qu'il faut chercher l'ADN jumeau, lui qui, en basculant de l'Ajax au Barça, perdit en inspiration et en « roots » ce qu'il gagna en « mainstream » et « renommée grand public » .

Toots Hibbert

Le leader des Maytals, auxquels d'aucun attribue la première utilisation sur disque du terme « reggay » en 1968, était souvent comparé à Otis Redding. Une touche southern soul, une dose de romantisme, de la classe et du charisme, ainsi qu'un certain sens du politique qui le rapproche de Gill Scott Heron. Ces grands morceaux, de Pressure drop à 54-46 (sur son expérience en prison) firent naturellement danser The Clash, eux aussi le cul entre deux chaises, et sont le secret le moins bien gardé de la musique jamaïcaine. Du style, du génie, du vécu et de l'endurance, le portrait type d'un Sócrates, non ?

Jimmy Cliff

Le Poulidor du reggae. Dur d'être celui qui a failli, celui dont tout le monde pensait qu'il allait répandre la bonne parole du reggae à travers le monde. En 1969, il sort même son chef-d'œuvre, un album éponyme où figurent Many rivers to cross et Vietnam, le plus beau titre engagé « jamais entendu » , dixit Bob Dylan. Seulement voilà, aujourd'hui encore, n'importe quel journaliste le présente d'abord comme celui qui a existé « dans le sillage de Bob Marley » . Ce qui est historiquement faux. Autant dire qu'il y a du Zico chez cet homme-là.

Sly and Robbie

Le reggae est autant une affaire de musiciens que de producteurs. Et Sly Dunbar et Robbie Shakespear vont au cours des années 70 s'imposer comme la section rythmique qui redéfinit le schmiblick en volute de fumée et riddims imparables. Gainsbourg fera même appel à eux pour son album Aux armes, etc., engrangeant au passage ses meilleures ventes de son vivant. Sly, le batteur, et Robbie le bassiste affûtent leur son durant les deux décennies suivantes, triomphant au début des 90's en produisant par exemple le Murder she wrote de Chaka Demus & Pliers. Un duo gagnant, tels Dwight Yorke et Andy Cole à Manchester United.

Desmond Dekker

À la fin des sixties, les premiers skinheads se pressaient sur la piste de danse dès que raisonnaient les hits de Desmond Dekker, The Israelites ou It Mek. Avec son béret sur la tête et ses tenues impeccables (pour lui, un certain classicisme était de rigueur), il était devenu pour les sales garnements de la working class britannique un peu l'équivalent d'un Smokey Robinson pour leurs prédécesseurs Mods. Sa meilleure période s'arrêtera là. Et ne serait-ce que pour ces raisons parfaitement futiles et donc incontournables, son miroir lui renvoie l'image d'un Robin Friday, par ailleurs grand fan de l'artiste.

Derrick Harriott

Immense, mais inconnu. Son reggae délicat et mélodique le distinguait trop pour aspirer à une audience dépassant les cercles de connaisseurs et un public du cru déjà acquis à sa cause. Peu le savent, tous l'aimeraient s'ils l'écoutaient. Un alias idéal d'Eusébio en somme.

Bounty Killer

« Poor people's gorvernor » , un surnom qui vaut tous les discours. Enfant terrible du dancehall, un brin bravache, paradoxal, excitant comme de la weed équitable, fou, parfois minable et souvent censuré. Il parle pour le peuple qui lui pardonne tout, car il a tant donné, toujours sur la corde raide d'un bon gros riddim « sleng teng » ou dans le feu sacré d'un sound system. À se taper la tête contre les murs, mais putain que c'est good vibes ! Du Diego Maradona au microphone...

Beres Hammond

L'Europe a Julio Iglesias, la Jamaïque possède Beres Hammond. Certes, en légèrement mieux sur le qualitatif, tout en composant ses gammes sur le même registre de charmeur romantique et de lover songs. Alors que le moindre DJ d'électro ne tripe que sur le ragga qui tache, ce nom est le code secret, le signe de reconnaissance entre ceux qui aiment vraiment le truc. Florent Malouda l'a forcément invité à son One Love festival… Bref. Il a ce petit quelque chose d'un David Ginola...

Duke Reid

Au début des années 50, ce tenancier d'un liquor shop décide de se lancer dans la musique via les sound systems et se met ensuite à produire des artistes sur son label Treasure Island. Ce furent les plus belles années du ska et du rocksteady. Duke Reid « the trojan » , son pseudo, inspirait le respect et, en bon ancien flic, se baladait toujours un flingue à la ceinture. Il ne put digérer l'hégémonie culturelle rasta, lui qui adorait provoquer ses artistes d'un cinglant « je suis Babylone » . Zdeněk Zeman n'aurait pas dit autrement.


Sizzla

Génial, populaire, clivant, violent, la star Bobo Shanti (ordre extrême, voire extrémiste du mouvement rastafari, ndlr) trimbale une mauvaise réputation et une homophobie assumée qui lui valurent d'être interdit de concert en Europe. Dans la catégorie « mes convictions et mon amour de la punchline ruinent ma valeur artistique ou sportive » , nous tenons là un bon candidat pour incarner Nicolas Anelka.

Laurel Aitken

Né à Cuba, il défrichera beaucoup sans récolter énormément au cours des années 50, puis 60. À la jonction du boogie, du mento, puis bientôt du ska, il fut un des pionniers qui délivrèrent enfin une forme singulière de la musique jamaïcaine, qui jusque-là vivotait largement à l'ombre du grand frère américain. Trop tôt, trop vite, il connut une seconde carrière en devenant une mini-gloire du skinhead reggae en Angleterre, en exhibant des artefacts siglés Fred Perry. À l'instar de Larbi Benbarek, « la perle noire » , Aitken était promis à tutoyer les dieux, mais ceux-ci ne s'étaient pas encore réveillés…

Augustus Pablo

Une bouffée envoûtante dans le dub qui émerge du côté obscur de la vague internationale du reggae sauce Could you be loved. Le personnage n'en finit toujours pas d'intriguer dans sa façon de penser le son, de l'éplucher, de le réduire à son plus simple état. À part Lee Perry, qui peut lui disputer un entêtement aussi magique dans l'expérimentation et l'innovation, et surtout dans son attachement à un instrument, le mélodica, dont il sera sûrement pour longtemps l'un des meilleurs utilisateurs. Un peu comme Zinédine Zidane et son pied gauche...



Par Nicolas Kssis-Martov
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