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Si Kadhafi avait vraiment racheté Manchester United

Le début des années 2000, un banquier d’affaires, un voyage à Tripoli à bord d’un jet privé : finalement, l’échange entre Mehmet Dalman et Mouammar Kadhafi débouche sur un accord et le second prend dans ses bras ce qui est aujourd’hui le club le plus « cher » de son secteur. Il n’y aurait pas eu de Malcolm Glazer, peut-être pas de FC United et qui sait, bien d’autres choses.

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Une histoire parmi d’autres, livrée dans un entretien donné au Sunday Times quelques heures avant un plus ou moins anecdotique quatrième tour de FA Cup entre Cardiff City et Manchester City (0-2) : dimanche dernier, au moment de descendre les colonnes de l’édition dominicale du Times entre une tartine sans goût et un jus d’orange acide, on a donc pu tomber sur la trogne de Mehmet Dalman, propriétaire des Bluebirds depuis juillet 2013. Hier, Dalman était surtout connu pour une autre fonction, celle de banquier d’affaires, en charge des investissements à la Commerzbank, entré à l’époque au capital de Manchester United à hauteur de 2,1%. Au début des années 2000, le bonhomme est surtout envoyé en mission par la doublette John Magnier-JP McManus pour trouver un nouvel acquéreur pour leurs parts (29,9%). La course débute en septembre 2003, soit quelques mois après l’obtention par United de son quinzième titre de champion d’Angleterre.


Un nom revient alors dans toutes les conversations : Malcolm Glazer, vieux papy américain, déjà propriétaire de l’équipe de football américain des Tampa Bay Buccaneers, qui cherche alors à agripper les commandes d’un club entré en Bourse en 1990 et détenu, à majorité, par Rubert Murdoch. Mehmet Dalman est lié à la bascule qui interviendra finalement en 2005 à la suite d'un recours à un LBO – leveraged buy-out – qui consiste à racheter une entreprise en s’appuyant sur son endettement et ses capitaux propres. En d’autres termes, Glezer va creuser la dette de Manchester United avant de l’utiliser pour rembourser les emprunts contractés, chose possible grâce à la puissante rentabilité de MU. Détail : tout ça aurait pu ne jamais exister. La faute à un voyage de Dalman à Tripoli, en jet privé, pour rencontrer un certain Mouammar Kadhafi. De ce rendez-vous, Dalman dit : « On était pressés de conclure, simplement, nous ne nous sommes pas entendu sur le prix, mais il était moins une. » Voilà ce que ça aurait pu donner...

... il n’y aurait pas eu de Malcolm Glazer


Donc une autre idée de la révolution : à Manchester, Glazer est un homme que l’on déteste ou qu’on détestait, le businessman étant décédé en mai 2014. Reste qu’à Manchester United, depuis 2005, les conseils d’administration sont des bouffes en famille. Autour de la table, on retrouve ainsi, entre Edward Woodward, vice-président du club, et Richard Arnold, le directeur général, Avram et Joel, les co-présidents du CA, mais aussi Kévin, Bryan, Darcie et Edward, tous des enfants de Malcolm Glazer. Balayons cette histoire, revenons à Kadhafi. Après des longs mois de négociations, l’un des hommes les plus riches du monde, qui a un temps investi dans la Juventus (à hauteur de 1,5%), récupère donc Manchester United. Hier révolutionnaire et imbibé au panafricanisme, Kadhafi a déjà enfilé son costume de crapule et balancé à son peuple son Livre vert. Première mesure : le bouquin est distribué à tous les fans d’Old Trafford, le projet du FC United est tué dans l’œuf et le Guide de la Révolution se présente tous les quinze jours sur la Sir Matt Busby Way avec son chapeau en or. Glazer est rayé de l'histoire, la Premier League est secouée.

... Badr Hassan serait devenu une légende


Mais quel est ce bordel ? Ce n’est qu’un début, en réalité. Sir Alex Ferguson s’emporte contre ce mec qui s’élève plus haut que l’institution, lui balance son Wrigley à la barbe et refuse, dans la foulée, l’arrivée au club de Saadi Kadhafi. Pire, le 13 mai 2006, Ferguson annonce sa démission en bas d’une Tripoli Stand désabusée et décide de se consacrer à son autre passion cachée : il part aux États-Unis et intègre un groupe de chercheurs qui bosse sur l’assassinat de JFK. Drôle de destin. Peu importe, Kadhafi veut rouler sur le monde et cherche un pantin capable de nourrir ses chevaux et ses ambitions : Stuart Pearce débarque sur le banc de United, tout en acceptant le port des épaulettes et du costume militaire les jours de match. Kadhafi : « Je veux des soldats, une équipe à mon image. » Jorge Mendes exfiltre dans la minute Cristiano Ronaldo dans les bras de Frank Rijkaard, à Barcelone, où le Portugais forme un duo d’attaquants prometteurs avec une puce. Fini les artistes, place aux plaquistes : Pearce attaque en 4-4-2, avec une doublette Harewood-Yakubu, soutenue par Barton, Scholes, Emerton, Bryan Hughes, là où Neville, Ferdinand, Dunne et Elrich assurent le maintien de la défense devant Robert Green. Du sang et des larmes, pas de gloire, Kadhafi n’a pas le temps. Son projet est ailleurs : en 2007, Badr Hassan glisse sa tête en équipe première et dégage Scholes du onze. Voilà comment devenir une légende à son échelle.

... et on aurait découvert le Kadhafi Stadium.


Mieux : Old Trafford devient un parc d’attractions où l’on trouve des peluches de Mouammar Kadhafi, du lait de Benghazi, où l’on s’arrache les maillots 7 de Badr Hassan et où les sièges sont taillés selon la forme du visage du dictateur. Les infirmières bulgares ? Visiblement, à Manchester, ça ne touche personne. La corruption ? Pareil, ça ne fait pas frétiller grand monde. Et la torture, les accusations de violences sexuelles ? Pas un mouvement. Bon, retournons au jeu : sur le terrain, ça n’avance pas, United ne gagne plus, Pearce tient debout parce qu’il ne l’ouvre pas, alors Kadhafi oublie les résultats. Manchester United devient un objet de propagande, et Old Trafford se transforme en Kadhafi Stadium. Pire : la statue de la United Trinity est renversée et remplacée par une statue de Kadhafi qui prend dans ses bras Badr Hassan, buteur décisif en finale de la League Cup 2009, seul titre remporté pendant l’ère Kadhafi. En octobre 2011, le roi tombe à Syrte, et United met la clé sous la porte, criblé de dettes. Reste cette ligne de testament : « Je souhaite qu’à ma mort, le club soit légué à Sir Alexander Chapman Ferguson. » Nouvelle colère de l’Écossais. Une autre idée de la révolution, définitivement, et du hairdryer.



Par Maxime Brigand
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