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Shovkovskiy, l'immortel de Kiev

En toute discrétion, Oleksandr Shovkovskiy traverse sa 22e saison au Dynamo Kiev et a encore de l'appétit. Le gardien quadragénaire a tout gagné et même plus en Ukraine, a réglé la question de sa place dans la postérité depuis bien longtemps, et continue de faire des heures sup' en Ligue des champions comme si de rien n'était.

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Mardi soir, le monde du football a eu droit à ce que l'on appelle « une grande soirée de Ligue des champions » . Des affrontements entre clubs de légende, des retournements de situation, mais aussi des duels entre gigantesques gardiens, de Neuer le Cyborg à Čech le Revenant, en passant par Gigi l'Éternel. Ce soir, ça sera au tour d'un autre portier légendaire d'entrer en scène, pour une énième joute européenne dans sa carrière interminable. Car à 41 ans, Oleksandr Shovkovskiy a déjà passé plus de la moitié de sa vie dans les bois du Dynamo Kiev. Sa ville natale, forcément. Ce soir, face à Manchester City, il disputera sans sourciller son 131e match de Coupe d'Europe, et s'affirmera un peu plus comme le joueur le plus capé de l'histoire du Dynamo. Et alors que les anciennes légendes du club, Oleg Blokhine en tête, respiraient très fort l'Union soviétique, Shovkovskiy incarne une élite ukrainienne moderne et tournée vers l'Europe, et pas seulement pour ce qui est du football.

L'héritage de Blokhine


L'homme n'a pourtant pas l'esprit voyageur, et n'a connu que Kiev depuis le berceau. Né, élevé, nourri au grain, formé au Dynamo et quasiment indéboulonnable depuis ses débuts en pro en 1993, Shovkovskiy est du genre casanier. Mais contrairement à Blokhine, courtisé en son temps par le Real Madrid ou le Bayern Munich et qui avait été contraint de rester 20 ans à Kiev, car l'URSS interdisait à ses joueurs de quitter le territoire, Shovkovskiy n'a jamais montré d'envies de quitter la maison-mère. Deux joueurs qui ont incarné les grandes heures du Dynamo Kiev à quelques décennies d'intervalle, avec une pelletée de trophées à la clé. Dix-neuf titres en autant d'années pour Bokhine, avec entre autres deux Coupes des coupes, huit titres de champion d'URSS, et le Ballon d'or 1975 devant Beckenbauer et Cruyff.


Côté Shovkovskiy, treize titres de champion d'Ukraine, dix coupes nationales, et quelques campagnes dantesques en Ligue des champions lors des années Chevtchenko. La boucle sera bouclée, et le passé et le présent enfin réunis en 2003, lorsque Oleg Blokhine devient le sélectionneur de l'équipe nationale d'Ukraine, dont les cages sont évidemment protégées par Shovkovskiy. Ils disputeront ensemble la Coupe du monde 2006, l'un des grands moments du football ukrainien, et les images d'Oleksandr dégoûtant les Suisses lors d'une séance de tirs au but mythiques pour envoyer l'Ukraine en quarts de finale justifieront sans doute un jour son entrée au Panthéon.

Un peu héros sur les bords


En juin dernier, il a également offert une nouvelle Coupe d'Ukraine au Dynamo à l'issue d'une séance de penaltys en stoppant les tentatives de deux joueurs du Shakhtar en finale. Et cette saison, en C1, le Dynamo Kiev s'est extirpé de son groupe sans faire de bruit, en encaissant seulement 4 buts en phase de poules. Shovkovskiy n'a en revanche pas connu l'honneur de l'Euro à domicile en 2012, la faute à des blessures, et il avait pris sa retraite internationale dans la foulée. Mais il n'a pas loupé les moments où le monde entier avait les yeux rivés sur l'Ukraine à l'hiver 2014, au moment de la révolution de Maïdan, et s'était illustré en soutenant ouvertement et fermement les révolutionnaires. Avant un match de Ligue Europa face à Valence, il avait également publié un message sur sa page Facebook demandant à l'UEFA de démarrer le match par une minute de silence en hommage aux victimes. Au même moment, il fondait en larmes à la télévision en s'exprimant sur le sujet.

Youtube

Un an plus tard, en février 2015, c'est également lui qui s'était précipité pour aider un stadier pris à partie par les hooligans du Dynamo à s'en sortir, en marge du match face à Guingamp en Ligue Europa. 70 000 euros d'amende et une nouvelle année plus tard, Shovkovskiy n'aura ce soir qu'à surveiller Agüero et ses potes, qui auront sans doute envie de se réchauffer au stade olympique de Kiev. Au vu de ses performances récentes - seulement 6 buts encaissés en championnat depuis le début de la saison -, la vieille carcasse de l'Ukrainien semble prête.



Par Alexandre Doskov
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Georgesleserpent 2.0 Niveau : Ligue 2
Génial ce type, un très bon gardien et un très bon mec.

L'équipe d'Ukraine de 2006 était quand même sympa, avec les Tymotchouk, Shevchenko, Shovkovsky, donc, Rebrov, Gussev...


Pour le plaisir:


https://www.youtube.com/watch?v=WF6NT9y8W_Y


Shovkovski avait notamment sorti une superbe frappe d'un Suisse en 1/8ème, avant de sortir, si je me souviens bien, au cours du même match, 100% des TAB des suisses lors de la séance.
Jankulovski et aussi à la plage Niveau : District
Message posté par Georgesleserpent 2.0
Génial ce type, un très bon gardien et un très bon mec.

L'équipe d'Ukraine de 2006 était quand même sympa, avec les Tymotchouk, Shevchenko, Shovkovsky, donc, Rebrov, Gussev...


Pour le plaisir:


https://www.youtube.com/watch?v=WF6NT9y8W_Y


Shovkovski avait notamment sorti une superbe frappe d'un Suisse en 1/8ème, avant de sortir, si je me souviens bien, au cours du même match, 100% des TAB des suisses lors de la séance.


Le problème de cette génération a été l'exportation. Comme les Russes en 2008, les Ukrainiens se sont peu exportés (majoritairement les plus talentueux) et ils n'ont pas su exploiter totalement leur talent (Voronin, Rebrov et Tymoschyuk). Dommage que les joueurs de l'est ont autant de mal à s'adapter.
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