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Shaqiri et les chaussures de la discorde

À l’heure où se pose de plus en plus la question de la double nationalité, certains cas font parler. En Serbie, celui de Xherdan Shaqiri fait couler beaucoup d’encre : l’ailier droit de Stoke City s’est rendu à la Coupe du monde avec des chaussures sur lesquelles sont floqués les drapeaux de la Suisse – son pays d’accueil – et du Kosovo – sa terre natale. Du côté de Belgrade, où l’on refuse de reconnaître l’indépendance de ce dernier depuis 2008, cette coquetterie passe pour de la provocation.

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L'histoire commence le 1er décembre 2017. Sur les réseaux sociaux, comme souvent dans le football moderne. La FIFA vient de procéder à la répartition des groupes de la Coupe du monde, et la Suisse hérite du Brésil, du Costa Rica et de la Serbie. Pas forcément dans cet ordre-là, mais c’est celui que retient Xherdan Shaqiri au moment de poster une photo sur Instagram, légendée avec un ton gourmand : « Hmmm ! J’aime ce tirage. Et vous ? »


Jusque-là, rien de bizarre. Pourtant, un site internet serbe voit comme une provocation le fait de citer les Aigles blancs en dernière position. Selon ce site, Shaqiri ferait ni plus ni moins de la propagande anti-serbe au vu de ses origines kosovares. Il faut dire que le torchon brûle entre les deux nations depuis que le Kosovo a officiellement déclaré son indépendance en 2008. Quiconque laisserait supposer que ce dernier est un État souverain subirait les foudres de Belgrade en guise de représailles.

L’amour sur les talons


Inutile de préciser que les commentaires d’insultes envers les albanophones ont été légion, avec Shaqiri en ligne de mire. L’ailier de poche n’a en effet jamais caché sa proximité affective avec la terre qui l’a vu naître en 1991. « Je vis avec la mentalité suisse, mais aussi avec celle du Kosovo puisque quand je rentre à la maison, je parle albanais » , se justifie-t-il ainsi auprès du site Stoke Sentinel. Pour lui, vivre avec deux « identités » n’est « pas un problème » .


D’autant que lorsque la sélection kosovare est officiellement admise au sein de l’UEFA, Shaqiri a déjà six ans de Nati dans les pattes. Un changement de maillot n’est donc pas à l’ordre du jour. En revanche, à l’instar de Valon Behrami (d’origine kosovare comme lui et comme environ 200 000 Helvètes), il ne s’interdit pas d’arborer le symbole des deux nations. Le premier a choisi l’option des tatouages, Shaqiri préfère quant à lui celle des chaussures, comme il le prouve – encore – sur Instagram à la fin du mois de mai.

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On croyait l’incendie éteint. Mais il aura suffi d’une étincelle pour le faire redoubler de violence. Les commentaires haineux se multiplient, provenant cette fois-ci de plusieurs médias serbes, voyant dans cet accessoire une ultime forme de provocation à l’égard de la Serbie (bien que la paire de godasses en question ne sera pas portée exclusivement face à elle).

Quels droits pour la différence ?


Étrangement, les médias helvétiques n’ont pas fait leurs choux gras de ce qui est considéré comme un incident diplomatique du côté de Belgrade. Si l’on ne peut sciemment pas accuser Shaqiri d’envoyer une pique volontaire au rival historique de la Grande Albanie, ce serait faire insulte à son intelligence que de croire qu’il ignorait les conséquences de son geste au moment de poster la photo. Le numéro 9 des Aigles blancs Aleksandar Mitrović n’a d’ailleurs pas tardé à réagir : « Je n’ai pas vu ce geste comme de la provocation. C’est son truc, je n’ai pas à m’y intéresser » , répondait-il ainsi au Kurir Sport pour calmer le jeu. Ce qui ne l’a pas empêché de se montrer dubitatif quant à l’affichage ostentatoire de cette double appartenance : « S’il aime tellement le Kosovo, pourquoi porte-t-il les couleurs d’un autre pays ? »


Peut-être parce que la Suisse a accueilli la famille Shaqiri – comme tant d’autres – en 1992 alors que celle-ci fuyait la guerre qui ravageait les Balkans. Peut-être aussi parce que le petit Xherdan n’avait qu’un an au moment d’obtenir l’asile dans la région de Bâle, où s’est faite toute son éducation, humaine comme footballistique. Et peut-être aussi parce que cela ne l’a pas empêché de garder un lien affectif avec ses origines, dans l’un des noyaux les plus multiculturels de la Coupe du monde. Aux côtés de Shaqiri, pas moins de six joueurs de la Nati ont des racines balkaniques. Sans compter les Camerounais, Soudanais et Cap-Verdiens. Bref, un groupe bien plus métissé qu’il y a vingt ans – quand seulement deux « étrangers » portaient le maillot de la Nati –, mais aussi beaucoup plus ambitieux sur le plan sportif.


« Nous n’avons peur de personne. Nous connaissons nos qualités, nous avons de super joueurs et nous avons prouvé que nous pouvons tenir tête au Brésil. Maintenant, nous sommes concentrés sur la Serbie et espérons un résultat positif. J’espère que les gens commenceront ainsi à prendre la Nati au sérieux » , se confiait ainsi Shaqiri dans les colonnes de l’édition... serbe du quotidien Vesti. Et si cette dernière peut provoquer du bonheur chez les absents du Mondial qui se reconnaîtraient en certains de ses représentants, où est le problème ?







Par Julien Duez
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