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Shakhtar-Porto, le dernier train

A l’annonce du tirage au sort, beaucoup auraient pensé que ce Shakhtar-Porto allait faire office de finale du groupe. Pas du tout. Le Shakhtar est dernier, Porto avant-dernier. C’est simple : le perdant est out, le vainqueur s’offre une dernière chance de qualification.

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C’était le 13 septembre dernier. Premier match de la Ligue des Champions. Le FC Porto s’impose 2-1 face au Shakhtar Donetsk. Mais les deux équipes laissent une bonne impression. A priori, pas de souci : elles seront là, quelques semaines plus tard, pour se disputer la première place du groupe. En même temps, comment pouvait-il en être autrement ? Le vainqueur de l’Europa League, et le quart de finaliste de la dernière Ligue des Champions. Sacrées cartes de visites pour deux équipes souveraines dans leur pays, et qui ont soif de victoires sur la scène européenne. Et pourtant. Dès la deuxième journée, c’est la surprise. Porto s’écroule à Saint-Pétersbourg (1-3) et le Shakhtar est tenu en échec à domicile par le modeste APOEL Nicosie (1-1). Face aux Chypriotes, Porto ne fait pas mieux la semaine suivante (1-1 à Porto) tandis que le Shakhtar est incapable d’engranger une victoire contre le Zénith (2-2). Oui, quelque chose s’est cassé au royaume de Lucescu. Confirmation lors de la dernière journée, avec cette défaite sur la pelouse du Zénith. Deux points en quatre matches. Très triste. Porto ne peut pas vraiment se vanter de mieux. Quatre points glanés en quatre rencontres, et un revers-surprise encaissé dans la bouillante ambiance de Nicosie (1-2). Mais où sont donc passés les deux ténors qui faisaient exploser en mille morceaux la Roma, Villarreal ou le Spartak Moscou la saison passée ? Réponse : ils sont restés bloqués à la frontière de l’automne.

Une invincibilité qui vacille

En effet, l’automne est compliqué pour les Portistes. Retour en arrière, samedi dernier. Porto rencontre l’Academica, pour les seizièmes de finale de la Coupe du Portugal, compétition dont il est tenant du titre. Un match que, l’an passé, les Dragons auraient remporté haut-la-main. Mais pas cette fois. Le club de Vitor Pereira s’écroule, et reçoit une énorme baffe en pleine poire. 3-0. Dehors. C’est simple : Porto n’avait plus perdu par trois buts d’écart depuis le 21 mars 2010, face à Benfica. Preuve que quelque chose ne tourne pas rond. Si Porto conserve son invincibilité en championnat (elle dure désormais depuis 49 rencontres), sa suprématie est contestée. Par Benfica, d’abord, qui s’accroche au trône, avec le même nombre de points que son ennemi juré. Mais aussi par les autres clubs. Feirense, Olhanense… des clubs modestes, qui ont été capables de tenir le match nul face à un adversaire qui, il y a encore quelques mois, les aurait démolis.

Conséquence immédiate : après la rouste en Taça de Portugal, Vitor Pereira, successeur de Villas-Boas, souhaitait négocier son propre départ. Mais Pinto da Costa, le président du club, a refusé. Il lui laisse une dernière chance. Et celle-ci se présente ce soir, à Donetsk. En cas de défaite, ce soir, Porto sera, selon toute vraisemblance, éliminé (il faudrait un miracle mathématique et un concours de circonstances pour passer au seconde tour). Deux éliminations en quatre jours : l’aventure Vitor Pereira sera scellée. Le boss portiste a, d’ailleurs, déjà assuré les arrières. Pedro Emanuel, actuel coach de l’Academica (justement), qui a porté le maillot de Porto de 2002 à 2009, est en tête de sa petite liste. Lui sera devant sa télé, ce soir, pour assister à l’éventuel sursaut du FC Porto. Ou bien à sa chute.

Le retour du signe indien

Et la définitive chute du champion du Portugal, c’est un autre champion, celui d’Ukraine, qui peut la provoquer. Incapable de gagner le moindre match de Ligue des Champions depuis le 8 mars dernier (contre la Roma), le Shakhtar déçoit. On attendait ses Brésiliens, ses Willian, Jadson, Douglas Costa, Luiz Adriano, son jeu léché, très technique. On n’en a même pas aperçu l’ombre. Deux nuls, deux défaites : l’armada de Lucescu n’a déjà plus son destin entre les mains. Même avec deux victoires lors des deux dernières rencontres, elle pourrait ne pas se qualifier pour les huitièmes. En effet, si ce soir, l’APOEL Nicosie et le Zénith Saint-Pétersbourg font match nul, dans l’autre rencontre de cette poule G, le Shakhtar sera mathématiquement éliminé, avant même la dernière journée, quelque soit son résultat contre Porto. Evidemment, Lucescu aimerait pouvoir jouer sa qualification lors de la dernière journée.

Et même si tout ne dépend pas de lui, il préfère mettre le maximum de chances de son côté. « Malheureusement, cela ne dépend plus de nous. Cela reste toutefois un match très important, pour deux équipes qui étaient favorites lors du tirage au sort. Nous savons que Porto a perdu son dernier match, en Coupe du Portugal. Mais cela peut avoir une double influence sur les joueurs : soit ils seront nerveux, soit cela va les motiver pour venir faire un gros match ici. Je suis néanmoins confiant, nous pouvons obtenir un bon résultat, ici, à la Donbass Arena » a-t-il déclaré dans le journal portugais A Bola. Au match aller, c’est Porto qui avait tiré son épingle du jeu, avec une victoire étriquée, 2-1. Lucescu est convaincu que ses joueurs ont beaucoup appris de ce revers. « Nous avons beaucoup appris du match aller. Nous serons plus forts cette fois-ci, parce qu'il y a des facteurs qui ont entravé le résultat final, notamment le but annulé et l’expulsion de Rakitskiy » se rappelle-t-il, amer. Des raisons supplémentaires pour tout lâcher ce soir, pour ne pas avoir de regrets au terme des 90 minutes. Le Shakhtar, éliminé six fois au premier tour de la Ligue des Champions, avait rompu le signe indien l’an passé. Ce serait dommage qu’il ne s’agisse que de l’exception qui confirme la règle.

Par Eric Maggiori
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