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  2. // Séville/CSKA (1-2)

Séville cale face à Honda

Séville reste encore à la porte des quarts de finale. Le bourreau du soir n'est pas turc mais russe. Malgré une égalisation rapide de Perotti répondant à l'ouverture du score de Necid, les Andalous ne se remettront pas d'une boulette de Palop sur un coup franc de Honda, véritable moteur du CSKA. Après Madrid, l'Espagne perd un nouveau combattant. La Russie s'en découvre un nouveau.

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Le ballottage était plutôt favorable pour les Sévillans. Auteur d'une presque victoire au match aller (1-1), les Rojiblancos avaient réussi à mettre dans leur besace le but à l'extérieur tant recherché. L'objectif était donc simple : transformer l'essai et évacuer le traumatisme d'une élimination, à ce même stade de la compétition deux années plus tôt, contre Fenerbahçe. Pour être enfin un grand d'Europe, le 4ème de Liga jouait « le match le plus important de [leurs] vies » dixit Manuel Jimenez, le coach sévillan. Ou l'art de se mettre une pression inutile.

Séville, le pétard mouillé

Côté tactique, les deux entraîneurs jouent la même partition : empêcher les relances faciles par un pressing haut. Si côté moscovite, Necid se tue à la tâche, c'est la doublette Zokora-Renato qui fait le sale boulot côté andalou. Quid des espaces entre les lignes alors ? Très étroits, d'où une difficulté pour les deux formations de créer le déséquilibre. Dans ce cadenas à double entrée, seul Navas réussira à tirer son épingle du jeu, semant son défenseur pour centrer sur Luis Fabiano. Seul au point de péno, le Brésilien ferme les yeux et tire sur Afkinfeev (3ème). Ensuite, plus rien. Luis Fabiano, aussi mobile qu'une voiture en panne, laisse besogner ses milieux. Sur les côtés, Navas et Capel, pas assez mobiles non plus, ne se montrent pas plus dangereux. Bref, impossible d'apporter de la percussion lorsque toutes les initiatives partent sur un rythme à la Yohan Diniz.

Perotti met Séville en sursis

Les Moscovites, patients et disciplinés, sentent bien que Séville déjoue et se montrent peu à peu plus ambitieux, sous l'impulsion du surprenant Jap' peroxydé Honda et de Necid, une sorte de Berbatov sauce tchèque, tout en élégance, habile avec ses pieds. Ce grand Tchèque confirmera ses bonnes dispositions, se jouant de la charnière centrale espagnole et servant Honda qui buttera sur Palop (26ème). Ces deux compères la rejoueront en verlan avant la mi-temps, avec plus de réussite cette fois-ci. Au départ d'une touche offensive, Honda réceptionne le cuir, pivote et sert Necid. L'avant-centre du CSKA feinte la prise de balle, salue son défenseur et ouvre le score d'un plat du pied (39ème). Le plus dur est fait. Mais faut-il rappeler que le manque de concentration est le meilleur ennemi du haut niveau ? Sur un dégagement de Palop, Fabiano, au duel aérien, déménage son défenseur. Navas s'empare de la gonfle et centre illico pour Perotti. Le milieu sévillan, qui avait passé le plus clair de son temps le nez dans le gazon du Pizjuan, devance Afkinfeev et égalise (41ème). Les Andalous ont sauvé l'essentiel.

Honda remercie Palop

Jimenez décide dès le retour de vestiaire de changer la donne. Kanouté est appelé à la rescousse pour aider le poteau Fabiano en pointe. Cette entrée fera son effet pendant dix minutes, Kanouté, pourtant pas le plus rapide, apportant un peu plus de vitesse dans les enchaînements andalous. Paradoxal. Jesus Navas, bien seul dans son short, offrira d'ailleurs à l'ancien Lyonnais la balle du 2-1. Le centre de l'ailier espagnol est repris au premier poteau par Kanouté qui décroise trop son coup de tronche. Perotti, à l'affût au deuxième, regrettera seulement une longueur de cheveux supplémentaire pour scorer.

Les bonnes intentions andalouses s'arrêteront là car quelques instants plus tard, Honda refroidit toute l'Andalousie. Sur coup franc, le Nippon balance un cachou de 25 mètres et est aidé par les poings fragiles de Palop. Le portier sévillan et la trajectoire flottante du ballon permettent à Moscou de prendre l'avantage. Il faut désormais deux pions à Séville pour passer l'obstacle moscovite. Et avec le FC Séville de ce soir, l'affaire semble mal engagée, malgré les efforts des seuls, trop seuls, Kanouté, Navas et Zokora. Le Chilien du CSKA, Gonzalez, aurait pu corser l'addition, traçant Stankevicius mais ne parvenant pas à tromper la Palop (71ème), en pleine séance de rattrapage.

La fin de rencontre ne sera ensuite pas un modèle d'imagination. Moscou sort la boîte à tacles, et les Espagnols, trop fainéants, se contentent de faire un siège timide du but d'Afkinfeev, à base de sondes dans la surface de réparation. Aucune préparation d'actions, aucune prise de risques et une certaine tension palpable dans le jeu sévillan étaient donc clairement insuffisantes face à cet adversaire coriace. Ce CSKA-là ne sera pas simple à se coltiner et marque une belle page de son Histoire. Le FC Séville peut quant à lui racheter un nouveau livre. La grande Europe est encore trop grande pour lui.

Ronan Boscher

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