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  1. // Ligue Europa – Finale – Dnipro Dnipropetrovsk/FC Séville

Sergio Rico, l'enfant prodigue

Troisième gardien en début de saison, Sergio Rico est en passe d'entrer dans l'histoire du FC Séville. Une évolution express, subie puis appréciée par Unai Emery, qui a même poussé Vicente del Bosque à convoquer ce Sévillan de sang. Tout ça à 21 ans et pas même une saison chez les pros dans les guiboles.

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Getafe n'excite personne. Des investisseurs aux footballeurs, rares sont ceux à se presser dans cette ville périphérique de la capitale espagnole, balayée en un coup de vent par la crise économique de 2008. Les nombreux locaux industriels y sonnent creux, tout comme le Coliseum Alfonso Pérez. Chaque déplacement des Azulones se mue même en petit plaisir de la vie pour des joueurs en manque de chaleur humaine. À la mi-septembre dernière, ces banlieusards madrilènes se rendent donc au Sánchez-Pizjuán avec l'objectif de jouir d'une des plus belles ambiances d'Espagne. Et une belle opportunité : sans ses deux portiers de l'équipe première, le FC Séville s'en remet à son novice canterano Sergio Rico. Beto et Barbosa sur le flan, ce grand gaillard au presque double mètre est alors couvé, chouchouté et dorloté par des partenaires. « Il est prêt pour affronter ce défi, plussoie alors son comparse Alejandro Arribas. Nous avons confiance en lui, parce qu'il a démontré être un grand portier. » Quelques mois plus tard, le benjamin de l'effectif sevillista est devenu un indéboulonnable du onze d'Unai Emery. Pis, il vient tout juste d'être convoqué par Vicente del Bosque.

« Une fracture à la main ? Rien de grave »


« J'ai commencé à l'âge de quatre ans, dans une école de football de Montequinto qui n'était même pas reconnue par la Fédération, racontait-il en 2013 au média sévillan Number 1 Sport. À mes 7 ans, "Baby" Costa et Ernesto Chao (deux anciens de la maison sevillista, ndlr) m'ont dit que je pouvais faire les tests pour le Séville FC. J'ai été pris, et pendant un an, je me suis entraîné le lundi et le vendredi. Mais j'ai dû attendre mes 8 ans avant de pouvoir jouer, puisque les pré-benjamins n'existaient pas encore. » Natif de la capitale andalouse, supporter depuis le berceau des Palanganas, Sergio Rico est un privilégié qui ne s'en cache pas. De ses débuts chez les minots, il ne garde et ne laisse que de bons souvenirs. Même le rappel d'une vilaine fracture de la main à l'adolescence lui donne le sourire : « C'était à Cordoue. Dans un un-contre-un, je sors le bon arrêt, mais l'attaquant me marche dessus. C'était en première mi-temps. Je n'y ai pas prêté attention, j'avais juste un peu mal, mais rien de plus. Après la victoire, j'ai compris que quelque chose ne tournait pas rond, mais on avait gagné. Tout le reste n'était pas grave.  »

Année après année, les effectifs de la cantera se réduisent, mais lui conserve sa place. Dès sa majorité, il enchaîne les entraînements avec les pros et les matchs avec les U-19. Une stratégie d'échange entre centre de formation et équipe fanion qui s'explique, selon ses dires, « par la confiance que le club place dans ses jeunes » : « Les coachs nous testent et cela est un vrai plus pour nous. M'entraîner avec les pros, qui plus est pour quelqu'un de la maison, est une vraie fierté.  » Malgré de solides prestations avec le Sevilla Atlético - surnom de la réserve -, il découvre durant le dernier mercato estival le recrutement de Barbosa, portier de l'UD Palmas et désormais doublure de Beto. Finalement, la confiance n'est pas au rendez-vous. La chance, oui. Car, dans un début de saison poussif, les tuiles s'amoncellent dans les cages andalouses. Tour à tour, Beto et son remplaçant occupent l'infirmerie du club et offrent une opportunité en or à Sergio Rico, considéré par certaines éminences sevillistas comme un médiocre gardien. « Il a été titulaire dans toutes les catégories du club. Son caractère calme va l'aider » , tempère alors Pablo Blanco, coordinateur de la cantera.

Palop, une légende bien dépassée


Les matchs allant, les parades aidant, Sergio Rico gagne la confiance de ses partenaires, du public puis de la direction. « Il a su attendre et profiter de son opportunité, juge Andres Palop, légende des cages du Sánchez-Pizjuán et idole de Rico. Il a mis une barrière, tant et si bien que toutes les informations, qu'elles soient positives ou négatives, ne l'affectent pas. » Placide, il écœure bon nombre d'attaquants sur les scènes domestique et continentale. Même le retour de Beto, un temps titulaire lors du retour face au Zénith St Petersbourg, ne le tracasse pas le moins du monde. Avec déjà 21 participations en Liga, 10 en Ligue Europa et 5 en Coupe du Roi, il compte sur un solide bagage à l'heure d'aborder cette finale, la seconde consécutive de C3 pour les Palanganas. Lors des deux premiers sacres dans cette compétition, Andres Palop avait alors fait des miracles, tant lors de la finale décidée aux penaltys face à l'Espanyol qu'en quarts de la même édition et son but miracle face au Shakhtar Donetsk. D'autres Ukrainiens, du Dnipro Dnipropetrovsk, attendent désormais sa relève. Une relève qui pourrait même connaître sa première cape avec la Roja suite à sa convocation par Vicente del Bosque. Une apparition internationale que son illustre modèle n'a jamais connue.

Par Robin Delorme, à Madrid
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