Sept jours en Bavière

Trois partout, match nul. Ainsi s'achève sur le terrain de Mönchengladbach la semaine du Bayern Munich. Semaine qui avait commencé par une fâcherie à la tête de l'exécutif entre Hoeness et Van Gaal. Récit de sept jours de montagnes russes qui n'ont pas fait avancer le schmilblick.

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« C'est très difficile de lui parler car il ne prend jamais en compte les conseils des autres » . Ainsi a commencé la semaine du Bayern Munich. Les paroles du président Uli Hoeness à l'encontre de son coach Louis Van Gaal dimanche dernier sur le plateau de la chaîne du câble Sky-TV ne sont pas passées comme un mail dans une boîte de messagerie. Lundi, Karl Heinz Rummenigge, président du conseil de surveillance engageait une médiation. « Il est important que l'on parle les uns aux autres et non pas les uns des autres » . Avant que ne tombe le mardi la réponse du pélican. Tout en objection : « Je suis très, très déçu que mon président puisse dire quelque chose comme cela, car je pense que la communication est l'une des mes qualités. Surtout dans une période aussi difficile où l'on a neuf joueurs blessés » . La cause de cette joute verbale : les résultats moyens du club en Bundesliga bien sûr. Trois défaites déjà en dix journées et une attaque peu prolixe, 12 buts. Qui ont vite fait de jeter le trouble sur les méthodes d'un homme qui un an plus tôt permettait, avec, de ramener un championnat, une coupe et une finale de Champion's.

« Le football n'a pas besoin de généraux, mais d'entraîneurs qui font les intermédiaires avec les joueurs » peut-on lire dans le Zeit. Qui a bon dos de prendre les exemples de Thomas Tuchel de Mayence, deuxième, et Jürgen Klopp du Borussia, premier, tous deux jeunes et proches de leurs joueurs. Et de ressortir les vieilles histoires de famille qui tâchent et fâchent. Celle de Luca Toni, remplacé à la mi-temps l'année dernière. Van Gaal se pointe dans le vestiaire le pantalon aux chevilles. Et lance : « Vous savez pourquoi j'ai remplacé Luca ? » . Silence. « Parce que j'ai des œufs » , défie le Batave, l'index pointé vers le bas. Ou encore de raconter le fait que Van Gaal ne craint pas d'envoyer Rummenigge dans les dernières rangées de sièges lorsqu'ils prennent l'avion pour un déplacement. Le Bayern est en fait une entreprise multicéphale à ego surdimensionnés (Hoeness Beckenbaueur, Rummenigge...), où l'obéissance était une condition préalable pour devenir coach. Plus depuis Van Gaal. Ce qui rajoute un moi à assimiler au nous, inhérent à tout sport collectif. Quand ça marche, tout va bien. Van Gaal pense que c'est grâce à sa tactique quand Hoeness considère que c'est la conséquence de la machine de guerre économique qu'il a mise au point. Mais quand ça ne marche pas, c'est passe la faute à ton voisin.

Entre-temps, la victoire à Cluj (4-0) de mercredi en Ligue des Champions est venue cicatriser la plaie. La photo de Van Gaal et Hoeness, assis côte-à-côte, trinquant avec un verre de vin lors de la collation d'après-match a fait le tour de l'Allemagne. Avec cette légende : première fois dans l'histoire du mastodonte allemand que le club bavarois commence sa campagne européenne avec quatre victoires en quatre matches. Grâce notamment à Mario Gomez, auteur de huit buts lors de ses six dernières rencontres toutes compétitions confondues. Même neuf sur les sept derniers matchs si l'on prend en compte l'opposition de ce samedi. Face à la lanterne rouge, Mönchengladbach, les Bavarois auraient pu perdre comme gagner mais s'en sortent avec un piètre nul (3-3). Résultat des courses : les Munichois stagnent à la neuvième place, dans la bedaine du classement. Ce samedi soir, Hoeness et Van Gaal n'ont certainement pas trinqué. En l'état, et pour paraphraser Domenech, le Bayern est nettement mieux que s'il allait plus mal, nettement moins bien que s'il allait mieux.

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