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Señor Casillas, toute sortie est définitive

En cas d’élimination du FC Porto ce soir, Iker Casillas, trente-cinq ans et recordman du nombre d’apparitions en Ligue des champions, pourrait faire ses adieux à la plus prestigieuse des compétitions européennes. Ou s’arracher pour vivre un dernier flirt avec l’une de ses plus belles histoires d’amour.

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156 matchs. Où 159, en comptabilisant les matchs de barrage. Peu importe, finalement, car Iker Casillas trône fièrement en haut du podium des joueurs ayant le plus d'apparitions en Ligue des champions, devant Xavi et Raúl. Excusez du peu. Suivent ensuite Ryan Giggs et Paolo Maldini. Des références, des monstres sacrés, de grands seigneurs… appelez-les comme vous voulez. Des putains de bonhommes, quoi qu'il en soit. Mais voilà, alors que ses quatre prestigieux compères coulent des jours heureux en retraite ou en préretraite, Iker, à la manière d’Oliver Twist, demande toujours du rab'. Il y avait d'ailleurs quelque chose d’assez triste à le voir évoluer lors du match de barrage aller face à la Roma, à l’Estádio do Dragão (1-1). Emprunté, souvent maladroit, il a failli coûter deux buts à son équipe dès les premières minutes de la partie, sur deux sorties complètement manquées. Deux bourdes sauvées en catastrophe par un défenseur placé sur sa ligne. Comme si cela devenait une bien mauvaise habitude. En vrai, les supporters de Porto le savent mieux que quiconque, l’auréole qui planait au-dessus de la tête de San Iker a disparu depuis bien longtemps.

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1999-2016, le long périple européen


Si, sur le terrain, Casillas n’affiche plus ses jambes de vingt ans, tirer des conclusions hâtives quant au résultat de ce soir, ou même de la performance du gardien au palmarès long comme les guiboles de Peter Crouch, serait une énorme erreur, presque aussi grosse que celles auxquelles il nous a habitués ces dernières saisons. Car lorsque l’on parle de la coupe aux grandes oreilles, Casillas trouve facilement sa place à la table des rois. Dans le livre d’or de la Ligue des champions, on trouve, pêle-mêle, sa première finale, remportée dans la peau d’un titulaire face à Valence (3-0) – quatre jours après son 19e anniversaire –, comme un signe annonciateur de la gloire qui couvrira son parcours. Puis la seconde, plus belle encore, deux ans plus tard à Glasgow, face au Bayer Leverkusen (2-1). Après une saison compliquée, Iker débute la finale sur le banc, mais doit entrer à vingt minutes de la fin pour remplacer César Sánchez, blessé. Par deux fois, l’Espagnol sauve les siens tout en dégoûtant un jeune artiste bulgare, un certain Dimitar Berbatov. La première apparition divine. Gâté par la vie, et par les résultats, Iker ne se doute alors pas qu’il mettra douze ans avant de reposer ses paluches sur le trophée, avec une affreuse série de six éditions sans même accéder aux quarts. Une hérésie, pour lui comme pour sa Maison-Blanche.

Juste une dernière danse


Alors, ce soir, au moment de pénétrer sur la pelouse du Stadio Olimpico, Iker Casillas sera confronté à deux chemins. S’il sort une prestation de haute volée, il aura droit à un dernier tour de manège. Étant donné son âge, son niveau actuel et son contrat terminant en juin prochain, une élimination serait probablement synonyme d'adieux à la compétition aux étoiles. Se souvient-il qu’en quatre visites à l’Olimpico avec le Real, il s’y est imposé trois fois, en 2001, 2002, et 2004 ? Espérons que oui. Tout comme pour les noms des buteurs qui l'entouraient : Figo, Guti, Raúl, où Ronaldo. D’autres patronymes qui ont fait frémir de bonheur les supporters merengue et les amateurs de soirées européennes, mais qui, aujourd’hui, semblent déjà appartenir à un autre temps. Sinon, il faudra se rendre à l’évidence, et se voir froidement recalé à l’entrée. Puis se dire qu’au fond, on n’a vraiment plus l’âge pour ces conneries. Et qu'il vaut mieux laisser ça à Totti.




Par Paul Piquard
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