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Semak le discret

Éphémère joueur du PSG, le vétéran Sergeï Semak, 36 ans, a rappelé lors du match aller face au Benfica (3-2) qu’il était capable de gestes de classe, en concluant d’une superbe Madjer une action collective remarquable du Zénith Saint-Pétersbourg. Alors que sa carrière est proche du générique de fin, il est dommage de constater que sa courte expérience à Paris a été sa seule tentative de s’imposer hors de Russie, où il a tout gagné.

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Le plus beau but de ce début d’année n’a pas été inscrit au Camp Nou, ni à Santiago Bernabéu, pas non plus au Westfalenstadion, à San Siro ou à Old Trafford, mais dans le petit stade Petrovski de Saint-Pétersbourg, le 15 février. C’était lors du match aller entre le Zénith et le Benfica Lisbonne, par un bon -10 degrés et sur un champ de patates. A la 71e minute de jeu, les locaux profitent d’un moment d’apathie de leurs adversaires pour prendre l’avantage de superbe manière : l’attaquant Alexander Kerzhakov est trouvé dans la profondeur d’un ballon aérien côté droit, qu’il talonne instantanément pour Vladimir Bystrov, démarqué dans son dos ; l’ailier international a le bon réflexe de remiser dans la foulée au point de penalty pour Sergeï Semak qui, dos au but et au duel avec le latéral droit du Benfica Maxi Pereira, a l’idée géniale de couper la trajectoire du ballon d’une superbe Madjer. D’un ballet aérien d’une fluidité exceptionnelle, les hommes de Spalletti ont trouvé la parade au terrain rendu impraticable par le gel.


A tout juste 36 ans, Sergeï Semak prouve qu’il est encore capable de gestes de grande classe. Il faut reconnaître qu’on avait fini par l’oublier. Et pour cause : le Russe a fait quasi toute sa carrière chez lui, loin, trop loin à l’Est. Sa seule tentative d’évoluer hors des frontières, avec le Paris SG en 2005, s’est soldée par un échec. On parle pourtant d’un des meilleurs joueurs russes de la dernière décennie, un milieu de terrain techniquement brillant, exemplaire, collectif, courageux, mais tellement discret. Capitaine du CSKA Moscou champion de Russie en 2003, il se révèle l’année suivante au Parc des Princes. Le 7 décembre 2004 très exactement, le club moscovite, emmené par un meneur de jeu en feu, domine son adversaire trois buts à un. Triplé de Semak, qui réalise ce soir-là le match de sa vie. Double malheur pour les dirigeants parisiens, qui voient leur club éliminé des coupes européennes et qui croient avoir recruté un véritable génie du but, en arrachant le mois suivant leur bourreau lors du mercato.

PSG époque Reinaldo

Problème, le Russe ne parvient pas à s’imposer à Paris. Pour sa défense, il arrive dans un contexte extrêmement trouble – un énième – dans la capitale : Vahid Halilodzic, l’entraîneur qui l’a fait venir, est viré par Francis Graille quelques jours après son arrivée et est remplacé par Laurent Fournier. Au sein d’une équipe bancale, qui mise en défense sur Yepes autant que sur Helder et Pierre-Fanfan, et en attaque sur Pauleta autant que sur Reinaldo et Pancrate, Sergeï Semak est perdu. Trop gentil, trop timide, il n’inscrit qu’un seul but, face à Nice en fin de saison. Il démarre la suivante (2005/2006) en Ligue 1, mais retourne dès l’hiver en Russie, après seulement un an en France, 26 matchs, des stats faméliques et trop peu d’influence dans le jeu. C’est dommage, car le joueur a assurément un grand talent. Peut-être lui aurait-il fallu un meilleur contexte pour prendre ses marques ?

Peut-être aussi n’aurait-il pas fallu le considérer comme un buteur (qu’il n’était pas et qu’il n’a jamais vraiment été), mais plus comme un milieu relayeur axial. Placé très haut à Paris, il a d’ailleurs été chargé avec succès d’une tâche plus défensive de récupérateur/relanceur lors de son arrivée au Rubin Kazan, après deux années dans le défunt club du FC Moscou. Résultat : deux nouveaux titres de champion en 2008 et 2009, au sein d’une équipe dont il est le capitaine et le métronome. A l’été 2010, Luciano Spalletti le fait venir au Zénith, pour apporter un peu d’expérience à son entrejeu. Le pari fonctionne et Semak en profite pour glaner un quatrième titre de champion national. Depuis la saison dernière, il joue moins, mais s’avère toujours aussi utile lorsqu’on fait appel à lui. Comme en ce 15 février, et peut-être comme en ce 6 mars. «  Le match le plus important de l’histoire du Zénith  » , annonce-t-il avec gourmandise.

Par Régis Delanoë
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Balle au pied, ses six mois au PSG n'était pas ridicule du tout.

Mais il arrive dans un club qui après une saison dantesque (2eme avec un très grand nombre de point + coupe de France) a perdu JP Sorin, Heinze, Fiorèse (meilleur passeur) et Dehu (cap) pour un recrutement de qualité (Yepes, Rothen, Armand...) mais trop rapide et qui chamboula trop l'équilibre dela saison précedente. Un M'Bami qui s'est éteins au fil de la saison.

Le mec arrive fin janvier comme le messie, après avoir planté un triplé en décembre sur ce même terrain.
On ajoute à ça les problèmes liés à la politique mené contre les tribunes par le duo Graille/Larrue avec une fronde grandissante et un parc qui faisait peur à ses propres joueurs
Si le club avait été plus stable il aurait eu son mot à dire !

Après on connait la qualité des footballeurs russes mais elle est au moins égale à leur incapacité d'adaptation dans les clubs de l'occident.
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