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Schweinsteiger über alles

Le Bavarois, peut-être plus encore que Robben et Olic, devrait être le joueur majeur du Bayern Munich, pour protéger la fragile défense munichoise face à l'Inter. Ouais, une mission d'Allemand, une tête d'Allemand, un jeu d'Allemand, une efficacité d'Allemand et un nom d'Allemand : Bastian Schweinsteiger, Messieurs, Dames !

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C'est vrai, il y a Louis Van Gaal. C'est vrai, il y a Arjen Robben. Et on ne parle pas de l'inénarrable Mark Van Bommel ou encore l'insaisissable Ivica Olic. C'est vrai. Mais en y réfléchissant un peu plus longuement, on est bien tenté de faire de Bastian Schweinsteiger l'élément-clé du moment pour le Bayern Munich. Et plus largement de la Mannschaft. Oui, si le forfait de Michael Ballack n'a pas tout à fait tourné au drame national, c'est en partie parce que l'Allemagne est persuadée de tenir en Schweinsteiger le meilleur remplaçant qui soit à la défection du milieu de terrain de Chelsea. Et peut-être même un peu plus que ça. Car avant même d'apprendre la non-participation de Ballack au Mondial sud-africain, Louis Van Gaal n'avait pas hésité : « Dans son rôle de milieu de terrain, Schweini est le meilleur Allemand » .

Grondé par Angela Merkel


Pourtant, il faut bien le reconnaître, on pensait que ce gars-là était un branleur et une arnaque. On n'avait qu'à moitié tort. Ou qu'à moitié raison, c'est selon. Car ce Bavarois de naissance s'est longtemps contenté de vivre sur sa gloire naissante. Une célébrité précoce en vérité : des débuts à 18 ans en équipe première du Bayern, une place de titulaire quasi indiscutable à 19, international A à tout juste 20 printemps, « un des cinq piliers » de la Mannschaft, dixit Jürgen Klinsmann à même pas 22. Vous avez dit ascension éclair ? Mais bizarrement, de nombreux observateurs restaient quelque peu sceptiques, au regard surtout de la faible concurrence tant au Bayern (années de disette) qu'en sélection (creux générationnel malgré la troisième place au Mondial 2006). D'ailleurs, la mise au ban(c) de Schweinsteiger à l'arrivée de Franck Ribéry, sans que personne ne puisse discuter ce choix une seule seconde, semblait confirmer le postulat de départ, à savoir : pas si fort que ça ce Schweinteiger. Le début de quelques galères pour l'ancien prodige. Une déprime sur le banc munichois, des velléités de départ pas bien assumées, de la nervosité en sélection avec une expulsion lors du deuxième match de l'Euro 2008 qui lui vaudra même un rappel à l'ordre d'Angela Merkel (si, si), malgré une bonne fin de tournoi. Oui, à ce moment-là, on ne donne pas très cher de l'avenir du Bavarois que l'on sent bien allez migrer vers Cologne, Fribourg ou destination sans futur du ventre mou. Et puis Van Gaal est arrivé !

Quelque chose d'Effenberg


En vrai connaisseur des exigences du très haut niveau, le Néerlandais a fait un audit du jeune homme. Et le diagnostic ne s'est pas fait attendre : trop limité pour prétendre à un rôle de milieu offensif comme le désert du football allemand le lui avait un temps permis. Mais de grosses qualités quand même, l'ami Schweinsteiger. Au choix, une bonne vitesse, une frappe de mammouth, une vision du jeu tout à fait honnête et une caisse de malade. Un dernier point qui n'a pas échappé à l'ancien mentor de l'Ajax Amsterdam. Cet élément identifié, la conclusion s'impose d'elle-même : va pour un rôle de milieu relayeur. Dans l'entrejeu, l'abattage, la tonicité et la technique fiable de l'Allemand font bien davantage de dégâts que ses passements de jambes de cosmonaute quand il officiait sur un côté. Et face à Lyon en demie, tant à l'aller qu'au retour, le blondinet a totalement bouffé tout le milieu de terrain lyonnais, même quand l'OL était en supériorité numérique. Et si le Bayern n'a pas perdu le contrôle du match après l'expulsion de Ribéry, il le doit en très grande partie à son “nouveau Stefan Effenberg” dont on s'aperçoit chaque jour un peu plus qu'il ne lui a pas piqué que la tronche.

Samedi soir, à Santiago Bernabeu, Schweinsteiger va devoir confirmer et pas face à Kallstrom et Pjanic, hein. Curieux bonhomme quand même qui à 25 ans, malgré 5 Bundesliga, 5 Coupes d'Allemagne, 73 sélections (déjà!), une finale d'Euro et une troisième place de Mondial, donne l'impression d'être seulement sur le point de vraiment prendre toute sa dimension.

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