Schweini pour la vie

La Bavière est soulagée, Schweinsteiger est délesté. Le milieu de terrain bavarois a annoncé dans mise en scène savamment orchestrée la prolongation de son contrat pour encore cinq annuités. Pour ne pas enclencher une procédure de divorce, le Bayern a fait péter la CB.

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“Moi Bastian Schweinsteiger, je te reçois Fußball-Club Bayern München e.V. / Comme club de foot et je te promets de te rester fidèle jusqu'en 2016 au moins/ Dans les victoires et dans les défaites/ Dans la santé et dans la maladie/ Pour t'aimer tous les jours de ma vie”. L'échange des consentements a eu lieu sur la pelouse de l'Allianz Arena. Pas exactement dans ces termes, mais tout comme. Au coup de sifflet final de la rencontre face à Sankt Pauli (3-0), Schweini a emprunté le micro du speaker, pris son souffle et prononcé par surprise ces quelques mots doux : « J'ai prolongé mon contrat et je reste au Bayern jusqu'en 2016. Longue vie au Bayern ! » . S'en est suivi une scène de coït collective dans le stade, avant que Bastian ne poursuive le plaisir : « Cela serait plus fort de remporter la Ligue des Champions ici qu'au Real Madrid. Nous sommes avec notre entraîneur sur la bonne voie pour y parvenir, c'est de loin la meilleure solution » . L'orgasme étant atteint au moment où le milieu de terrain embrasse l'écusson du maillot bavarois. Ne manquait que le riz.

Car en conférence de presse, il y a même eu le discours du père. Très fier de la décision de son protégé, Louis Van Gaal ne feignait pas sa joie : « Je suis un entraîneur qui travaille à long-terme. C'est un très bon signal qu'un joueur de classe mondiale comme lui reste au Bayern. Le fait qu'il ait prolongé en partie grâce à moi me réjouit » . Il faut dire que malgré les beaux yeux du Néerlandais, c'était loin d'être du tout cuit. Rappelons en effet que fin novembre, alors que les négociations piétinaient, le Goitre d'Amsterdam capitulait : « S'il ne veut pas prolonger, mieux vaut le vendre » . À l'époque, l'Europe entière était aux pieds du numéro 8. Courtisé par l'Inter, Chelsea et Manchester United, le passe-plat de l'entrejeu allemand s'était même renseigné sur le Real auprès de Sami Khedira pour voir comment ça serait là-bas s'il y était. Le but : faire jouer la concurrence pour obtenir des garanties. Notamment sur les objectifs. Détenteur d'un C.V vierge sur le plan européen et international, Basti a fait de la C1 son premier souhait dans sa liste de cadeaux de Noël. La signature de Ribéry, Müller et dernièrement Philipp Lahm ont joué dans la balance. Ainsi que la phrase de son président Uli Hoeness lors de la réunion annuelle du club en présence de 3000 fans : « Nous devons parvenir à nous qualifier pour la Ligue des Champions. N'oublions pas : la finale en 2012 aura lieu à l'Allianz Arena, et nous nous devons d'y être » . Avec Bastian, cela va sans dire. C'est désormais chose faite.

Derrière la fidélité de façade entre deux amours de jeunesse toutefois, la prise de décision s'est jouée sur le nombre de zéro alignés par le Bayern sur le chèque proposé. La presse allemande évoque un salaire annuel de 10 millions d'euros. Soit la deuxième meilleure paie de Bundesliga derrière Kaizer Franck Ribéry. Hoeness a d'ailleurs été le premier à l'admettre : « On ne s'est pas battu avec des cacahuètes, mais avec des euros sonnants et trébuchants. Il a fallu mettre le paquet. Il faut arrêter avec l'idée qu'à ce niveau, c'est le cœur et les sentiments qui décident, et non le contrat. Ce sont des joueurs professionnels et Dieu merci, il n'y a que l'argent qui entre en compte » . En dépit de l'aigreur avec laquelle il concède à balancer la cruelle réalité, Uli sait au fond de lui que c'est le prix à payer pour posséder l'un des meilleurs joueurs de rond central du monde et conserver le nouveau chef de la Mannschaft. Jeune (26 ans) et expérimenté (déjà 3 Coupes du Monde à son actif), endurant et puissant, physique et rapide, le Bavarois est le prototype du joueur moderne. Celui capable de sauver les meubles en période de crise, comme en ce début de saison. Celui capable aussi d'insuffler l'idée d'une impossible remontée.

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3 coupes du monde ?
Il est devenu international an 2004 (donc euro 2004 et 2008, coupe du monde 2006 et 2010).
ça fait donc 2euro et 2 world cup, pas 3.
"Il faut arrêter avec l'idée qu'à ce niveau, c'est le cœur et les sentiments qui décident, et non le contrat."

Un peu de vérité qui fait du bien à entendre, surtout de la bouche d'un dirigeant de club. Les joueurs devraient en faire pareil, plutôt que d'en faire des tonnes avec "l'amour du maillot".
L'un des meilleurs du monde? Vraiment?

La hype allemande.
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