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Scholes, 100 peur et sans reproche

Avant de retrouver le Milan en Ligue des Champions (victoire 3-2 à l'aller, avec un but du rouquin), Paul Scholes savoure sereinement son métier. Le devoir accompli. Le week-end dernier, il a claqué son centième but en championnat pour Manchester United. Normal.

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24 septembre 1994 - 6 mars 2010. Un peu moins de seize piges. En Angleterre, une pléthore de petites grosses du coin sont déjà en cloque à cet âge-là. Rien de surprenant. Dans le cas présent, il s'agit surtout de deux dates clés dans la vie d'un homme. Celle de Paul Scholes. Entre son premier but contre Ipswich en 1994 et celui contre les Wolves samedi dernier, 98 autres ont fini dans les filets adverses en Premier League. Ça fait 100, tout rond. Respect. A 35 piges, le "Cantona roux" traîne encore ses guêtres sur les terrains anglais. 633 matches, 148 buts (toutes compétitions confondues), la carrière de “Scholesy” à Manchester United fait de lui une légende. Le milieu de terrain a tout gagné. Un CV de brachiosaure : 9 titres de champion, 3 Cup, 1 C1 (il était suspendu lors de la finale de 1999) et une chiée de distinctions. Paul Scholes incarne le MU de Sir Alex Ferguson. Pourtant, le petit bonhomme n'aurait jamais dû réussir. Qui es-tu Paul Scholes ?

Un corps quelconque : C'est simple, le petit Paul - qui est asmathique d'ailleurs - a un corps d'enfant. Pas grand, pas élancé, pas baraqué... Un physique banal, un brin trapu. Avec son profil idoine pour bosser chez Darty, Paul s'est d'abord essayé au cricket avant d'opter pour le ballon rond. Plus jeune, il était fan d'Oldham. Un jeune Anglais avec une histoire somme toute banale.

Un hooligan du tacle : Véritable terreur des chevilles adverses, Scholes, c'est 78 cartons jaunes et 4 cartons rouges en championnat. Un vrai boucher. Pétri de talent, le milieu de terrain de Manchester a toujours taclé comme un hooligan. Mieux, il est le joueur le plus averti de toute l'Histoire de la Ligue des Champions (24 jaunes et 2 rouges). Un caïd. En retard ? Peu importe, le numéro 18 des Red Devils se lance, crampons en avant. Peu importent les conséquences.

Un pied droit redoutable : Les plus belles contributions du rouquin au football ? Des frappes de mule dans les lunettes adverses. Ses plus belles œuvres : une volée à Villa Park en dehors de la surface et cette frappe limpide dans la lunette de Valdès en demi-finale de Ligue des Champions contre le Barça. Mais il serait trop réducteur de réduire le jeu du milieu de terrain aux frappes en dehors de la surface. Scholes, c'est avant tout une vision, des transversales, des renversements, des passes décisives, des buts... ce neuf et demi est un franchise player unique.

Une vie privée banale : Pendant que David Beckham s'envoyait une Spice Girls, Paul Scholes copulait avec la même belette depuis ses quinze ans. Son amour de jeunesse, Claire, lui a donné trois marmots : Arron, Alicia et Aiden. Oui, trois prénoms en "A". Peu friand des médias, il parle rarement à la presse. Sa vie ? Il l'avait décrite très brièvement dans un quotidien britannique : « Entraînement le matin, aller chercher les enfants à l'école, jouer avec eux, prendre le thé, les mettre au lit et regarder un peu la télévision » . Ça laisse rêveur.

Un homme de principe : Paul Scholes se conjugue à merveille avec le mot fidélité. La même équipe depuis 20 ans. Les mêmes potes, Beckham, Neville, Giggs, Butt... la bande qui gagne la FA Youth Cup dans les 90's. Le même coach. La même femme. Le même numéro de maillot. Le même sponsor. Le même agent. Scholes n'aime pas le changement. En août 2004, il décide de mettre fin à sa carrière internationale (66 sélections, 14 buts) pour se consacrer à Man Utd. Un Gentleman.

Un joueur sous-médiatisé : Paul Scholes ne fait pas vendre. Le côté sexy du football ? Le rouquin a fait sans pendant toute sa carrière. Pourtant, il a été adoubé par les plus grands. De Zidane ( « Mon adversaire le plus coriace ? Scholes ! C'est le plus grand footballeur de sa génération » ), à Bobby Charlton ( « Paul est toujours sous contrôle et sa précision est terrifiante, c'est un régal à regarder » ) en passant par Marcello Lippi ( « C'est un footballeur tout terrain qui possède des qualités au-dessus de la moyenne » ). What else ?

Histoire de se régaler :











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Le même numéro de maillot? Scholes avait le 24 en début de carrière puis a opté pour le 18.
Paul Scholes n'a pas d'agent.
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