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Sautez Willy !

Marc Wilmots, c’est un peu ton pote bourré qui décide de ce que tu fais en soirée, mais que tu t’obstines à suivre, parce qu’il est quand même vachement sympa et charismatique. Seulement, il faut souvent plus qu’une bonne gestion humaine pour mener un groupe vers le succès.

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« La leçon italienne » titre La Libre Belgique. « Le temps de la réflexion » selon Het Laatste Nieuws et, irrémédiablement, « Déjà sous pression » pour Le Soir. Sans surprise, la presse du Plat Pays n’avait pas envie de rire ce mardi matin. Des manchettes qui rappellent des gueules de bois douloureuses en Belgique, de l’ordre de celles d’un lendemain d’élimination insipide contre l’Argentine en quart du mondial brésilien. Et à chaque fois cette même rengaine : cette impression d’improvisation laissée par « coach » Wilmots. Mais, dans cet océan de titres, celui qui résume sans doute le mieux cette impression d’impuissance, laissée par la Belgique lundi soir, était à aller chercher en une du Gentenaar, dans la presse quotidienne flamande. « On fait quoi maintenant coach ? »

On le soupçonnait avant l’Euro, ça risque de se confirmer. « Le Taureau de Dongelberg » , comme il est encore parfois surnommé en Belgique - alors que ses joueurs jouent, au mieux, comme des vachettes d’Interville -, est arrivé à la fin d’un cycle. Qu’il gagne, car c’est encore possible, ou qu’il perde cet Euro, c’est déjà fort probable, il lui sera sans doute préférable de quitter la sélection. Histoire d’apaiser les frustrations et d’enfin confier cette « génération en or » à un homme de tableau noir.

La gueule de bois des Belges

Des absurdités « à la belge »


Si le but n’est pas d’incriminer ad hominem le seul et unique Wilmots de tous les maux des Belges, il n’en demeure pas moins utile de s’interroger sur le sélectionneur de la génération la plus talentueuse que la Belgique ait connue. Certes, Wilmots a fait renaître un engouement certain autour de la sélection belge. Il a enchaîné les bons résultats et a ainsi replacé la Belgique sur la carte mondiale footballistiquement parlant. De surcroît, il s’est montré plutôt bon orateur durant son mandat. Une faculté qui lui a sans doute permis de faire illusion. Seulement, l’incohérence se fait de plus en plus grande, à mesure que les années passent. « De Bruyne est mon numéro 10 » , « Origi a été sélectionné pour jouer sur l’aile » sont autant de joutes verbales que Marc Wilmots s’est amusé à répéter à qui voulait l’entendre, depuis des mois, et qu’il a tout simplement envoyer paître d’un revers de la main lundi soir. Le remplacement de Lukaku à la 73e par Origi, in fine à la pointe de l'attaque, est le dernier symbole du désert d’idée dans lequel randonne Marc Wilmots.

L’homme à la chemise blanche a encore une fois montré ses limites tactiques contre l’Italie. Il a cette faculté de prendre son petit monde à contre-pied, allant jusqu’à surprendre ses propres joueurs. Au point d’aligner un 4-3-3 avec Fellaini en 10 et De Bruyne sur la droite, après avoir fait évoluer son équipe en 4-2-3-1 depuis bon nombre de matchs, sous la direction du rouquin ou d’Eden Hazard, en numéro 10. Contre une équipe ultra compacte, le choix d’aligner Romelu Lukaku - vivement critiqué alors qu'il est de notoriété publique qu'il a besoin d’espaces pour performer - sonne comme le désaveu d’un sélectionneur envers le reste de son groupe. Comme le déchirement d’un père et de ses fils.

Un groupe qui stagne


Avec Willy, la vérité d’un jour n’est donc pas forcément celle du lendemain, mais le devoir de mémoire primera toujours sur la logique. Glorifié pour son coup de poker génial - emmener Origi au Brésil en 2014 - Wilmots s’est lié d’affection pour un joueur à qui il doit forcément beaucoup. Et la présence de l’attaquant de Liverpool sur le pré du Parc OL en fin de match, lundi soir, n’est pas due à autre chose. Le problème, c’est qu’Origi a prouvé à Wilmots qu’on ne gagne pas un match sur des souvenirs et que l’improvisation ne peut être bénéfique qu’à condition de rentrer et de s’inscrire dans un cadre et une logique collective.

Justement, le collectif. Il a été inexistant chez les Diables rouges, lundi soir. Une somme d’individualités de qualité bien moindre qu’un collectif bien bâti. « Des stars sans équipe, qui ont perdu contre une équipe sans stars » , comme le résumait parfaitement un supporter belge après le match. Le constat est sévère, mais il faut s’y faire. En 4 ans, Marc Wilmots n’a jamais été en mesure d’installer, dans la durée, un fonds de jeu digne et cohérent de la qualité dont il dispose. Pas d’équipe type non plus, alors que le gros du noyau est resté inchangé tout au long de son règne despotique. Pire, depuis le mondial brésilien, il n’est jamais parvenu à instaurer un pressing efficace, épuisant souvent ses joueurs à courir dans le vide. Là où Marc comblait ses lacunes par des choix souvent avisés lors de ses remplacements au Brésil, le sélectionneur belge a fait des choix surprenants lundi. Perdu face à la mainmise tactique de la Nazionale, Wilmots a paniqué. L’effet pervers d’une réussite passée, derrière laquelle on ne s’arrête plus de courir.

Contrairement à Deschamps contre la Roumanie, Wilmots n’a jamais eu le cran de sortir son joueur-clé, Kevin De Bruyne, pourtant en deçà de son niveau habituel. Wilmots n’a aucune certitude, si ce n’est l’illusion de faire systématiquement le bon choix. « Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien. » Une phrase géniale de Socrate, dont Wilmots ferait bien de s’inspirer, lui qui a le don extraordinaire d’avoir une certitude absolue sur tout, au point de ne jamais se remettre en question. Son interview d’après-match en est la preuve. « Une victoire tactique de l’Italie ? Je ne crois pas, ils n’ont pas une seule grosse occasion en première mi-temps à part le but » , estimait Wilmots. « On a eu le monopole du ballon pendant trente minutes, mais on a fait une petite faute… Les Italiens ont réussi à inscrire un but sur leur première occasion. Les Italiens ont aussi fait des petites erreurs, mais leur finition était meilleure. »

Une conjoncture qui n’aide pas


Majoritairement fautif du naufrage des Diables, tout n’incombe cependant pas au seul Wilmots. Avec des stars à bout de souffle à l’image d’un De Bruyne, ou en plein doute, comme l’atteste la saison d’Eden Hazard, personne n’a été en mesure de sonner le glas de la révolte contre les Italiens. Pire, les joueurs belges n’ont, pour la plupart, jamais semblé vouloir mouiller le maillot. La faute à un manque de repères et de leaders. À ce titre, l’absence d’un Kompany en cristal est regrettable car, qu’on le veuille ou non, la présence du capitaine des Diables est indispensable au groupe, sur et en dehors du terrain. Autant de facteurs qui ont amorcé cet échec lors du premier match des Belges, lors de leur premier Euro depuis 16 ans. En ce sens, cette désillusion a ceci de particulier qu'en réalité, elle était annoncée et qu'en fait, la Belgique ne tombe pas de si haut qu'on pourrait le penser.

Pourtant, la presse mondiale et nationale n’a de cesse de rappeler les raisons pour lesquelles « cette équipe doit viser la finale » , prétextant une génération en or. Tous les spécialistes en Belgique s’accordent sur le fait qu’autre chose qu’une demi-finale serait un échec, oubliant bien vite qu’on ne gagne pas une compétition internationale comme on gagne un match amical ou de qualif’, grâce à des exploits individuels. C’est pourtant le cas depuis trop longtemps maintenant avec cette « génération en or » , jusqu’ici plutôt estampillée plaquée or et qui peine à briller. Les troubles sont certes profonds, mais il n'est pas trop tard pour secouer tout ça et rayonner dans cet Euro. Pour que Wilmots ne quitte pas les Diables, auxquels il a tant apporté, en désamour complet avec son public. À moins que tout ça ne soit en fait qu’un énième contre-pied de Willy pour éviter la première place et s’offrir un tableau plus favorable en évitant, notamment, l’Allemagne lors d’un hypothétique quart de finale.



Par Ludovic Uytdenhoef et Martin Grimberghs, en Belgique
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Euro 2016 - Gr. E
Italie-Belgique :
le débrief




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