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Saúl, la nouvelle fierté de l'Atlético

19 ans, et déjà héros du peuple. En une inter-saison, Saúl Ñíguez a troqué son statut d'espoir de l'Atlético pour celui d'héros du Calderón. Une mue que le nouveau Koke doit autant à son talent qu'à la folie des supporters de l'Atlético de Madrid.

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De Raúl à Saúl, il n'y a qu'une lettre. Et des histoires dont début et fin sont inversés. Raúl González Blanco, de son nom complet, a quitté la formation de l'Atlético de Madrid à 15 ans. Direction la Fábrica et son maillot blanc. Saúl Ñíguez, de 17 ans son cadet, a lui opté pour un parcours opposé. Membre du centre de formation du Real jusqu'en 2008, il a pris le cercanías – le RER madrilène – pour descendre dans le Sud de la capitale. Pas de renvoi madridista, juste la volonté de vêtir la liquette rouge et blanc. Au Centro Deportivo de Majadahonda, centre d'entraînement de l'Atlético, il a grillé toutes les étapes. Première entraînement avec le groupe pro à 15 ans, première apparition en équipe première à 17. Saúl est un homme pressé. Milieu offensif, ratisseur devant la défense, numéro cinq... Saúl est également couteau suisse. Bref, sa titularisation en lieu et place d'Antoine Griezmann, recrue vedette des Colchoneros, pour l'aller de la Supercoupe d'Espagne n'a rien d'une surprise pour les hinchas des bords du Manzanares. Des supporters qui ont fait de Saúl une fierté.

Une prise de guerre


Après Luís Figo, le Barça a eu son Luis Enrique. L'Atlético espère lui son Saúl pour oublier Raúl. La caricature est tirée, mais elle répond au sentiment général des habitués du Vicente-Calderón. Peu importe le talent, le natif d'Elche est déjà une prise de guerre. Un trésor à pouponner. Membre des équipes de jeunes de la Roja, il connaît ses débuts avec l'équipe de Diego Simeone un 8 mars 2012 lors de la réception du Beşiktaş Istanbul. Quelques apparitions et de nombreux entraînements plus tard, il fait partie du deal Leo Baptistão. Envoyé en prêt au Rayo Vallecano la saison dernière – à l'instar d'un Diego Costa en son temps –, il enchaîne les bonnes performances. D'abord au milieu, Paco Jémez l'utilise au cœur de sa défense. Sa technique et sa vision colle avec la philosophie du coach des Franjirrojos : « Il joue où je le mets, que ce soit en central, au milieu ou en pointe. Saúl t'offre du travail, de la possession, est agressif et va nous apporter énormément. » Un bonheur de polyvalence qui lui permet d'enchaîner 34 matchs de championnat à 18 ans.

Cet été, retour à la case Atlético. Diego Simeone compte le transformer de promesse en valeur sûre. De canterano lambda en Koke 2.0. Hasard du destin, c'est en remplacement de ce même Koke Resurrección qu'il avait débuté en pro. Un coéquipier avec lequel il partage de nombreux traits. « Je le vois comme Koke. Il est créatif, a une bonne frappe, est bon de la tête. Il peut nous aider cette année, commentait Diego Simeone en conférence de presse post-match aller. J'espère qu'il continuera à grandir, car c'est encore un jeune homme.  » Une comparaison qui froisserait presque l'intéressé : « J'espère être l'égal de Koke. Mais je ne crois pas que les comparaisons soient bonnes, car chaque joueur est différent, mais c'est l'exemple à suivre, surtout pour un joueur formé au club. » Toujours en zone mixte ce mardi soir, il affichait un sourire « d'une oreille à l'autre  » . Pour cause, sa prestation aurait convaincu El Cholo de le conserver, et donc de ne recruter aucun milieu supplémentaire d'ici la fin du mercato. Jorge Mendes s'en frotte les mains, lui qui a mis le grappin dessus.

La fierté du Calderón


Mieux, Saúl Ñíguez a complété un milieu 100 % fabrication maison lors de la visite du Santiago Bernabéu. Une spécialité jusque-là réservée au FC Barcelone. Pendant que Mario Suárez et Gabi alignaient les taquets dans l'axe, il devait s'occuper de l'animation offensive en compagnie de Koke. Le bilan est réussi : Saúl a été le Colchonero à mettre le plus souvent Iker Casillas à l'épreuve. « C'est une fierté pour l'Atlético que tous les milieux de terrain soient formés au club. On peut voir que le travail est bien fait depuis longtemps à la Cantera. Car ce n'était pas un amical, c'était une finale. De toute façon, chaque minute avec le maillot de l'Atlético est une finale  » , se réjouissait-il. Pour un club qui mise énormément sur son identité, la fierté est énorme. Entre sacrifice, engagement et goût de l'ordre – Diego Simeone oblige – Saúl est dans la lignée de ses comparses du milieu de terrain. Ajoutez à cela un zeste de talent, et le bougre est déjà l'une des idoles du Vicente-Calderón. À à peine 20 ans, et 11 matchs chez les grands de l'Atlético. Un « grand n'importe quoi » , qui a déjà fait ses preuves chez ces fous matelassiers.

Robin Delorme, à Madrid
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