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Santamaría : « Gagner, c’est l’essence même du Real »

Dès la création de la compétition, le Real Madrid a façonné l’histoire de la C1. Défenseur mythique des Blancos où il remporte trois C1, José Emilio Santamaria évoque avec bonheur cette époque où le Real était vraiment roi. Entretien avec une légende vivante.

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Bonjour José. Vous avez 87 ans... Comment va la santé ?
Tout est parfait. Bon, j’ai eu une petite gêne dernièrement, où j’ai dû me faire opérer de la hanche. Maintenant, je récupère doucement depuis l’hôpital, mais ça va plutôt bien. L’énergie est toujours là !

Vous habitez toujours sur Madrid ?
Sur Madrid même, non. Je vis en dehors, à environ 25 kilomètres du centre-ville. Je suis souvent au bureau des vétérans du Real, donc j’ai l’habitude de voir des anciens camarades pour des activités ludiques liées au football.

Comme suivre les matchs du Real de Madrid où vous êtes invité d’honneur, par exemple ?
Ah oui ! Je ne peux vraiment pas me plaindre du traitement reçu par le Real à mon égard... J’ai un siège attribué dans la tribune présidentielle, et les gens viennent me parler avec une affection énorme, comme si j’étais encore un joueur actuel de l’équipe ! (Rires) Généralement, je retrouve Amancio et Pachín au stade, et on parle un peu de tout : nos souvenirs respectifs, notre avis sur l’équipe actuelle, sur les matchs. J’ai l’occasion de pouvoir suivre l’actualité sportive du Real, c’est un privilège.

Benzema, pour marquer l’histoire

Est-ce que, dans la rue, les gens vous reconnaissent encore ?
Il y a des gens qui vont me reconnaître, parce que le football concerne vraiment tous les âges, et la culture pour ce sport est immense. En réalité, les joueurs sont des étapes du Real, mais certains en deviennent des légendes. Quand les gens se rendent compte de qui je suis, ils sont très amicaux avec moi. Ça me touche beaucoup.

Vous êtes une vraie légende du club. Voir le Real en lice pour une douzième C1, cela vous inspire quoi ?
Au club, quand nous avons conquis ces titres, nous savions déjà que l’avenir du club était en très bon chemin. D’une certaine manière, nous avons participé à cette réussite actuelle du Real Madrid. Aujourd’hui, nous sommes dans les tribunes, à encourager le club, comme tous les supporters. Le football a évolué de manière impressionnante. Avant, tu n’avais pas la télévision et la publicité qui servent tous les intérêts économiques du club. Nous étions de vrais amis, ce concept renforçait notre équipe. Notre amitié nous permettait d’aller vers un objectif commun : gagner, gagner et encore gagner. C’est l’essence même du Real.

« À notre époque, il fallait affronter d’autres types de difficultés... Les terrains n’étaient pas toujours en herbe, le ballon pesait très lourd, les maillots aussi. Il fallait se battre encore plus pour gagner les matchs. »

Vous veniez du Club Nacional de Football avant de signer au Real Madrid. Qu’est-ce que la vie avait de différente entre Madrid et Montevideo ?
La différence est énorme. Nous n’avions pas tant de mélange entre les continents. Avec le Nacional, l’évolution de notre championnat arrive après la victoire de la sélection au Mondial 1950. L’Europe avait ses joueurs et, de notre côté, nous avions notre championnat national. Les départs étaient rarissimes, mais le Real est parvenu à penser avant les autres, à recruter des joueurs en Amérique du Sud pour constituer une excellente équipe et aller de triomphe en triomphe. En fait, seuls les descendants de familles espagnoles ou italiennes pouvaient partir jouer en Europe. Moi, en Uruguay, je travaillais aussi dans les banques, car le football ne payait pas assez. Aujourd’hui, tout est mondialisé. À notre époque, il fallait affronter d’autres types de difficultés... Les terrains n’étaient pas toujours en herbe, le ballon pesait très lourd, les maillots aussi. Il fallait se battre encore plus pour gagner les matchs. Et à Madrid, c’est ce désir profond pour la victoire que le club a gardé. Quand un match est équilibré, le Real se bat jusqu’à la fin pour faire la différence.

Vous faites sûrement référence à Sergio Ramos là-dessus... Comment le considérez-vous, en tant qu’ancien défenseur central du Real ?
Sa force et sa condition physique m’impressionnent. Il est encore jeune, et il possède encore du potentiel pour s’installer dans la durée. Son ambition débordante l’amène à marquer beaucoup de buts, c’est aussi un vrai plus pour un défenseur.

Le Real avait déjà remporté les deux premières C1 de l’histoire, contre Reims et la Fiorentina. Vous arrivez dans un vestiaire de stars : le récent Ballon d’or, Alfredo Di Stéfano, Raymond Kopa, Francisco Gento et Héctor Rial, votre ancien partenaire au Nacional... Comment est-ce que le vestiaire vous a accueilli à l’époque ?
Héctor Rial avait intégré l’équipe après le Mondial en Suisse, il était là pour m’accueillir au départ. Bon, Rial ne prenait pas trop de maté comme le font beaucoup d’Uruguayens, donc je ne pouvais pas l’inviter à en boire chez moi. Ensuite, cette équipe était une bande d’amis, très soudée. Je venais d’une famille d’origine galicienne, et ma façon de jouer permettait au club de bénéficier d’un défenseur avec une bonne vision du jeu. J’étais central, Marquitos à droite et Zárraga à gauche, en 3-4-3. C’était un football très ouvert.

Le Real, où Di Stéfano était déjà une incroyable machine à marquer, empilait les buts. Comment est-ce que vous le situez par rapport à Cristiano Ronaldo aujourd’hui ?
Que tu appliques un 3-2-2-2-1, un 4-4-2 ou un 4-2-4, tu te rends compte de la variété des schémas. Pour moi, les grands joueurs s’adaptent toujours aux schémas, quel que soit le poste où on les place. La caractéristique de l’attaquant complet, c’est la vitesse, le dribble et le sens du but. Sur ces trois aspects, je pense que Di Stéfano et Cristiano Ronaldo se valent, seules les époques changent.

« Je n’ai connu qu’une seule petite amie dans ma vie. Elle est devenue ma femme et nous avons eu des enfants. La vraie facilité, c’était d’avoir connu l’amour de ma vie très tôt. »

Vous gagnez la Ligue des champions, et les stars continuent d’arriver : Ferenc Puskás, Luis Del Sol, Didi... Qu’est-ce qui poussait les meilleurs joueurs à intégrer le meilleur club du monde malgré la concurrence ?
La notion de meilleur club du monde reste subjective, chacun possède sa propre vision des choses. Ce qu’il faut pour jouer au Real, c’est d’abord une grande discipline afin de remplir les objectifs de victoire. Chaque joueur qui signe au Real, c’est parce que l’on sait qu’il peut finir par briller.

L’apogée de votre règne arrive en 1960, où vous écrasez l’Eintracht Francfort en finale (7-3). Quelle était la force de votre équipe ?
Effectivement, c’était sans doute notre campagne la plus aboutie. Je me souviens très bien qu’avant la finale à Glasgow, la presse voyait notre équipe comme vieillissante, on pensait qu’elle allait souffrir contre Francfort, beaucoup plus jeune... Finalement, nous avons marqué sept buts. Ce jour-là, les personnes se sont rendu compte que le Real cultivait la victoire.

Aujourd’hui, les joueurs du Real sont des stars internationales et très sollicitées. Cela attire aussi la gent féminine... Vous aviez le succès facile avec les femmes, José ?
Je n’ai connu qu’une seule petite amie dans ma vie. Elle est devenue ma femme et nous avons eu des enfants. La vraie facilité, c’était d’avoir connu l’amour de ma vie très tôt. Je l’ai connue à Montevideo, à 400 mètres de ma maison d’enfance. Une fois cela réglé, mon activité c’était d’aller m’entraîner, puis travailler à la banque. Parfois sans manger. Et quand j’arrivais à sept heures du soir chez moi, je mangeais mon dîner et j’allais me coucher parce que le lendemain, l’entraînement m’attendait. Aujourd’hui, ma femme a 84 ans... Bon, nous avons toujours nos petites disputes quotidiennes, mais l’amour dure toujours ! (rires)

Aujourd’hui, Zidane peut devenir le premier entraîneur depuis Sacchi à remporter deux C1 consécutives avec le même club. Quel regard portez-vous sur la Ligue des champions actuelle ?
C’est difficile de pouvoir répondre à cela, parce que je ne vis pas cette compétition comme footballeur, je la regarde juste. Aujourd’hui, il y a plus de matchs dans le calendrier, mais aussi plus de joueurs dans chaque effectif. L’un dans l’autre, cela se compense à mon avis. Pour cette finale, je vois que le rival du Real Madrid est la Juventus, un très grand club, lui aussi chargé d’histoire.

Où est-ce que vous allez regarder la finale samedi ?
Là, c’est un peu compliqué de me déplacer parce que le médecin ne m’a pas donné d’autorisation. Pour aller à Cardiff cette année, ça s’annonce difficile. Mais bon, je vais trouver le moyen de regarder ce match devant ma télé. Je signerais bien pour un 1-0 sans encaisser de but... Si le match se passe bien, je me ferai un petit maté pour fêter ça. Et dans le cas contraire, ce sera une bonne bière.


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    Propos recueillis par Antoine Donnarieix
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    Dans cet article

    "Perdre, c'est l'essence même des autres clubs."

    Ca sonnerait pas plus arrogant.
    Tout à fait d'accord, et je te mets un +1 pour contrebalancer le -.

    D'ailleurs, petit coup de gueule en passant, marre de ces couillons qui distribuent leurs mauvais points car leurs avis sont différents et ne prennent même pas la peine d'argumenter.
    1 réponse à ce commentaire.
    Fred Astaire Niveau : Ligue 2
    Note : 1
    Santamaria, Gento, Santisteban, Pachin, Del Sol, Araquistain, Amancio: les dernières légendes encore parmi nous.

    Toutes les nouvelles stars ne réussisaient pas toujours, tel le brésilien Didi: Incapacité d'adaptation à la fois pour des raisons techniques (rapidité, rythme du jeu) et pour des raisons humaines (opposition latente de Di Stefano).
    Il ne dispute que 19 matches de Liga lors de la saison 59-60.
    Il est parfois crédité, à tort, d'une C1 en 60, alors qu'il ne joue aucune rencontre.
    gaucherforever Niveau : CFA2
    C est quand même énorme Didi au Real.C est le maître a jouer du Bresil de l époque.. S il s etait imposé au Real il aurait clairement fait de l ombre a Di Stefano...
    Ce commentaire a été modifié.
    O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
    C'est pas plus mal qu'il ne se soit pas imposé au Real. Son retour a fait beaucoup de bien à Botafogo ;)
    2 réponses à ce commentaire.
    J'ai un mauvais souvenir de Santamaria.

    Il fut le sélectionneur de l'équipe d'Espagne de triste mémoire en 82.

    Mais bon. Je le félicite pour sa longévité et sa gloire passée!
    O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
    Note : 2
    D'ailleurs, pour les plus jeunes, un petit résumé du joueur Santamaria :

    https://m.youtube.com/watch?v=m1Z8gF6DbNs
    1 réponse à ce commentaire.
    Luis suarez Niveau : DHR
    Je respecte M. Santamaria qui après tout a gagné la LDC et pas avec n'importe qui.

    MAIS ce message que j'ai déjà vu plus d'une fois sur la victoire, la gagne qui seraient l'essence du Real, me rappelle pourquoi je trouve, et je ne vais pas me faire que des amis sur ce coup, que ce club n'a pas une âme, à l'opposé de Liverpool, le Milan, le Barça, et bien d'autres clubs.

    Pour faire une analogie avec les sélections, les Brésiliens pourraient te dire que leur essence, c'est la gagne, mais non, le Brésil c'est bien plus que ça : le joga bonito, les artistes du ballon, un amour démesuré du foot. Les italiens eux, c'est la gagne dans l'adversité, face aux éléments contraires (Rossi en 1982, le Calciopoli en 2006°. Bref, quand tu vas leur demander, ces gens là te diront on gagne mais notre équipe c'est bien plus que ça.

    Le Barça : mes que un club, la résistance face à Franco qu'on aime ou pas ça façonne un club. Liverpool et la classe ouvrière, la lutte, le Heysel. La Juve et ses scandales, sa resistance dans l'adversité et ses joueurs emblématiques qui se donnent pour le club comme en 2006. Ce que je veux dire, c'est que les supporters aiment autre chose dans leur club que la simple gagne.

    Puis tu prends le Real : alors oui, on a tous rêvé devant Zizou et Ronaldo, mais ces joueurs là ont brillé avant le Real. Mais des stars y en a partout. De la hargne, de la combativité va en Premier League tu auras ta dose. Bref, ce club revendique des valeurs qui sont partagées par tous les clubs de la planète mais à part ça, rien.
    Tu te trompes. Le Real a une identité bien à lui.

    Tu as raison : La gagne, ça ne veut rien dire, tous les grands clubs jouent la gagne.

    Et le Real a traversé, comme tout le monde, des périodes plus ou moins longues sans rien gagner (de significatif).

    Comment définir l'identité du Real? C'est le club en même temps de l'institution (de la capitale, du gouvernement central) et du petit peuple (qui aime s'identifier au pouvoir en place). C'est très complexe.
    Cette finale oppose deux clubs qui se ressemblent. Deux institutions nationales à la fois très décriées et très populaires.
    Peñarol mi Amor Niveau : Ligue 1
     //  12:56  //  Aficionado del Uruguay
    Note : 6
    Le Real, club du pouvoir en place ? Certainement pas sous Bernabeu en tout cas, qui a pris le parti des nationalistes pour une raison très simple : il était conservateur et, surtout, monarchiste. Franco n'intéressa jamais Bernabeu, ni le Real d'ailleurs. L'inverse est vrai par contre, les succès du Real étant systématiquement récupérés par la junte.

    Bernabeu s'en foutait d'ailleurs à tel point, du franquisme, qu'il n'a en fait jamais cédé à aucune des volontés du franquisme, concept d'ailleurs sans doute trop complexe pour le détailler profondément ici...

    Et ce en risquant quelques-fois même directement sa vie, assez notoirement d'ailleurs contre les fous furieux phalangistes qui voulaient incruster son club, car ça Bernabeu l'a fait! Et inutile de chercher ailleurs, il fut tout simplement le seul cadre du foot espagnol à avoir posé ses couilles sur la table comme cela, immense respect pour ça !

    Quant au succés du Real de Bernabeu, le recete était simple: prise de risques calculée jusqu'au moindre peseta et auto-financement, le satde fut construit par des emprunt et grace aux socios...rien d'autre...

    Bernabeu était d'ailleurs l'un des tout premier président de club à avoir senti que l'apport de footballeur sudam (même si c'étaient alors des seconds couteaux: Di Stefano, Santamaría...) et hongrois, football ayant alors tant d'avance sur le "Reste du Monde étaient fondamentale dans le dévloppement culturel du jeu en Europe...

    Autre chose, Bernabeu n'a jamais dépensé plus que de mesure, rien à voir avec ce qui se fait aujourd'hui par Perez (qui n'a strictement rien à voir avec Bernabeu, ce dernier doit d'ailleurs se retourner dans sa tombe en voyant ce que son club est devenu aujourd'hui...) un exemple ? Pour "s'offrir" Di Stefano, Bernabeu dut vendre Luis Del Sol 4 à 5 fois plus cher que l'indemnité demandé par River Plate pour El Rubio...

    Real et Coupe d'Europe ? Ben c'est simple: Bernabeu fut l'un des premiers à croire en ce modéle de coupe, un immense mérite lui en reviens aujourd'hui...

    Bref, vérité toute froide et factuelle: le Barça fut avec l'Atletico et le Betis l'un des 3 clubs du régime. Le reste tient à un enfumage médiatique et idéologique vieux d'un demi-siècle. Tout est désormais bon pour salir la mémoire de Bernabeu par les petites frappes acculturées en Espagne et dans le Monde, sans aucune recherche historique ou de vérification, c'est bien dommage...

    Quant à la Juve, rien à voir, club du pouvoir profond italien dés le début des années 20, avec la pour le coup de sacrées "casseroles" (je reste gentil, lol...)
    Note : 1
    Di Stefano, un second couteau? Argh! Je suis choqué!

    Mais tu as raison. Une vraie star sud-américaine de l'époque ne partait pas en Europe. A l'époque, le football sud-américain était supérieur au foot européen. Tant du point de vue technique (sur le terrain, " en la cancha') que culturel (dans la tribune).

    Tu as raison aussi de défendre Bernabeu. Mais aujourd'hui, le Real est réellement devenu le club du pouvoir. Si ce n'est du pouvoir étatique espagnol c'est celui de l'argent. Perez est un oligarque.

    Sur la Juve, t'es dur! Des casseroles, toutes les grandes institutions sportives en traînent des kilomètres derrière leur sillage. Club de l'état profond, OK. Mais aussi club de grands champions (plein de sud-américains d'ailleurs, surtout argentins), club extrêmement populaire également dans l'Italie du sud et parmi la diaspora italienne.
    Ce commentaire a été modifié.
    Fred Astaire Niveau : Ligue 2
    Note : 1
    Bonne anlyse pour démonter l'idée reçue et tenace Real club de Franco.

    "(même si c'étaient alors des seconds couteaux: Di Stefano, Santamaría...)"
    Par contre c'est plus fort que toi, faut toujours que tu tacles Don Alfredo.

    "Pour "s'offrir" Di Stefano, Bernabeu dut vendre Luis Del Sol 4 à 5 fois plus cher que l'indemnité demandé par River Plate pour El Rubio..."
    Je ne comprends rien à cette phrase (ou je suis mal réveillé), y a pas une confusion de noms ?
    Quel rapport entre Di Stefano recruté en 53 et Del Sol arrivé en 60 ?
    Ce commentaire a été modifié.
    Fred Astaire Niveau : Ligue 2
    Mario,
    Moi aussi, je suis choqué: appelons ZizouGabor à la rescousse pour le défendre .
    Je ne prétends pas m'y connaître sur le sujet mais ton commentaire me laisse perplexe : le Barça club du régime? Autant j'entends bien, Bernabeu n'était pas franquiste, mais en quoi le Barça l'était alors? N'y vois aucune malice de ma part, je me pose simplement la question!
    Je n'ai pas d'avis sur la question, mais j'apporte mon soutien à @penarol, qui est l'un des seuls, sur ce site, à osé égratigner, avec de la mauvaise foi quelques fois, nos idoles et préjugés, et toujours de manière élégante et argumentée, ce qui crée des débats très intéressants pour nous autres, profanes de cette époque...

    Je lirais la suite de votre discussion avec attention :))
    "le Barça fut avec l'Atletico et le Betis l'un des 3 clubs du régime."

    J'aimerais bien que tu sois plus explicite si cela ne te dérange pas. Parce que dit comme ça, tu mériterais une pluie de -1.

    Mais vas-y je t'en prie, exprime-toi. Je me ferai mon opinion après.
    O Alegria Do Povo Niveau : Ligue 1
    Note : 4
    Peñarol,

    si le Barça fut favorisé par le franquisme (avec l'Atlético et le Bétis comme tu le soulignes), n'oublions pas que ce fut à son corps défendant. Le Généralissime n'a mis la main sur le club qu'après avoir fusillé le président Sunyol et profité de la désertion du vestiaire (les uns ayant rejoint le camp républicain, les autres profitant de la tournée de 37 pour demander l'asile politique).

    Le Barça sous tutelle franquiste est un club fantoche. Un club qui vit sous occupation ennemie. Un club tellement instrumentalisé qu'il laisse le Real remporter 11-1 la demie-finale de copa après s'être fait "rappeler à l'Ordre" à la mi-temps.
    Le Barça s'est fait défigurer le palmarès sous Franco. D'ailleurs aucun catalan véritable ne reconnait les titres acquis durant cette période (essentiellement des coupes, qui permettaient à Franco de démanteler le catalanisme du Barça de l'intérieur, c'est-à-dire la salle des trophées).

    Période compliquée à démêler à vrai dire, tant Franco ne comprenait rien au football et en abusa pourtant par tous les orifices.
    Ce commentaire a été modifié.
    Si Peñarol voulait parler du Barça comme "club du régime" de la façon dont Alegria en parle, alors ok, on peut le dire.

    Y'a juste eu un quiproquo de ma part. Mea culpa.
    Note : 3
    Ce que dit Alegria do Povo me semble correct. Il est évident que Franco n'en avait rien à caler du foot. Il cherchait à l'utiliser pour amadouer les masses. Et "donner" des coupes d'Espagne (appelées "coupe du Généralissime" et maintenant "coupe du roi") au Barça, ça sert bien entendu à calmer le catalanisme. Idem pour le Betis, alors que le communisme et l'anarchisme étaient très présent en Andalousie (avant la guerre mais encore après).
    Le Real il servait pas à grand chose sur ce plan au départ. C'était une équipe soutenue par des monarchistes et le roi ça le faisait chier. Mais franquistes et monarchistes avaient été alliés et il devait faire avec. Puis, quand il a vu que le Real acquérait du prestige en Europe et devenait pour ainsi dire le club représentant l'Espagne à l'extérieur, il a vu tout le profit politique qu'il pouvait en tirer.
    Le fait est que Real ne gagne pas un championnat sous Franco avant 54. C'est pas Franco qui les a fait gagner ensuite, c'est l'arrivée de Di Stefano qui a tout changé. Dans l'actualité, vous n'avez qu'à voir que c'est pareil pour le Barça, c'est Messi qui leur donne des C1 sinon ils n'en auraient toujours qu'une seule.
    *deux, on oublie Ronnie trop souvent ;)

    Sinon, merci pour ces commentaires @gonzolo et @alegria :)
    Tres interessante conversation, merci les "anciens" (?)
    heureusement que ce n'est que ton avis
    15 réponses à ce commentaire.
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