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  2. // 23e journée
  3. // Real Madrid/Villarreal (4-2)

Sans Ronaldo, un Real à plein Bale

Face au solide Villarreal de Marcelino, le Real Madrid n’a pas failli. Mieux, avec une victoire pleine d’autorité, 4-2, les Merengues prennent les commandes provisoires de la Liga et affichent un jeu des plus séduisants. Et Karim Benzema, auteur de deux buts, y est tout sauf étranger.

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Real MadridVillarreal : 4-2
Buts : Bale (7e), Benzema (25e, 76e) et Jesé (64e) pour le Real. Mario (42e) et Dos Santos (69e) pour Villarreal.

Ce sous-marin jaune avait une belle gueule de torpilleur. Il s’est mué en Koursk. Malgré l’absence de sa seigneurie Ronaldo, le Real Madrid n’a pas tangué. Une victoire compliquée, mais méritée sur le score de 4-2 qui le place provisoirement en tête de la Liga – l’Atlético joue dans la foulée à Almería, le Barça demain à Séville. Ce succès est dans la continuité de l’excellent mois de janvier des Madrilènes : un jeu enfin en place, parfois somptueux, qui prend d’autant plus d’épaisseur grâce à quelques solistes merengues. Ce soir, tous les joueurs du secteur offensif ont régalé. Bale, avec une pression monstre sur ses épaules, a répondu présent en ouvrant le score et distillant des centres au cordeau. Jesé assume, lui, son statut de nouveau Raúl, pendant que Luka Modrić remplace d’illustres prédécesseurs comme Figo dans les cœurs madrilènes. Mais, cocorico, c’est Karim Benzema qui a de nouveau sorti une partition à conjuguer au plus-que-parfait. Bien physiquement, le Français, auteur d’un doublé, est peut-être ce qui se fait de mieux actuellement en numéro neuf – le coquin Luis Suárez boxant dans une autre catégorie. Bref, l’absence de Ronaldo pourrait s’avérer plus que profitable à ses coéquipiers. Un comble.

Bale se promène, Mario n’est pas un rigolo

La titularisation d’Illarramendi mise à part, pas de nouveauté dans le onze d’Ancelotti. L’hypocondriaque Bale est dans la place, remplaçant numériquement Cristiano Ronaldo. Il ne lui faudra que quelques minutes pour se mettre en avant – et sûrement en Une dominicale des quotidiens madrilènes. À une chevauchée de Jesé (5e), Bale répond deux minutes plus tard par un but qui ne doit rien à personne. Enfin, si, à la passivité du central adverse Dorado qui trouve le moyen d’envoyer le Gallois crucifier un Sergio Asenjo esseulé. Avec cet avantage rapide, le Real Madrid peut gérer. Sur un rythme de sénateur, il frôle souvent la suffisance et parfois l’excellence. Car ce Villarreal est joueur. Avec ses petites mobylettes techniques devant, les combinaisons s’enchaînent. Mais restent trop insignifiantes pour ennuyer Diego López. À donner le bâton, le club de Castellón se fait donc punir. Sur un nouveau débordement de monsieur 100 patates, Benzema est à l’affût au premier poteau. Asenjo ne peut dévier le ballon qu’au fond des filets. À 2-0, le match semble plié. À moins que… À moins que Mario, arrivé pleine balle dans la surface depuis son aile droite, n’enchaîne une frappe qui troue la lucarne merengue. À 2-1, tout reste à faire, donc.

Jesé dans les pas de Raúl

Dès la reprise, coup de froid sur le côté gauche de la défense madrilène. Après avoir remplacé Marcelo en première mi-temps, Coentrão doit laisser sa place à Arbeloa. C’est donc sur l’aile droite et tous ses automatismes que le jeu penche. Après un superbe échange avec Bale, Carvajal oublie Benzema en retrait et croise sa frappe. Dans la foulée, le Français est accroché dans la surface, mais l’arbitre ne siffle pas. Les poulains d’Ancelotti, eux, restent dans leur match. Et sur une superbe ouverture de Di María, la hype Jesé dévie de l’extérieur le ballon qui termine sa course dans les filets. Du grand art qui n’est pas sans rappeler un certain Raúl. Mais le grand bonhomme de cette rencontre ne vient pas des Canaries, mais de la banlieue lyonnaise. Malgré un superbe coup franc de Dos Santos (69e, 3-2), le Français creuse de nouveau l’écart quelques instants plus tard. Sur un contre d’école entamé par Ramos, la Benz échange avec un Jesé qui lui remet à l’entrée de la surface. Peu puissante, mais d’une précision chirurgicale, sa frappe fait mouche. Le Bernabéu chavire dans l’ivresse. D’autant plus que Luka Modrić, artiste des terrains, régale l’audience de l’ex-Chamartin de ses sucreries. Oui, ce Real est un vrai régal.

Par Robin Delorme, au Santiago Bernabéu
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