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Sans emplois aidés, le foot amat' comate

Pendant que l'élite du football français se gargarisait de la venue de Neymar au PSG et des futurs débouchés qu'elle implique pour la Ligue 1, le football amateur encaissait un uppercut en pleine tronche, après que l'exécutif a annoncé la fin du recours aux emplois aidés. Un type de contrat indispensable au bon fonctionnement voire à la survie de nombreux clubs non professionnels, ni rentables ni autosuffisants sans l'apport des subventions de l'État.

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« Coûteux et inefficaces. » À l'heure d'effectuer début août le bilan de l'efficacité des emplois aidés – ces contrats financés en partie par l'État pour favoriser l'insertion professionnelle –, la ministre du Travail Muriel Pénicaud n'y allait pas par quatre chemins. Elle annonçait ainsi réduire le budget consacré à la mesure. Quand 459 000 personnes bénéficiaient de ces coups de pouce contractuels en 2016, il ne devrait plus y en avoir que 320 000 en 2017, et 200 000 en 2018. De quoi couper le souffle au sport amateur et notamment à de nombreux clubs du football hexagonal.

L'impasse


« C'est simple : sans aide financière, on n'est pas apte à embaucher quelqu'un 35 heures par semaine. Là, on n'a plus aucun salarié à temps plein et 300 licenciés sur les bras dont il faut s'occuper. Alors oui, c'est très très compliqué pour nous. » Dominique Mongiat, le président du football club du pays Aiglon (Orne), s’exprime lentement, d’une voix qui reflète un mélange de colère contenue et de lassitude. Le pays Aiglon s'est vu refuser le renouvellement du contrat aidé d'Adrien, son seul employé, et son club morfle déjà : « Il faisait 20 heures sur les terrains et 15 heures d'administratif. C'était le socle de notre association... Depuis qu'il n'est plus salarié, j'ai dû doubler mes heures... Adrien est resté pour travailler bénévolement avec nous, mais quand il aura trouvé un emploi, on ne se voile pas la face : ce sera la catastrophe. » D'autant plus que moins de salariés signifie également moins de licenciés. « On va devoir refuser des inscriptions. On n'a pas assez de personnes pour s'occuper de tout le monde. » Une vraie impasse financière, puisque, en moyenne, le coût d'inscription des licences représente entre 25 et 30% des ressources des clubs amateurs.


Un constat alarmant que partage également Joël Abela, le délégué syndical de l'Association française du football amateur (AFFA) : « Le recours aux emplois aidés est généralisé dans le foot amateur, où les clubs n'ont pas de sponsors et ne sont pas calibrés pour être rentables. Les supprimer, ça revient à broyer les clubs. Ça va être vraiment très grave. » Heureusement, certains avaient déjà prévu le coup, comme Pascal Courtault, le président du club du C.AM Montrichard (Loir-et-Cher) : « J'ai eu la chance d'avoir renouvelé deux contrats à la fin du mandat de François Hollande. Mais j'ai plein de collègues présidents qui ont embauché des gars en emplois aidés pendant le mois d'août, sous Macron. Dans ce cas-là, les contrats sont révoqués d’office... Donc, aujourd'hui, ils sont dans une vraie galère. » S'il a préservé son club sur le court terme, ce dernier ne se fait pas d'illusion : « Quand on ne bénéficiera plus de ces aides-là, on sera au pied du mur. »

« Système féodal »


Alors que faire ? Se rebeller et exiger de la FFF, pas très prolixe sur le sujet jusqu'ici, qu'elle se prononce fermement contre la fin des emplois aidés et augmente les moyens à destination des clubs non professionnels ? « Compliqué » , selon Eric Thomas, le président de l'AFFA. Selon lui, le système de gouvernance du foot français repose sur la crainte des clubs amateurs de voir leur financement se réduire encore s'ils décident de taper du poing sur la table : « On assimile ça à un système féodal : le président de club a peur de celui de District qui a peur de représailles du président de Ligue qui dépend lui-même de la direction de la Fédération française. »


Un climat propice à la désunion des clubs, qui doivent parfois s'écharper entre eux pour gratter le moindre financement : « Pour négocier, il faut être en position de force, mais les clubs amateurs ne sont pas unis. Ils se tirent même parfois dans les pattes pour survivre, mais c'est pas comme ça qu'on y arrivera. » Surtout, le leader de l'AFFA dénonce depuis des années le mode d'élection du président de la FFF, qui est choisi par un collège de grands électeurs, perçus par les présidents de clubs amateurs comme peu concernés par le sort du football de proximité : « Ce sont 216 personnes qui votent pour plus de deux millions de licenciés. Ça n'a aucun sens... Au basket, au rugby, tous les clubs votent, seul le football fonctionne comme cela ! »

La loi du marché


L'hypothèse d'une contestation musclée du foot du bas de l'échelle apparaît d'autant plus farfelue qu'à peu près tous les présidents bénévoles s'accordent sur une chose : ils sont au bout du rouleau. Et ne pètent donc pas vraiment le feu pour faire la révolution. « Les bénévoles sont épuisés, c'est pour la plupart des retraités, hein » , souligne Joël Abela. « Après s’être occupé de notre club, on n'a plus l'énergie pour faire autre chose » , confirme Dominique Mongiat. Déjà plutôt ténue, la voix du foot amateur n'est donc sûrement pas près de se faire entendre.



La filière manque notamment de porte-parole capables d'occuper l'espace médiatique, malgré le soutien de grands noms comme Emmanuel Petit ou, plus récemment, de Raymond Domenech, qui twittait fin août : « Fin des emplois aidés ce sera la fin des petits clubs qui ne pourront plus embaucher d'éducateurs. Merci pour eux. » De quoi augurer à terme des jours bien sombres pour le football local.


« Ça reste à voir, mais je n’imagine pas trop la FFF réagir à la fin des contrats aidés. Elle confirmera sans doute qu'elle n'agit que comme une entreprise. Une firme certes rentable, mais sans projet politique derrière » , conclut Éric Thomas. Loin, très loin de la réalité d'un foot amateur déficitaire et incapable de se plier à l'implacable loi du marché. Mais qui reste pourtant un vivier de formation inégalé : «  Les joueurs se forment d'abord au niveau amateur. Mais ça, tout le monde l'oublie. Finalement, c'est encore une vision court-termiste qui l'emporte. »

Par Adrien Candau Tout propos recueillis par AC
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