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San Paolo Maldini

Au panthéon des icônes milanaises, son nom brille un peu plus que les autres. Pendant un quart de siècle, l'histoire de Paolo Maldini à l'AC Milan a été celle d'un joueur qui n'a jamais cessé de frôler la perfection. Retour sur la carrière d'un homme devenu le prototype du défenseur suprême.

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#1: Paolo Maldini

Il y a d'abord cette anecdote de jeunesse, si révélatrice du joueur qu'il était destiné à devenir. À douze ans, Paolo Maldini, pourtant droitier, est replacé au poste d'arrière gauche par les entraîneurs des équipes de jeunes du Milan. Le gamin décide alors de s’exercer sans relâche, des heures durant, à frapper la balle avec son pied faible, et ce, jusqu'à ce qu'il soit aussi à l'aise du gauche que du droit. Car depuis qu'il a vu la photo de son padre, Cesare, tenant la Coupe des clubs champions, le jeune Paolo sait précisément ce qu'il veut : « Dès le moment où j'ai vu cette photo, j'ai voulu reproduire sa réussite. » Mais à Milan, les accomplissements de Paolo vont dépasser ceux de son paternel. Atteignant même des sommets jamais égalés par aucun autre joueur rossonero.

Conte de fées moderne


La quête de perfection de Maldini au Milan prend forme dès ses débuts en professionnel. Paolo est âgé d'à peine seize ans quand il est aligné en janvier 1985 face à l'Udinese, devenant le plus jeune joueur de l'histoire du club lombard à débuter en équipe première. Dès la saison suivante, il s’impose comme un titulaire indiscutable de la défense rossonera. À 17 ans, Maldini sidère déjà ses coéquipiers. Franco Baresi, l'idole de Paolo, le prend sous son aile, mais constate que le gosse sait déjà tout faire, ou presque : « Il était vraiment très jeune. J'ai essayé de lui donner quelques conseils. Mais il n'en avait quasiment pas besoin. C'était déjà un grand joueur. » Tenant indiscutable du poste de latéral gauche, Maldini a déjà deux C1 en poche quand le cycle d'Arrigo Sacchi à Milan arrive à son terme. Il n'a alors que 23 ans. Le 18 mai 1994, à la suite de la suspension de Baresi, c'est en défense centrale que Paolo est aligné face au Barcelone de Cruyff. Un match qui voit le Milan de Capello broyer la machine catalane dans une finale de C1 folle de bout en bout. Impérial, Maldini annihile alors complètement les rares étincelles offensives de Romário et Stoichkov.

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Bientôt aussi à l'aise dans l'axe qu'à gauche de la défense lombarde, Maldini hérite logiquement du capitanat après la retraite de Baresi en 1997. À 29 ans, treize saisons passées sous le maillot rossonero et une moyenne de plus de trente matchs disputés chaque année depuis ses débuts, sa carrière a déjà une dimension mythique. « Son aventure avec le Milan ressemble à un conte de fées, vraiment » , s'émerveille alors son équipier Demetrio Albertini. Un conte auquel Maldini va ajouter d'autres glorieux chapitres, en remportant notamment deux Ligues des champions supplémentaires en 2003 puis 2007, la seconde à 38 ans passés. Quand il prendra sa retraite deux ans plus tard, le constat est là, monumental. Depuis ses débuts en 1985, la continuité de sa carrière et la régularité vertigineuse de ses performances sont sans doute inégalées dans l'histoire du club. Même des légendes de la trempe de Van Basten, victime de son physique fragile, Rivera, parfois remis en question par les critiques et Baresi, qui a connu les heures sombres du Milan pré-Berlusconi, ne peuvent revendiquer un CV individuel et collectif aussi exempt de fausses notes.

L'homme sans âge


Néanmoins, si Maldini a autant marqué la mémoire collective des tifosi rossoneri, ce n'est pas seulement pour son palmarès hors du commun. Mais aussi parce qu’il a été la synthèse parfaite d'un Milan à la fois fidèle à ses traditions et ancré dans la modernité. «  Maldini est le symbole du Milan parce qu'il a apporté de la continuité : il a incarné à la fois les valeurs passées du club et sa dimension moderne » , relève Gianni Rivera. De par ses caractéristiques techniques, d'abord. Maldini a toutes les qualités des grands libéros des années 1980 et 1990 – facilités évidentes balle au pied, excellent sens de l'anticipation et du placement –, mais aussi les attributs physiques des défenseurs modernes, de par sa taille avantageuse (1m87), sa vitesse de course et son endurance. Son attitude sur le pré est également dans le prolongement du style imprimé par son modèle, Franco Baresi : sobre, efficace et propre. En 902 matchs officiels avec Milan, Maldini n'a récolté que deux cartons rouges, un bilan ahurissant pour un défenseur. «  En plus de vingt ans de carrière, il n'a tout simplement jamais fait de geste méchant ou disgracieux » , synthétisait ainsi le journaliste italien Tommaso Pellizzari.

Symbole vivant


Le défenseur lombard incarnera aussi le maintien d'une tradition appelée à disparaître au sein d'un football italien de plus en plus mondialisé : celle du joueur bandiera, qui effectue toute sa carrière au sein d’un seul et unique club. Maldini concédera bien avoir pensé un jour à quitter le Milan, sans pour autant passer à l'acte : « Vialli m'avait proposé de le rejoindre à Chelsea en 1996. J'ai pesé le pour et le contre de son offre parce que j'avais été blessé par certaines choses qui avaient été dites sur l'équipe et moi. Finalement, j'ai préféré rester dans mon club de cœur. Ça a été la première et la dernière fois que j'ai envisagé un départ. » Geste rarissime dans le football moderne, Paolo acceptera aussi une réduction de 30% de son salaire en 2003, pour prolonger son contrat « par amour du Milan » . Un amour que l'infime minorité d'ultras qui l'ont sifflé lors de son tour d'honneur à l'occasion de son dernier match en mai 2009 ne pourra pas tarir. Car, comme le décrivait l’ancien international italien Alessandro Altobelli, « quand vous parlez de Maldini, vous évoquez le symbole vivant d'un club, un joueur qui représente à lui seul une époque » . Signe qu’aujourd'hui et pour longtemps encore, le mythe du Milan entre en résonance avec un joueur plus qu'avec tous les autres. Un joueur qui s'appelle Paolo Maldini.

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