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Samp, un moment de Gênes

Sans la moindre victoire depuis deux mois, la Sampdoria est à un point de la zone de relégation. Si face au Milan AC, ils ne se foutent pas un gros coup de pied au cul, dans quelques heures, ils seront à deux points du premier non-relégable.

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Personne. Non. Personne n'aurait imaginé, au début de l'année, que la Sampdoria puisse vivre une telle situation. Quatrième l'an passé, étincelante avec son duo tricolore Cassano-Pazzini, la Samp avait fait vibrer l'Italie. Le 25 avril 2010, elle se permettait même le luxe d'ôter un titre qui tendait les bras à la Roma. Un an tout rond plus tard, l'équipe est à un pas du gouffre. Un gouffre singulièrement appelé Serie B. Méconnaissable, orpheline de ses deux idoles, la Gênes rive bleue danse avec la mort depuis plusieurs semaines. Des défaites qui s'enchaînent, une dégringolade inexplicable et surtout, des joueurs résignés, incapables de redresser une situation qui, de semaine en semaine, devient de plus en plus dramatique. Ce soir, la Sampdoria se déplace chez le leader, le Milan AC. Peur au ventre, idées noires. L'équipe génoise n'a désormais plus le choix. Mettre ses tripes sur la table et aller arracher des points vitaux, à la vie à la mort. Car face au Milan AC, l'actuelle Sampdoria, celle qui avance les yeux bandés, a 99% de chances de s'incliner. Inconcevable. Pourquoi ? Parce que demain, Cesena, premier relégable, recevra Bari, lanterne rouge et déjà mentalement relégué, avec de fortes possibilités de s'imposer. L'impensable est donc là. Omniprésent. Oppressant. Demain, à 17h, la Sampdoria sera peut-être relégable. Une situation sans solution, sans issue et surtout, incompréhensible.

29 août. La Sampdoria débute sa saison à domicile, face à la Lazio Rome. Les Génois, sans être exceptionnels, disposent d'un éventuel futur concurrent à l'Europe (2-0). Cassano marque, Pazzini remue dans tous les sens. La Sampdoria, malgré son élimination au tour préliminaire de la Ligue des Champions face au Werder, est bien en vie. Del Neri est parti à la Juventus, mais son successeur, Domenico Di Carlo, semble bien intentionné à prolonger l'excellent travail réalisé par l'entraîneur moustachu. Deuxième journée, la Sampdoria confirme. Sur la pelouse de la Juventus, justement, la Samp décroche le nul (3-3) après avoir mené deux fois au score. Les avis sont unanimes : cette équipe là, brillante, va lutter pour le haut de tableau, comme lors du dernier exercice. Malgré une défaite contre Naples (1-2), la première partie de saison, sur le plan sportif, est plutôt positive. Mais le 30 octobre, le vestiaire de la Sampdoria subit un coup dont elle ne se remettra pas. Le président Garrone demande à Cassano de se rendre à l'hôtel Mugnaini pour faire acte de présence, pendant quelques minutes, à la remise du prix Rete d'Argento. Le joueur refuse. Le président s'énerve. Des insultes fusent. Garrone se fait visiblement traiter de « vieux de merde » . La sanction tombe le soir même : Cassano est exclu du groupe. La Sampdoria perd son phare. Un phare un peu fou, certes. Mais un phare quand même. Certains, comme le capitaine Palombo, prennent parti pour Fantonio. D'autres se terrent dans le silence. Mais la situation dérange et créé un malaise. Et les résultats sont en conséquence. Pazzini tente de tout porter sur son dos, et, grâce à des buts décisifs contre Lecce (3-2), Milan (1-1) et Bari (3-0), réussit à maintenir l'équipe dans les zones hautes du classement. C'est l'arbre qui cache la forêt. La Sampdoria clôt 2010 avec une piètre élimination de l'Europa League et une défaite sur la pelouse de Brescia (0-1). La dinde de Noël va avoir un drôle de goût.

Cassano fossoyeur de la Samp'?

L'histoire d'amour et de haine avec Cassano se consume pendant la trêve. Le numéro 99 se barre au Milan AC. Garrone assure qu'il sera remplacé, et fait rapidement signer le double Big Mac : Maccarone, de Palerme, et Macheda, de Manchester United. À la reprise du championnat, la Sampdoria s'impose face à la Roma (2-1). Un match, néanmoins, plutôt perdu par les Romains que gagné par les Génois. Mais lors des derniers jours du mercato, coup de tonnerre : Pazzini succombe aux sirènes lombardes et signe à l'Inter. Les supporters sont démystifiés. Et l'après-Pazzini est immédiatement indigeste : pour son premier match sans son buteur, la Sampdoria s'écroule sur la pelouse de Naples (4-0) pendant que le Pazzo claque un doublé décisif sous ses nouvelles couleurs. À chialer. C'est le début de la descente aux enfers. L'équipe perd totalement confiance. Le 13 février, elle obtient une victoire synonyme de fin de crise contre Bologne (3-1). Le genre de victoire éclatante qui te remet sur les bons rails. Tu parles. Ce succès sera le dernier. Dans les huit matches qui suivent, les blucerchiati prennent deux misérables points, marquent trois buts et en encaissent dix. La tristesse absolue. Le soir d'une défaite à domicile face à l'Inter (0-2), Di Carlo jette l'éponge. L'équipe est remise à Alberto Cavasin, le genre de type qui aime ce genre de défi.



Mais rien n'y fait. Cavasin demande de l'unité et du courage. La Samp perd à domicile contre Cesena (2-3). Les joueurs enregistrent une vidéo où ils en appellent à leurs tifosi. Au match suivant, ils s'inclinent à Catane (0-1). Le capitaine Palombo fait son mea culpa et jure de donner son âme au prochain match. La Samp perd à domicile face à Parme (0-1). Le 10 avril, c'est la dernière plage. La Samp, 16ème, reçoit Lecce, 17ème. À nouveau, l'opération rachat se transforme en cauchemar. Inerte, faible, décousue, l'équipe est à nouveau battue et se fait doubler par son adversaire du jour. Au terme de cette 32ème journée, la Sampdoria est 17ème, à un point de Cesena, premier relégable. Non. Ce n'est plus un spectre. C'est une dramatique réalité. Le Champion d'Italie 1991 est désormais plus proche de la Serie B que d'autre chose. Et le match de ce soir, face au leader milanais, pourrait entériner la chute fatakee. Avec un scénario cauchemardesque, que tout le monde craint mais qu'aucun supporter dorian ne veut envisager. Celui que ce soir, le buteur décisif, celui qui enverrait la Sampdoria dans la zone rouge, se nomme Antonio Cassano. Hitchcock a trouvé ses successeurs.



Par Eric Maggiori

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Très triste ce qui arrive à cette grande équipe de Serie A...Ils ont pourtant largement le niveau pour se maintenir:Curci est très bon, Lucchini et Gastaldello sont fiables, Palombo donne tout, Poli est un diamant, Guberti talentueux, Macheda, Maccarone et Pozzi sont pas mauvais.
c'est moche pour le plus beau maillot du monde (ça n'engage que moi)
ouai ca fait vraiment ch..r, maillot magnifique, stade magnifique, sup geniaux, ville excellente, mais comment comprendre que tu puisse lacher tes "tueurs" de devant en meme temps, surtout au mercato d'hiver??
(et oui Poli est le futur Pirlo)
C'est vrai, c'est sans aucun doute le plus beau maillot du monde. Mais le vrai problème de cette équipe reste son président. Un des hommes les plus riches d'Italie, mais qui ne sort jamais une pièce pour son équipe. Pas étonnant qu'ils en soient arrivés là... Poli est incroyable, aucun doute sur ça non plus. J'espère vraiment qu'il ira à Milan! Mais pour le coup si Garrone le vend cet été, il se fera lyncher en moins de 2.
Le plus beau avec celui de la Roma.

Poli est énorme cette saison, de loin le meilleur.

En revanche, Garrone est de nature radine, mais c'est un bon recruteur:il avait pris Cassano pour 5M, Pazzini pour 9M, et en fin de compte réalisé une jolie plus-value pour le Pazzo.Le problème, c'est qu'il veut que la Samp rentre dans une politique d'auto-financement, suicidaire pour le moment.Mais n'oublions pas que la Samp a un des meilleurs viviers de jeunes d'Italie, ils se remettront sur pied rapidement.
Macheda depuis son arrivée fait il des bons matchs ou s'engage t-il sur la voie du pétard mouillé ?
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