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Sammy Traoré : « Les mecs de Boulogne t’attendaient pour te casser la gueule »

Ancien joueur de Nice et du PSG, Sammy Traoré profite de la confrontation entre les deux équipes pour revenir sur sa vie, son parcours et sa carrière. Entretien fleuve.

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Le rendez-vous est donné dans un bar-tabac, le Sarrasin, avenue François Mitterrand, à Créteil. Sapé comme un « mec de tess » , Sammy Traoré est posé devant l’entrée avec ses potes. C’est un ancien. Poignées de mains, puis il demande combien va durer l’interview. Le Sarrasin est sur le point de fermer, alors Sammy propose de se diriger vers un autre PMU, plus dans la cité. Pas de BM, Merco ou autre bolide, c’est une petite Twingo, de seconde main. Sammy en profite pour désigner l’immeuble dans lequel il a grandi. Ici, tout le monde le connaît. Il y a de l’admiration, mais pas trop. Il le sait, en joue, mais pas trop. L’interview sera d'ailleurs interrompue toutes les dix minutes par des poignées de main, des Assalamu alaykoum, des coups de fil, des demandes de conseils pour des paris sportifs, la visite de la famille... Bref, tout le monde salue le grand Sammy, celui qui a réussi, un peu, ou beaucoup plus que les autres, peu importe.



Difficile d'imaginer que Sammy Traoré est en fait un Monsieur tout-le-monde, un vrai mec de quartier !
Il y a le sportif que le football a rendu célèbre, que les gens apprécient et puis à côté de ça, il y a l’homme, et généralement les spectateurs et les téléspectateurs ne le connaissent pas. L’homme est comme toi. Comme tout le monde, je vais mourir un jour, je respire, je vais aux toilettes, j’ai une joie de vivre qui a toujours été présente en moi, j’en profite, je n’ai jamais changé.

Je te sens proche des gens.
C’est le quartier (rires). J’ai grandi ici, tout le monde me connaît. C’est une ville de 95 000 habitants, c’est pas mal quand même. De bons joueurs sont sortis de Créteil, mais tout le monde n’a pas forcément fait la carrière que j’ai faite. J’avais la volonté de revenir habiter dans mon fief.


Pas besoin de connaître beaucoup l’homme pour y déceler une belle joie de vivre.
J’ai grandi dans une famille de onze enfants, je suis l’aîné, j’ai quarante ans maintenant. Le travail d’aîné consistait à bien s’occuper de ceux qui sont derrière. Mon père était balayeur à la ville de Créteil, ma mère était aide-soignante au début.
« J’ai fait un métier qui me permettait au quotidien d’avoir cette joie de vivre. Quand on compare ça à ceux qui se lèvent le matin pour faire un métier pénible pour nourrir leur famille, ce sont surtout eux qui ont une pression. »
La vie d’un banlieusard est parfois un peu compliquée, mais quand tu as eu la chance d’aller au Mali étant jeune, tu te rends compte des difficultés qui sont les leurs et tu relativises ta situation. J’ai fait un métier qui me permettait au quotidien d’avoir cette joie de vivre. Quand on compare ça à ceux qui se lèvent le matin pour faire un métier pénible pour nourrir leur famille, ce sont surtout eux qui ont une pression. C’est eux qu’il faut saluer. Nous, les footballeurs, faisons un métier que tout le monde rêverait de faire. Comment ne pas te lever le matin, ne pas être souriant, même s’il faut cravacher, s’il faut du sérieux, même si c’est dur, tu ne peux que remercier Dieu du sort qui t’est réservé. Bien sûr, parfois, tu n’es pas content de ne pas jouer, bien sûr il y a des problèmes sur certains transferts, des problèmes qui entourent les footballeurs, mais il faut relativiser tout ça.
Il y a tellement de malheur, de gens dans la difficulté autour de nous. Et je ne dis pas ça parce que je suis retiré des terrains. En tant que joueur, je le vivais déjà au quotidien. Ma famille avait des difficultés et à encore des difficultés comme beaucoup de familles françaises. On est extrêmement nombreux, donc on sait que parfois il faudrait mettre la main à la pâte pour aider le père de famille en tant qu’aîné. J’avais un choix entre l’école et le sport, j’ai choisi le sport. J’ai commencé mon BEP secrétariat, mais je me suis arrêté directement. J’avais la perspective de pouvoir jouer au football, aider mes parents, mes proches. Ça donne encore une motivation supplémentaire.

Ça ne te mettait pas un peu de pression de partir en tant qu’aîné ?
Non, tout s’est parfaitement coordonné. Mais peut-être que je suis parti un peu tard, je n’ai pas fait de centre de formation. J’ai commencé le football à l’ASPTT de Paris. Je suis venu pour jouer en dix-sept ans nationaux à Créteil, mais ça ne s’est pas fait parce que j’étais un peu « bordélique » la première année. Après, j’ai été surclassé avec les espoirs, puis tout s’est enchaîné, j’ai débuté en National. J’ai signé mon premier contrat pro à Créteil, mais je suis parti à vingt-six ans, tard, par rapport aux joueurs d’aujourd’hui qui partent à dix-sept, dix-huit ans. C’est une autre génération, mais je suis parti à vingt-six ans de Créteil, donc j’ai eu le temps de me faire. En tant qu’homme, en tant que père de famille, je venais d’avoir mon premier garçon à vingt-six ans, donc je commençais déjà à être un homme. Cette maturité m’a permis d’aller plus haut dans ma carrière footballistique. Après, je suis parti à Nice et tout s’est bien enchaîné.

Plus jeune, tu disais que le hip-hop était un art de vivre. C’est toujours le tien ?
Oui, c’est un art de vivre, parce que ça englobe beaucoup de choses : ton humeur, ton comportement... Après, dans le hip-hop, il y a le street art, les rappeurs, les danseurs. Je suis un mec qui aime beaucoup la musique. Je me berce à la musique. Quand j’ai eu mon premier appartement, j’ai acheté une chaîne hifi avant d’avoir une télé. Je suis resté au moins six mois sans télé. Le matin, dès que je suis réveillé, j’aime écouter un peu de musique. Ça donne une ambiance pour la journée.


Ça te procurait un flow supplémentaire ?
« J’ai connu beaucoup de rappeurs durant ma carrière. Il y a des petits d’ici qui font un peu de rap, je les écoute un petit peu. »
J’ai baigné avec beaucoup de rappeurs aussi. La Mafia K’1 Fry. Ils sont de Choisy-Vitry, moi de Créteil, il y a une proximité. Notre carrière a un peu décollé en même temps. On est un peu de la même génération. On se côtoyait. J’allais chez eux et ils venaient un peu à Créteil aussi. J’ai connu beaucoup de rappeurs durant ma carrière. Il y a des petits d’ici qui font un peu de rap, je les écoute un petit peu. La musique a toujours fait partie de moi.


Pourquoi as-tu décidé de revenir à Créteil ?
J’avais une maison en location, donc une fois que mon contrat avec le PSG s’est achevé, je suis revenu à Créteil où j’avais un appartement. Ma femme était d’ici, mes enfants peuvent y côtoyer leurs cousins, leur grand-mère. C’était un choix de parent. Ça me permettait aussi de m’entraîner avec le club de Créteil, donc c’était un rapprochement logique.

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Lors d’une campagne contre le racisme, tu mettais en avant la mixité de la population française en la comparant au communautarisme américain.
Regarde ce qu’il se passe aux États-Unis avec tous ces meurtres dont les noirs sont victimes. Rien n’évolue réellement, le racisme est ancré.

On veut encore du métissage en France ?
On n’a pas le choix. On n’a pas le choix du tout. On ne peut pas dire que les politiques nous représentent, donc on ne peut pas vraiment savoir si la France veut toujours du métissage, mais quoi qu’il en soit, le racisme fait partie de la France comme il fait partie de chaque pays, mais la France n’a pas le choix. Ça fait combien d’années qu’ils ont laissé entrer ces vagues d’immigration africaine, portugaise, polonaise, italienne pour reconstruire le pays. Il y a de tout. Ça fait longtemps qu’on est ancrés, on est français maintenant. Regarde les différentes équipes de France, de basket, de volley, on est chez nous.

Si tu n’avais pas été joueur de football, qu’aurais-tu fait ?
« Si je n’avais pas eu la possibilité de faire du football, j’aurais aimé faire quelque chose en contact avec les gens. »
Une fois que tu as pour but de devenir footballeur, tu ne veux que jouer au football. Si je n’avais pas eu la possibilité de faire du football... j’aurais aimé faire quelque chose en contact avec les gens. J’ai cette facilité dans les discussions à m’exprimer, même avec ceux que je ne connais pas. Je suis toujours ouvert au débat quel que soit le sujet. La vie est tellement courte que plus on va faire de connaissances, plus on va s’enrichir. S’enrichir auprès des autres, c’est ce qu’il y a de mieux.


Tu avais des idoles quand tu étais petit, des mecs qui t’ont inspiré ?
Il y a toujours des mecs qu’on aime. J’aimais bien Karl Heinz Förster. Il avait cette froideur... c’était un Allemand. Je le trouvais bon, costaud, il perdait rarement ses duels. De l’autre côté, tu avais des joueurs comme Carlos Mozer, la folie brésilienne. Ça, c’est pour les défenseurs. Au niveau des attaquants, il y en avait des monstrueux... George Weah est un modèle en tant qu’homme, en tant qu’ambassadeur du football africain, un vrai monsieur...

Vidéo

Beaucoup de joueurs de foot rejettent ce costume d’exemple pour la jeunesse. Dans une vidéo, le rappeur Sefyu invitait les jeunes à suivre ta voie.
Qu’ils le veuillent ou pas, ils deviennent des exemples. Les jeunes veulent devenir footballeurs. Ils ne vont pas te dire : «  Je veux devenir président de la France. » Posons la question à cent jeunes, 90% veulent devenir footballeurs. Le regard de toute cette jeunesse est fixé sur toi, donc forcément, tu deviens un exemple. Tu dois donc avoir une image assez lisse. Je suis l’exemple des trois quarts des jeunes de Créteil. Je parle d’exemplarité d’un point de vue de la réussite sociale. L’homme, c’est autre chose encore. Tu pars de rien, tu cravaches, tu es sérieux dans tout ce que tu entreprends et avec un peu de chance, les gens te tendent la main et tu deviens ce que tu dois devenir. Si tu réussis, les jeunes peuvent le faire aussi. C’est un motif d’espoir pour eux. J’ai entendu : « J’aimerais bien faire une carrière comme Sammy Traoré. » Quand tu as la chance de pouvoir parler à ces jeunes-là, tu peux leur dire "Attention, ce n’est pas facile", les prévenir que les études, c’est important. C’est lorsque tu arrêtes ta carrière et que tu parles aux jeunes que tu comprends que tu es vraiment un exemple.


Pourquoi l’opinion est-elle si sévère avec les footballeurs ?
Parce qu’ils sont des motifs de jalousie, on ne va pas se voiler la face. Les mecs qui ont fait des études jouent au football, les mecs qui n’ont pas fait d’études jouent au football. Certains qui n’ont pas fait d’études jouent au football et peuvent gagner énormément d’argent.
« Pour un politique, c’est plus facile de taper sur un footballeur que sur son collègue politique, même s’ils se tapent dessus entre eux. Après, les politiciens vivent dans une société parallèle, tout comme les joueurs de foot. »
Lorsque tu gagnes énormément d’argent, il se peut que tu craches sur certaines règles. Concernant le footeux, tu as affaire à des jeunes, c’est toujours plus facile de taper sur eux. On peut facilement faire l’amalgame mec de cité, mauvaise élocution, gagnant beaucoup d’argent et qui se fiche des codes français, de la République ou de l’autorité policière. C’est un amalgame tellement facile. Mais c’est propre à la société française, en Angleterre ce n’est pas comme ça. Pour un politique, c’est plus facile de taper sur un footballeur que sur son collègue politique même s’ils se tapent dessus entre eux. En plus, il va se dire qu’il n’y a pas de répondant derrière. Le joueur ne va pas faire d’interview pour démentir, il s’en fout, le mec. Après, les politiciens vivent dans une société parallèle, tout comme les joueurs de foot.


Quelles concessions as-tu faites pour réaliser ton rêve ?
T’es éduqué par tes parents, mais lorsque tu entres dans le monde du football, tu reçois une autre éducation. J’étais quelqu’un de têtu. J’aimais bien rigoler, j’étais un peu bordélique, tête en l’air. J’acceptais difficilement l’autorité. Le football m’a permis d’évoluer, d’avoir une discipline, d’être ponctuel. Quand t’es jeune, il faut apprendre ça pour bien débuter dans le football. Tu apprends le travail d’équipe, à souffrir en équipe, respecter les collègues, l’environnement, le vestiaire. Le football t’apporte toutes ces valeurs-là et elles vont te servir tout au long de ta vie. Ces valeurs me sont restées encore à l’heure actuelle. Pour les concessions, ne pas sortir avec mes collègues, il fallait rester sérieux en vue des entraînements ou matchs du lendemain. C’était un choix, mais j’ai forcément sacrifié aussi l’école. Beaucoup de mecs sacrifient leur jeunesse, surtout par rapport aux filles. Quand tu es en centre de formation, tu découvres les filles un peu tard. Une fois que tu es un homme, tu sors un peu et tu les rencontres. Tu sacrifies plein de choses au quotidien.

Qu’est-ce qui fait que là où beaucoup de jeunes lâchent, tu t’accroches et acceptes de te soumettre à l’autorité ?
Je savais que ça allait me servir pour plus tard. Si tu n’es pas trop bête, tu penses que toutes ces personnes qui te donnent des conseils ne te veulent pas de mal. Quand tu as donné dans la bêtise, au bout d’un moment, si tu es assez intelligent, tu comprends que ce n’est pas bien. Si tu arrives toujours en retard et que tes potes sont toujours à l’heure, il n’y a que toi qui vas en payer le prix. Une fois que tu as fait des bêtises et que tu t’es fait taper sur les doigts à plusieurs reprises, t’as compris. Si tu aspires à quelque chose dans la vie, t’as compris. Tu réfléchis, tu te remets en question, tu vois que tu es à côté de la plaque. J’ai toujours eu un mental, j’ai toujours aimé le football. Quand j’étais dehors, ce n’était pas pour traîner, c’était pour jouer au football.

Tu es passé pro assez à dix-neuf, vingt ans, c’est assez tard, est-ce-que tu as vu une différence avec les autres jeunes ?
Pour ce qui est de la mentalité, non. Tu arrives dans un monde de pros, les mecs sont payés pour ce travail. Ils essayent tous de le faire du mieux possible avec de l’exigence.
« Pour ce qui est de la mentalité, je ne pense pas que les mecs du centre de formation soient plus daleux que les autres. Ça, tu l’as ou tu ne l’as pas. C’est tout. »
C’est dans l’approche du football qu’ils ont un train d’avance, tout ce qui est passes, contrôles, déplacements, vision de jeu, ils ont un train d’avance parce qu’ils ont été formés jeunes. On ne m’a pas appris à faire des passes. Je me suis mis contre un mur et j’ai fait des passes : pied droit, pied gauche, coup de pied... Je suis arrivé avec un manque, et ce manque, j’ai dû le travailler tout au long de ce début de carrière. Pour ce qui est de la mentalité, je ne pense pas que les mecs du centre de formation soient plus daleux que les autres. Ça, tu l’as ou tu ne l’as pas. C’est tout.

As-tu été encouragé par tes parents ?
Ils n’ont même pas calculé. J’étais de la génération 76. Quand j’ai demandé de l’argent à mon père pour payer ma licence, il m’a dit : « Écoute, c’est trop cher. Avec tout l’argent que tu me demandes, là, t’imagines le nombre de baguettes et de litres de lait que je peux acheter ? Ce n’est pas possible. » Il y avait les enfants et du monde au bled. J’ai commencé à l’ASPTT de Paris, la licence n’était pas trop chère. En plus, les mecs m’ont dit : « Tu pourras payer plus tard. » Je n’ai pas payé mes premières licences, mais le jour où j’ai voulu partir, ils m’ont dit : « Mais tu as trois ou quatre paiements de licence en retard, on ne te donne pas ta lettre de sortie. » Mais Jean-Pierre Grondin, qui voulait me faire venir à Créteil, a payé tous mes retards de licence, celle de Créteil, et il m’a donné une paire de Pantofola d’oro et m’a dit : « Bienvenue à Créteil, à toi de jouer.  »


Quel est ton lien avec Gernot Rohr, l’entraîneur de Créteil de l’époque ?
(Il sourit) Il y a toujours eu un lien particulier. Il est arrivé à Créteil avec toute sa joie de vivre, son professionnalisme. Il a connu de grands joueurs avant, on connaît sa carrière. Il arrivait à Créteil dans un club qui avait le statut professionnel, mais qui était encore amateur. Il a essayé de pérenniser tout ça. Il a toujours eu confiance en moi. Il m’a dit de bosser. Il connaissait ma situation, il m’a toujours tendu la main. Je l’en remercie. C’est quelqu’un de droit. J’ai toujours pris beaucoup de plaisir à travailler avec lui, même s’il est un peu foufou. (Rires.) C’est Gernot. En plus, il a cet accent allemand, un peu pointu, c’est spécial. On en rigole en tant que joueurs. Son apport m’a été bénéfique durant toute ma carrière.


Il part à Nice, puis te fait venir, une sacrée marque de confiance.
Oui. La première année, il est manager général à Nice. Il me dit : « Viens me rejoindre. » Je lui réponds : « Non, ça ne sert à rien Gernot. » J’étais plus ou moins capitaine ici, j’étais bien dans ma ville. Il me répond : « Viens à Nice, tu ne le regretteras pas. » Moi : « Mais on finit 13es, vous finissez 8es à chaque fois, il n’y a pas une grosse différence. Je ne vais pas quitter Paris, en plus je n’en suis jamais parti. » L’année où je lui dis ça, Nice monte en D1. Il me rappelle : « Je t’avais dit de venir ! Il faut que tu viennes ! » Ils virent l’entraîneur niçois, puis font un sondage interne avec les joueurs pour savoir qui allait reprendre l’équipe, Gernot a été nommé. « Maintenant, c’est moi l’entraîneur, viens ! » Romain Pitau, un ancien coéquipier à Créteil, les avait rejoints l’année précédente. Je commence à hésiter. C’est la D1 quand même ! J’en parle autour de moi, on me dit : « Mais t’es dingue, vas-y, c’est maintenant ! »

Vous aviez une équipe de destructeurs.
On avait une belle équipe de costauds, oui ! C’était une bonne ambiance. Déjà, Nice était interdit de recrutement, ils ne pouvaient avoir que des prêts ou des joueurs libres.
« À Nice, tout s’est bien emboîté. On se connaissait un peu, mais pas plus que ça. 90% de l’effectif découvrait la Ligue 1. L’alchimie a pris et on a fait une grosse saison. »
Ils ont eu une décision finale pour savoir s’ils étaient maintenus en D1, même pas trois semaines avant le début du championnat. Tout s’est fait dans la précipitation. Tout le monde a activé un peu ses pistes. Il y a eu au moins neuf ou dix prêts et des joueurs libres, quasiment tous venus de D2. Gernot a dégoté des joueurs par-ci par-là, comme le Brésilien Everson issu d’une D3 allemande. Il est arrivé et a tout écrasé. Un gaucher monstrueux, costaud, très bon joueur. Tout s’est bien emboîté. On se connaissait un peu, mais pas plus que ça. Noé Pamarot venait de la région parisienne, mais avait été formé à Nice. 90% de l’effectif découvrait la Ligue 1. L’alchimie a fonctionné et on a fait une grosse saison.

Il paraît qu’il y avait pas mal de parties de GTA sur PSP.
Oui, tu pouvais jouer en multi-joueurs. On se regroupait à dix, on se mettait dans une seule chambre. Tout le monde se connectait, on faisait des équipes. On se butait à ça. Et puis il y avait Mario Kart aussi sur DS. Tchato, Yahia, Balmont, Noé, Cédric... ah la la !

Fred Antonetti, l’entraîneur de l’époque, n’était pas pour.
Oui, il disait que ça puisait beaucoup d’énergie. On gueulait un peu. Il m’avait demandé de stopper à une heure pas trop tardive. (Rires) Mais parfois, il venait écouter aux portes pour voir si on continuait ou si on avait arrêté. (Il mime la scène.) C’est un bon, Fred.

Tu signes à Paris en 2006. C’est une fierté pour toi, né en région parisienne.
Au départ, j’avais donné ma priorité à Nice. Il me restait un an de contrat. J’étais bien. Je leur avais demandé une prolongation et une augmentation. Ils ont bégayé un petit peu. Je leur ai dit qu’un club était intéressé, sans leur donner de nom. Ils ont continué à bégayer. Je leur ai donné le nom, rien n’a changé. Ils m’ont dit : « Tu ne vas pas nous faire ça.  » J’ai répondu : « À partir du moment où j’entame des discussions avec le club, je ne parle plus avec vous. »


Donc rejoindre Paris, sans plus ?
J’étais bien à Nice, j’y avais passé quatre belles années. Je leur ai donné la priorité, ils n’en ont pas profité. Ça s’arrête là. Une fois que tu discutes avec Paris, tu commences à réaliser. Tu te dis peut-être que Nice ne va pas réussir à franchir un palier. Paris est une équipe qui est capable d’aller chercher des titres. C’est un retour aussi à la maison. Ça reste une fierté bien sûr.


Et ta famille ?
« Voir mon père au Parc des Princes, en boubou traditionnel, la daronne également, ça reste une fierté. »
Mon père était déjà content dans la mesure où j’étais parti de Créteil pour signer dans une Ligue 1 à Nice. Il était déjà fier à ce moment-là. Il est venu plusieurs fois voir des matchs à Nice. Après, c’est vrai que de le voir au Parc des Princes, en boubou traditionnel, la daronne également, ça reste une fierté. Qu’ils puissent assister au Stade de France à une finale... Ça reste des moments forts.

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Tu citais Mozer et Karl-Heinz Förster dans les joueurs que tu admirais. Mais ce sont des Marseillais... Tu aurais aimé jouer à l’OM ?
Quand tu es à Nice, c’est difficile parce que ça reste un club rival. Il y a une suprématie du Sud, sachant que Marseille reste un club phare de cette région, voire le plus grand en matière de notoriété et palmarès. Si Paris ne vient pas à ce moment-là, pourquoi pas. Étant petit, j’aimais Paris... tu aimes les deux clubs phares. T’aimes Paris, parce que t’es de la région parisienne et qu’ils ont une bonne équipe, t’aimes l’OM parce que c’est du Sud et qu’ils ont une bonne équipe également. Tu supportes un peu les deux. Quand j’étais petit, j’aimais les deux. Quand j’allais au Parc des Princes, il fallait que je parte dix, quinze minutes avant la fin du match parce que sinon on se faisait agresser. C’était tout ça, notre jeunesse au Parc. Agression sur agression.

Tu te faisais agresser par qui ?
On a connu l’époque du vrai Kop de Boulogne. On ne pouvait pas mettre un pied devant toute cette tribune. Les mecs de Boulogne t’attendaient dans le métro pour te casser la gueule. On était petits, ils étaient plus grands, ils n’hésitaient pas.


Une fois joueur du PSG, tu n’as pas gardé une certaine rancune ?
Non, tu ne peux pas. Au fil des années, ça s’est estompé un petit peu, et puis tu sais que c’est une minorité de cons qui avait un peu de pouvoir dans le club. Mais ça reste toujours minoritaire, les racistes dans un stade de football.

Ton meilleur et ton pire souvenir à Paris ?
Le meilleur, ma signature, et le pire, c’est la fin. Partir en fin de contrat, à trente-cinq ans, à l’issue d’une belle carrière. Les Qataris arrivent derrière, j’aurais peut-être pu y travailler, même si à l’époque, je n’en voyais pas forcément l’utilité.
« Le postier, si ça ne va pas dans sa famille, il peut se tromper de boîte aux lettres. Le footballeur va louper des passes, plus que d’habitude parce que ça ne va pas chez lui. Les gens ne comprennent pas ça. »
À trente-cinq ans, je pensais pouvoir encore jouer au football. Le pire souvenir, c’est aussi la mort du supporter (en 2010), ça m’a marqué. Au cours d’embrouilles entre supporters. Ça reste malheureux, pour du foot. Les gens viennent voir un match du Paris Saint-Germain, et finalement, il y a la mort au bout, c’est triste. La bêtise humaine, c’est navrant. Pour les autres souvenirs, j’ai gagné la Coupe de France, j’en ai perdu une. Mais le bonheur, c’est le quotidien, vivre dans un vestiaire, se lever le matin pour faire un métier que tu aimes, le sacrifice de soi-même pour gagner en équipe, c’est ça le bonheur. Après, le vrai bonheur, ce sont tes proches, ta famille, que tout le monde se porte bien. C’est l’essentiel pour tout humain. Les mecs ne comprennent pas que : « Ouais, ce sont des footballeurs, ils sont payés à faire ça » , mais parfois ça ne va pas du tout dans leur famille. Forcément, ça affecte l’humain, donc forcément le sportif. Le postier, si ça ne va pas dans sa famille, il peut se tromper de boîte aux lettres. Le footballeur va louper des passes, plus que d’habitude, parce que ça ne va pas chez lui. Les gens ne comprennent pas ça. Ils viennent pour un spectacle, et toi, tu dois répondre au spectacle ? Ce n’est pas toujours évident.

Tu étais très pote avec Fabrice Pancrate. Il a raconté une petite anecdote...
(Il coupe) C’est un menteur !

Vous étiez un jour parti faire des courses...
C’est un menteur une nouvelle fois !

L’équipe est à l’hôtel, et Fabrice et toi partez acheter à manger. Vous revenez avec un gros sac chargé de friandises, Pancrate se fait griller par le coach et toi... tu t’enfuis.
Non, ce n’est pas comme ça que ça s’est passé (Rires.) On part acheter à manger. Logiquement, on porte tous les deux des sacs. Si on arrive devant l’entrée, il faut bien que quelqu’un fasse le guet ? Donc inconsciemment, je ne l’avais pas préparé, je me dis, je vais aller faire le guet au cas où les coachs sont dans le coin. Ils ne sont pas là, mais il y a un espace entre l’entrée de l’hôtel et l’ascenseur. Je lui dis : « Viens, viens ! » Le temps qu’il vienne, j’appelle l’ascenseur. La logique voudrait qu’il vienne tout de suite, pour qu’on monte directement. Au moment où il avance, les coachs sortent d’une salle et tombent sur lui. Là, je ne peux plus rien faire ! « Mais c’est quoi ce sac ?! » Fabrice répond : « On est allés chercher à manger. » Lorsqu’il ouvre le sac, il y a de tout : du jambon de dinde, de la mayonnaise, du pain de mie, des gâteaux, des bonbons, du chocolat, du jus. Moi, j’étais déjà dans l’ascenseur. Je ne peux plus lui dire de venir. C’est trop tard. La porte se referme, je n’ai plus qu’à attendre qu’il monte. Voilà comment ça s’est passé. C’est un malheureux concours de circonstances pour notre ami Fabrice Pancrate.


À l’image de Fabrice Pancrate, vous avez été beaucoup critiqué par le public. La tension est parfois montée.
La critique reste facile. Notre métier est exposé. Ils arrivent encore à critiquer l’équipe actuelle. Avec les joueurs qu’ils ont, avec ce qu’ils nous ont procuré comme bonheur, avec les titres qu’ils ont gagnés.
« Lorsque j’ai eu des tensions avec les supporters, j’estimais qu’ils outrepassaient leur droit de critique. Ils allaient sur l’humain, et quand tu vas sur l’humain, tu peux te retrouver face à quelqu’un que tu ne connais pas, qui est susceptible de pouvoir te répondre. »
Le spectateur, l’homme est toujours insatisfait. Je faisais partie du Paris Saint-Germain à une époque un peu plus difficile que la leur. Tout ce qu’il y avait autour du club... On avait des difficultés à obtenir des résultats. Mais il y avait toujours cet amour pour le maillot. Je ne dis pas que les joueurs actuels n’aiment pas le maillot, mais c’est normal qu’on défende le club avec plus d’amour, plus de fierté parce qu’on a grandi à Paris. On aime ce club depuis qu’on est tout petit. C’est un honneur de pouvoir défendre les couleurs du PSG. Après, c’est tout à fait normal de critiquer, mais de manière constructive, footballistiquement parlant. On peut critiquer les prestations, mais l’homme... lorsque j’ai eu des tensions avec les supporters, j’estimais qu’ils outrepassaient leur droit de critique. Ils allaient sur l’humain et quand tu vas sur l’humain, tu peux te retrouver face à quelqu’un que tu ne connais pas, qui est susceptible de pouvoir te répondre. Si eux ont l’habitude des confrontations, nous on ne se laisse pas faire. On est des hommes, tu ne vas pas nous marcher dessus.

Vidéo

À partir de quel moment les insultes ne te touchent plus ?
Dès petit, en jouant avec une équipe mixte, de blancs, de noirs, d’arabes, tu es amené à te déplacer dans des régions où les gens ont moins l’habitude de voir de la mixité. Mais tu peux aussi aller jouer dans la région parisienne et te faire insulter. Dès petit, tu comprends que, dans le football, il y a des supporters qui parfois viennent se défouler dans un stade. Si tu n’en fais pas abstraction, tu commences à faire n’importe quoi, à t’énerver, sortir de ton match, tu pénalises ton équipe et toi-même, et finalement ce sont eux qui gagnent.

Tu l’as compris tout de suite ?
Non, il a fallu une nouvelle fois apprendre. En faisant des conneries, c’est là que tu apprends. Avant de savoir marcher, le bébé tombe. Je suis tombé, tombé, tombé, j’ai été suspendu, j’ai mis des droites, je me suis fait insulter, j’ai craché, j’ai tout fait, parce que je ne voyais pas l’utilité de me faire insulter sur un terrain de foot. J’aime qu’on me respecte. Ce n’est pas parce que je fais du foot que tu as le droit de m’insulter, de me cracher à la gueule. Au début, je me comportais mal, puis j’ai compris que sur un terrain, ça s’insulte, ça crie, mais finalement, tu ne vas pas frapper tout le monde, comme tu ne vas pas frapper tous les gens qui t’insultent dans la rue. En grandissant, tu comprends qu’il faut que tu avales des couleuvres.

Comment fonctionne un vestiaire ? C’est une petite société.
Un vestiaire d’hommes, c’est un vestiaire où on se dit des vérités. Les footballeurs, on les connaît, ce sont des pipelettes.
« Les mecs qui jouent en général ne posent jamais de problèmes. Ce sont toujours les mecs qui ne jouent pas. Donc il faut faire attention à eux. »
Ils sont toujours bons. Ça aime bien parler sur l’autre pendant qu’il est sous la douche. Quand il revient, ça change de sujet. C’est ce genre d’attitudes qui crée des malaises, des disputes dans le vestiaire. Les mecs qui jouent en général ne posent jamais de problèmes. Ce sont toujours les mecs qui ne jouent pas. Donc il faut faire attention à eux. Est-ce que le mec est capable d’accepter de ne pas jouer ? Il faut toujours avoir cette attitude positive de tirer le groupe vers le haut. S’il ne joue pas, c’est que le coach a fait des choix. Si c’est un compétiteur, à lui de gommer ses manques.


C’est là que tu tenais un rôle clé, notamment au PSG.
La dernière année, je n’ai carrément pas joué. D’une année à l’autre, ça a changé. Forcément, tu t’adaptes. Tu te dis, cette année je joue moins, j’ai trente-cinq ans, avec l’expérience que j’ai, j’ai le pouvoir de dire à quelqu’un les choses en face, devant tout le monde et désamorcer tout de suite un problème, sans que ma parole ne soit remise en cause. Oui, c’est être costaud. C’est être un homme de dire à quelqu’un : « En ce moment t’es pas bon, remets-toi un peu en question, arrête de faire la gueule, sois meilleur, donne-toi plus à l’entraînement. » De dire aux jeunes de ne pas être en retard. Il y a plein de jeunes qui arrivent en retard. Regarde Rabiot, il a perdu une Coupe de France comme ça. J’ai cette facilité à avoir traversé les générations. Il faut toujours être proche de ces jeunes-là, comme Kimpembe, que je côtoie au quotidien. T’as des mecs de mon âge qui ont plus de mal avec les jeunes générations. Un fossé se crée. Moi, j’ai toujours cette facilité, je sais comment ils délirent et quand tu es proche d’eux, un lien se crée, c’est forcément une richesse pour un vestiaire.


Et maintenant ?
J’ai pu avoir des choses que beaucoup de gens n’auront jamais. Tout ce bonheur que j’ai pu avoir durant cette expérience footballistique, cette richesse humaine, il faut le transmettre. Toutes les personnes qui bénéficient des erreurs que tu as pu faire tout au long de cette vie, ce sont tes proches et tous les jeunes qui jouent au football. J’ai la chance de pouvoir me lancer dans une carrière d’entraîneur (au Maccabi Créteil). J’ai cette chance de pouvoir transmettre à des jeunes la valeur du courage, de ne pas lâcher le football. J’essaie moralement d’être un soutien pour eux, pour qu’ils aillent eux aussi chercher une carrière. C’est ça, la richesse.

Est-ce que tu regrettes l’épisode avec le chien ? (Sammy Traoré a été condamné à 2000 euros d’amende pour maltraitance, ndlr.)
Non, pas du tout. Ce sont des affirmations sans preuves. Sammy Traoré a battu son chien. Il l’aurait tapé, tiré par trois pattes etc. Mais quelles preuves amènes-tu ? Je n’ai pas le temps d’aller débattre de ce sujet au tribunal pour démentir les propos d’une personne qui n’apporte pas de preuves.
« Les gens qui me connaissent savent que mes chiens m’écoutent au doigt et à l’œil. Mes enfants ont grandi avec mes chiens, donc s’il y avait un problème, il aurait dû être résolu depuis longtemps. »
Ce que la personne qui a porté plainte ne sait pas, c’est que ce n’est pas mon premier chien. Deux associations sont venues et ont constaté qu’il n’y avait aucun problème. Il vivait correctement. Après, on a affaire à un chien particulier, un pitbull, un staff. Comment moi, Sammy Traoré, je vais faire mal à un staff ? Vous avez vu sa musculature ? C’est costaud. Je ne peux pas lui faire mal, et même si je lui mets un coup de pied... enfin un coup de pied, ce n’est pas une reprise de volée. De toute façon, les gens qui me connaissent savent que mes chiens m’écoutent au doigt et à l’œil. Mes enfants ont grandi avec mes chiens, donc s’il y avait un problème, il aurait dû être résolu depuis longtemps. De toute façon, j’étais dans une résidence où ça se passait extrêmement mal au niveau de la copropriété. J’habitais tout en haut, donc c’est difficile de savoir si je tape mon chien (Rires.) Et après, même si je l’avais tapé ? Bien sûr que je l’ai tapé, oui et alors ? Si je l’ai tapé, c’est parce qu’il a fait des bêtises, c’était dans le but de bien l’éduquer.

Ok.
Il ne faut pas taper les chiens à ce qu’il paraît. Oui, il ne faut pas taper les caniches, les yorkshires, mais les pitbulls, arrivés à l’âge adulte, ils sont très malins, savent très bien ce qu’ils font. Eh oui, je lui mets une petite trempe de temps en temps. Ça ne l’a pas tué. Mon père m’a mis des bonnes trempes, pires que ça. Les gens ne se rendent pas compte. Un chien, il faut le pucer, l’éduquer, le nourrir, ça prend du temps, ce sont des sacrifices qu’on aime faire. Est-ce qu'eux donnaient autant d’amour, dépensaient pour leurs enfants que ce que j’ai pu faire pour mes chiens ?


De quoi es-tu le plus fier ?
Fier d’être encore là, encore vivant à mon âge. Certains sont morts sur les terrains, d’autres par des faits de société ou de maladies. Moi, je suis là à quarante ans pour voir mes enfants grandir, mes parents vieillir, voir mes amis continuer à construire leur vie. Au niveau football, ce n’est pas une fierté, mais j’ai eu la chance de pouvoir faire quelque chose.


Ce n’est pas une fierté ?
Je suis content parce que ça montre à tous ces jeunes qu’il ne faut jamais rien lâcher, lorsqu’ils ont un rêve de se donner les moyens de le réussir. Je l’ai fait, j’ai pu atteindre l'un de mes rêves. Je savais que j’allais réussir. J’ai toujours dit que j’allais être joueur professionnel.

Pourquoi ?
Je voyais des mecs qui n’étaient pas meilleurs que moi et qui jouaient en pro.
« Je n’ai jamais joué au football pour l’argent, au départ. Je voulais cette consécration de jouer devant un public qui te soutiens, les projecteurs, c’était beau. »
Je m’inventais une vie, je me disais qu’un jour, j’arriverais là-haut et je n’ai jamais lâché. J’en ai eu marre de m’entraîner et de jouer sur des terrains stabilisés et m’écorcher les genoux. Moi aussi, je voulais sentir l’herbe, bien coupée avec la rosée du matin, cette jouissance de pouvoir jouer sur un beau terrain avec un public. Je n’ai jamais joué au football pour l’argent, au départ. Je voulais cette consécration de jouer devant un public qui te soutient, les projecteurs, c’était beau.

Propos recueillis par Flavien Bories
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