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Salomon Rondon, futur roi ?

Le goleador de Malaga est le symbole d'un pays qui s'éveille au football. Au point de devenir la première star vénézuélienne du ballon rond ?

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Le Vénézuela a du pétrole et désormais quelques idées footballistiques qui ont fait leurs preuves dans cette Copa América. Le pays gouverné par le socialiste zélé Hugo Chavez a également une pépite qu'elle chérit comme la prunelle de ses yeux. Avec son look de rappeur gangsta, casquette de baseball (le sport roi au Venezuela, ndlr) vissée sur la tête et casque autour du cou, José Salomon Rondon a déjà tout l'attirail du bad boy. Pourtant, le jeune homme à la peau couleur café est un garçon bien élevé, qui a d'abord accompli une promesse envers ses parents avant de se lancer dans le grand bain du football mondial. « Lorsque j'avais 14 ou 15 ans, pendant un dîner à la maison, je leur ai dit que je voulais leur parler car je venais de prendre une décision. Là, je leur ai annoncé que je ne voulais plus étudier et que je voulais me consacrer au football. Mon père m'a regardé et m'a dit « Pardon ? » . Je lui ai répété ce que je venais de dire et là, il m'a collé une baffe ! On a passé un accord : je leur ai promis de leur ramener mon diplôme du bac en échange de leur aval pour me laisser jouer au football où bon me semblerait. Et voilà où j'en suis » . Difficile de refuser, en particulier pour la mama, fan de Maradona. « En 1989, c'était la grande star de la Copa América, que ma mère suivait avec attention. À partir de ce moment là, il y avait toujours un ballon qui traînait à la maison. Quand je suis entré au collège, je me suis inscrit au foot, ça m'a plu et c'est comme ça que j'ai décidé d'en faire mon métier. Et grâce à Dieu, tout ce que j'ai, je le dois au football » .

La trempe de son père

Admirateur de Ronaldo, un virus transmis par son père, il formait la saison dernière avec un autre Brésilien, Julio Baptista, un duo de démolisseur dans la péninsule ibérique. « J'ai beaucoup appris à ses côtés » , confesse Salomon, qui a fait ses premiers pas en première division vénézuélienne à seize ans à peine avec le club d'Aragua. Après deux saisons dans le championnat local et deux supplémentaires dans l'antichambre de la Liga à Las Palmas, il est recruté par Malaga l'été dernier. Bonne pioche, puisque l'enfant de Caracas, qui fêtera ses vingt-deux ans en septembre, inscrit la bagatelle de quatorze buts la saison dernière sous les ordres du Chilien Manuel Pellegrini, réalisant la meilleure performance de l'histoire pour un joueur vénézuélien sur le Vieux continent. Son physique de basketteur (il porte d'ailleurs dans cette Copa América, comme à Malaga, le numéro 23 cher à Michael Jordan, ndlr), font de lui l'archétype de ce que la presse aime à désigner comme « un attaquant moderne » , grand, puissant (1,90m, 86kg) et technique. Fort dans les duels aériens de par sa corpulence, c'est à la fois un joueur capable de jouer en pivot, mais aussi et surtout un formidable dévoreur d'espaces, véloce et explosif dans ses démarrages.

La rumeur marseillaise

Comparé à Patrick Kluivert, c'est avec un autre Hollandais qu'il devrait former un redoutable duo d'attaque la saison prochaine : le vétéran Ruud Van Nistelrooy. À moins qu'une grosse écurie ne mette sur la table les vingt millions d'euros correspondants à sa clause libératoire. Ce que ni le joueur, qui clame qu'il « ne (veut) pas s'en aller » , ni le club n'envisagent pour le moment, alors que de Séville à Tottenham en passant par l'Atlético Madrid, nombreux sont les clubs qui se montrent intéressés par l'attaquant, révélé au dernier Mondial des moins de 20 ans en Egypte, lors duquel il marqua quatre buts en trois matches. Ces dernières semaines les supporters marseillais se sont également pris à rêver de l'arrivée sur la Canebière d' « El Gladiador » (le Gladiateur), dont le nom est repris sur plusieurs sites olympiens non-officiels. International depuis plus de trois ans (16 sélections, 5 buts, ndlr), Rondon a ouvert les festivités contre le Paraguay lors de l'épique 3-3 du premier tour de cette Copa América, son unique but dans le tournoi. Alors que son sélectionneur César Farias devrait faire tourner et qu'il ne sera pas forcément titulaire aujourd'hui contre le Pérou, celui que l'on surnomme également « La Bestia » (la Bête) espère que ses partenaires vont donner un dernier coup de cravache pour décrocher un podium historique pour la Vinotinto. « Ce sera difficile, car nous devons nous relever du contrecoup de l'élimination. Il va falloir se battre pour remporter ce dernier match » . Avant de retrouver un club aux ambitions revues à la hausse ces derniers mois, avec l'arrivée d'investisseurs qataris.

Par Florent Torchut, en Argentine

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