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Salis : « On a dû pousser le bus pour repartir »

Anthony Salis, 24 ans, fut l'un des héros de la victoire du Cercle athlétique face au Sporting lors du derby bastiais. Tout en muscles et en tatouages, le latéral gauche passé par l'AC Ajaccio et Colmar affronte ce soir Brest, en 16e de finale de la Coupe de France. Dans un Furiani acquis à leur cause, ses potes et lui tenteront de montrer à la France du football que Bastia, c'est aussi eux.

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Cette victoire contre le Sporting, c'était un rêve de gamin pour vous ?
Oui, totalement. Surtout quand, jeune, on porte ce maillot, on ne pense pas les affronter un jour. Mais oui, les avoir battus, c'est du bonheur. Cela nous fait du bien, on se dit qu'on a pris notre revanche. Certains pensaient finir pro chez eux, les choses ont tourné différemment…

Les joueurs du CAB justement, c'est avant tout pas mal de jeunes passés par l'ACA et le SCB. Les deux « gros clubs » corses ne donnaient pas assez leurs chances aux locaux ?
Oui, il y a longtemps eu ce problème. Mais ça a évolué, on voit de plus en plus de jeunes qui arrivent à intégrer le groupe pro et à se montrer. On peut dire qu'on est tombé à la mauvaise époque. Maintenant, ils ont compris qu'ils avaient des petits budgets et que c'était important de donner leurs chances aux jeunes.

En revanche, maintenant, avec quatre clubs dans les trois premières divisions, il faut être un beau salaud pour partir jouer ailleurs, non ?
Aujourd'hui, on voit que tout est possible. Le Gaz se retrouve en Ligue 2, alors qu'ils étaient en CFA quatre ans en arrière. Partir, c'est toujours difficile. On se dit « Pourquoi ne pas le faire chez nous ? » Ensuite, on est en National, c'est un monde de pros, mais il faut pouvoir s'en sortir. Être bien payé, être dans de bonnes conditions, ce n'est pas facile pour tout le monde. J'ai arrêté de travailler à côté, on s'entraîne tous les jours, on se donne vraiment à fond pour être bons le week-end.

On ne vous a pas trop houspillé dans les rues de Bastia après votre victoire ?
Déjà, dès la fin du match, ça a été insolite. On était tous contents dans le bus, mais arrivés à Corte, on est tombé en panne. On a dû pousser le bus pour repartir, un enfer. Ensuite les supporters bastiais avaient tous un peu de rancœur, ils auraient préféré voir le Sporting plutôt que nous en 16es, mais ils nous ont félicités. Déjà au stade, ils ont été sympas.

Vous avez été au contact avec Yannick Cahuzac, qui s'est blessé sur le coup. Vous n'avez pas eu peur de ne plus pouvoir sortir dans la rue ?
Non. Déjà, c'est plus lui qui m'est rentré dedans. Mais je le connais, il connaît mon frère, on n'y est pas allé pour se faire mal. Mais sa blessure à l'épaule, oui, ça m'ennuie. C'est le capitaine du Sporting, pas n'importe qui, c'est dommage.

C'est qui, en définitive, les fans du CAB ?
Des jeunes. Bon, ensuite, ils supportent d'abord le Sporting, c'est le club de cœur de la ville, donc on vient après eux. On commence à attirer du monde, mais c'est beaucoup de membres de la famille, de jeunes du club. Mais les gens qui aiment le foot aiment voir des bons matchs et on en a, contre Metz, Boulogne ou Rouen.

Ne sont-ils pas tous, avant tout, supporters du Sporting ? Même votre entraîneur, Stéphane Rossi, disait être déçu de les éliminer…
Oui, des joueurs sont pour le Sporting. Quand ils reçoivent Marseille ou Lyon, on y va, on espère qu'ils gagnent. On n'est pas là à espérer qu'ils perdent pour devenir plus importants, loin de là.

Tu penses que vous pourriez devenir une véritable autre force du football bastiais ?
On l'espère. Cette année, le but, c'est le maintien. Mais si on reste en National, qu'on commence à connaître le championnat, on peut avoir d'autres ambitions, aller plus loin. Pourquoi pas jouer la montée et venir frotter le Sporting, les rendre un peu jaloux.

Un Bastiais joue à Brest, Grégory Lorenzi. C'est un membre indiscutable de la Squadra Corsa. Vous-y pensez, vous, à l'équipe de Corse ?
Jeune, je faisais partie de la Ligue corse. Ce serait gratifiant qu'on m'appelle, de côtoyer d'autres joueurs corses. J'en connais quelques-uns, comme Jean-Baptiste Pierazzi. J'ai du sang corse, ce serait bien, mais je n'y pense pas vraiment.

Avant le derby, Frédéric Hantz a avoué qu'il aimerait avoir quelques joueurs du CAB dans son effectif. Honnêtement, vous n'aimeriez pas un jour jouer au Sporting ?
Question difficile. S'ils sont intéressés... Ce ne serait pas humble, mais si un jour ils m'appellent, pourquoi pas. Hantz connaît notre niveau, s'il dit ça, il doit le penser vraiment. Mais s'il vient piquer trois joueurs chez nous, je pense que notre président ne serait pas très content.

Vous le sentez comment, ce match face à Brest ?
Personnellement, je le sens très bien. L'équipe est prête, et on va essayer de les mettre en difficulté. Évidemment, on signe même pour un 1-0. On a un système particulier, on joue en 3-5-2, ce n'est pas toujours évident de s'y tenir, mais quand on le fait bien, on fait très mal.

Propos recueillis par Thomas Andrei
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