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Saint-Michel : « Balotelli est un enfant à côté de Best ou Cantona »

Avec leur dix ans de décalage, ce sont deux conceptions du football qui opposent Émile et Philippe, le duo qui constitue le projet electro-pop versaillais Saint-Michel. Comme quoi, dans la ville des Rois de France, on peut aimer autre chose que le tennis et vouer un culte à Arsène Wenger et... aux Girondins de Bordeaux.

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Tout le monde sait qu'en France, le seul Michel sanctifié, c'est Platini. Il y a un lien ?
Philippe : C'est vrai qu'on le cite jamais en interview mais il devrait faire partie du truc.
Émile : On pense toujours à Michel Sardou, en fait.
Philippe : Non, Dieu merci, on ne s'identifie pas non plus à Michel Sardou.
Émile : Juste, quand on parle de nos influences, on a tendance à parler des Michel musicaux, pas des Michel du foot.
Philippe : Mais en tout cas, gros respect pour Michel Platini. Grand Monsieur du foot français. Mais Saint-Michel, c'est aussi la légende du mec qui a défoncé le dragon. Ça rejoint l'idée du joueur sur un terrain qui tape son offensive, cet esprit guerrier. Une volonté de conquérir qui nous parle.

Vous avez déclaré avoir choisi Saint-Michel parce que vous vouliez « que ça sonne français, parisien » . C'est parce que Saint-Germain était déjà pris ?
Philippe : Mais c'est que Monsieur pique ! Finalement, en musique, tu as plein de saints. Tu as le projet electro-jazz Saint-Germain, mais tu as aussi Saint-Étienne, Saint-Augustine. Même St Vincent aux États-Unis. Malraux avait dit « le prochain siècle sera spirituel ou ne sera pas » . Bon, entre le r'n'b et Saint-Michel, faut encore choisir.

Vous venez de Versailles : pas facile de kiffer le foot à Versailles, si ?
Émile : Il y a un stade à Versailles ?
Philippe : Non mais alors ça, c'est une fausse idée. Il y a une équipe locale, même.
Émile : Le Versailles FC ?
Philippe : Non, le FC Versailles, attention ! (exactement, le FC Versailles 78, qui joue en DH) On fait des petites rencontres contre Le Chesnay, Chaville... Il y a un petit stade, qui s'appelle le stade Montbauron, mais je n'y suis jamais allé. Faut reconnaître que ça ne fait pas rêver et que ça n'est pas la culture typiquement versaillaise. Mais bon, les clichés, c'est des conneries : si tu vas dans un bar à Versailles, ils retransmettent tous les matchs. À 1 heure, tout le monde est couché mais l'ambiance est bonne.

Et donc toi, Émile, c'est le PSG, c'est ça ?
Émile : Ben pas forcément. Je suis surtout fan du PSG depuis quelques années. Depuis qu'ils gagnent, en fait.
Philippe : Rha, mais c'est horrible de dire ça !
Émile : Ouais, c'est horrible ! Je suis un peu opportuniste. Je ne suis pas un fan supporter : s'il se trouve que l'équipe de la ville dans laquelle je vis gagne ben cool, je la supporte. Je sais que je vais me faire cracher dessus mais j'assume. Avant, je ne supportais pas Paris, j'étais fan d'Arsenal.

Arsenal, ça a été longtemps la lose, quand même...
Émile : Ouais mais c'était Thierry Henry ! Et puis, il y avait toute cette colonie de frenchies. Et Arsène Wenger, que j'aime beaucoup. Ça fait presque vingt ans qu'il est là.
Philippe : Arsène a une classe incroyable. Avec Thierry Henry, c'était la réussite française en Angleterre, ce qui n'est pas rien. De la fierté dans le bon sens. Humainement, Arsène, il renvoie quelque chose de fort. Une espèce de philosophe, d'intellectuel du football. T'as l'impression de voir du foot avec Bernard Pivot ! Pour autant, le jeu à l'anglaise, où ça casse de la jambe, où c'est très dur, c'est pas mon kif.

Quel jeu tu affectionnes, alors ?
Philippe : Ben le jeu à l'espagnole. Je trouve ça juste beau. Cette maîtrise...
Émile : Justement, Arsenal produit ce genre de jeu léché. Le dernier but que Wilshere a mis il y a deux matchs, c'est trois passes en un touché de balle et but. C'est incroyable.

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Philippe : Cela dit, en disant que tu es fan d'Arsenal, tu vas te faire choper dans le fond de Paris et te faire casser les jambes, mon gars...
Émile : Non mais j'aime le foot pour son jeu, le spectacle qui a autour. Le PSG, c'est quoi ? Lavezzi est argentin, Cavani est uruguayen : ils sont à Paris comme ils auraient pu rester à Naples, ça ne change rien. Et puis Sakho est parti...
Philippe : Oui mais on est passé dans une nouvelle dimension. Les gros clubs comme le PSG, ils s'en foutent de défendre des petits poussins locaux. Ils prennent des gros tueurs pour faire le score. Une équipe qui gagne, c'est une équipe qui fait de l'argent donc au bout d'un moment, elle ne reflète pas le terreau local. Ça, c'est un truc à l'ancienne. Ou d'équipe de milieu de tableau, désolé de dire ça. Les mecs n'ont pas assez d'argent donc ils marchent avec les gars de la région.
Émile : Le contre-exemple parfait de ça, c'est Barcelone, dont de nombreux joueurs sont issus de la Masia.
Philippe : Oui mais en France, on n'a peut-être pas ce niveau d'excellence en matière de formation. Mais je ne dis pas que c'est impossible. On a juste cinq wagons de retard. Je crois surtout que je suis un romantique du football à l'ancienne. C'est aussi une vision un peu pipeau parce qu'il y avait déjà beaucoup de fric à l'époque mais t'avais l'impression qu'il y avait plus de place pour l'humain, pour l'histoire. J'étais fan des Girondins avec leur maillot à scapulaire en feutrine, de l'OM de Chris Waddle. La finale de Coupe des Champions perdue par l'OM en 91, les images étaient terribles... Tu vois Boli, ce grand renoi qui chiale ! J'aime aussi la période des Girondins avec le trio Zidane-Dugarry-Lizarazu et la finale de Coupe UEFA au bout (en 1996, perdue contre le Bayern). Les prémisses de France 98, quoi. Un de nos potes est fan des Girondins et ce que j'aime chez le supporter bordelais, c'est sa discrétion dans l'émotion. D'ailleurs, avec lui, on a rencontré Battiston parce qu'on se trouvait chez l'ancien président des Girondins, Monsieur Lange (Jean-Didier de son prénom, bras droit d'Afflelou puis de Triaud, de 1990 à 1999), au Cap-Ferret. Donc nez à nez à l'apéro avec Battiston, à boire des grands vins et à jouer du jazz.

Chic.
Philippe : Perso, j'aime pas le jazz mais Monsieur Lange est un grand amateur de jazz. Il aime le foot, le jazz, les grands vins. Plutôt cool. Et les meilleurs musiciens de la région s'étaient pointés pour jouer. Et là, t'es avec Battiston. Pour la rigolade, on a fait un petit bœuf, tous les deux à la batterie.

Sinon, vous avez parlé de quoi ?
Philippe : Bah de France-Allemagne 82. Le mec est cool, hyper smart avec sa petite chemise et son pull sur les épaules. Encore une fois, c'était une époque avec une espèce de magie. Maintenant, on gaspille tellement de temps à commenter les erreurs de l’Équipe de France, les comportements de ses joueurs. Lui est gentil, lui est méchant, lui fréquente des prostituées. On n'est plus dans le foot, on est dans l'action sociale. Ça a commencé à partir du moment où la France a décroché la Lune en 1998 : on a commencé à s'intéresser à la France avec un autre regard. On se considérait pas capables de glaner une étoile et c'est arrivé. Depuis 1998, il y a un pétage de câble sur le foot en France. Ça y est, on est les rois du monde, on peut l'être à nouveau et on ne comprend pas qu'on le soit pas. Des mecs qui sont des losers se prennent un jour à espérer. Ça te fait des losers prétentieux. Et il n'y a rien de pire que ça.

Tu balances beaucoup, Philippe, mais t'as bien un joueur favori ?
Philippe : J'ai un énorme amour pour George Best. Ce mec est incroyable. Le plus zicos de tous les footballeurs. Il a cette phrase géniale qui dit « j'ai claqué toutes mes thunes dans les putes et la coke. Le reste, je l'ai gâché » .
Émile : Ça manque de mecs comme ça dans le foot actuel. Il y a bien Balotelli mais c'est de la flambe. À côté de Best ou de Cantona, Balotelli, c'est un enfant. T'as bien d'autres mecs avec une grande gueule genre Joey Barton mais ça devient un peu poussif. C'est une espèce en voie de disparition.
Philippe : Désormais, il y a sans doute moins de place pour laisser un joueur atypique s'exprimer. On produit des joueurs calibrés.
Émile : Même dans le tennis, t'avais des mecs comme McEnroe, Safin, Agassi, Lendl, Becker, qui étaient des gros mabouls. Maintenant, t'as qui ? Tsonga qui te vend des Kinder Bueno. Merci.


En France, il y a toujours Zlatan.
Philippe : Il est dans l'egotrip le plus total. Un peu comme Cantona mais chez ce dernier, il y a beaucoup d'humour. T'as l'impression qu'il sait qu'il fait le coq et que ça lui plaît. Alors que Zlatan, c'est premier degré à fond. Mais je m'en fous de sa prétention. Il a les résultats qui suivent pour se la péter. Il défonce tout.

On sent que vous avez envie de parler de Cantona...
Émile : Petite anecdote : on a été joué à Venise et dans l'EasyJet du retour, on a rencontré Cantona !

L'info la plus dingue de cette phrase, c'est que Cantona vole en EasyJet.
Émile : Ouais, étonnant. On n'a pas osé lui parler, on est juste allés lui demander si on pouvait faire une photo avec lui. Et lui... (Émile remonte son col et prend l'accent de Cantona) « Ouais, bien sûr ! » C'est drôle parce qu'il est tout gentil, tout normal et dès que tu vas prendre la photo, il prend une grosse tête de méchant !



Votre premier EP s'appelait I Love Japan. Un hommage à Philippe Troussier ?
Philippe : Haha, ça sent l'entraîneur pourri parti mourir au Japon...
Émile : Ouais, c'était l'entraîneur du Japon à une période. D'ailleurs, Wenger a entraîné au Japon, non ?

Oui, un an avant de venir à Arsenal, à Nagoya.
Philippe : Quand on a composé notre EP, on a utilisé des synthé vintage sur place au Japon, et on a inventé un personnage. Un savant japonais qui fait des solos de synthé un peu fous : le Docteur Kawashima. En référence au jeu de Nintendo DS... Mais aussi à Eiji Kawashima, le gardien du Standard de Liège ! J'adore le Japon, sa culture. Ils sont drôles, quand même. Le football, ils le vivent comme un truc manga. Du fluo et des incrustations partout sur les écrans. Tu te rappelles ce jeu à la télévision ?
Émile : Ah oui, quand ils font jouer Messi contre un robot goal ! Il a une petite caméra qui détecte les mouvements du tireur.
Philippe : Personne sur Terre n'a réussi à le niquer. D'ailleurs, on sait pas si le programmateur a pas changé pour que Messi marque à la fin.

Making Love and Climbing de Saint-Michel, sorti le 21 Octobre chez Columbia
Saint-Michel en concert le 12 Décembre à La Maroquinerie

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Propos recueillis par Matthieu Rostac
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