Sagna : « Chamakh, le joueur qui nous manquait »

Mardi soir à Paris, Puma consacrait son showroom au lancement du ballon officiel des Ligues 1 et 2. Sur place, on a croisé Fabrice Abriel, Nicolas Anelka et Bacary Sagna. L'occasion de revenir un peu sur la saison du latéral droit d'Arsenal avant qu'il ne s'envole pour l'Afrique du Sud.

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Peux-tu revenir sur ta saison à Arsenal ?


Ça a été une saison très longue avec pas mal de moments difficiles, surtout sur la fin. Il y a quelques regrets parce qu'on a fini troisièmes. On avait les armes mais au final, on n'a rien. En Ligue des Champions, on est tombés sur plus fort que nous comme le Barça, par exemple, la meilleure équipe du monde. Il va falloir travailler pour faire mieux l'année prochaine.

L'arrivée de Chamakh, tu en penses quoi ?


Je suis content pour lui et pour l'équipe. Il est ce qui nous manquait. Il est bon de la tête et est capable de garder le ballon sur le terrain. C'est un très bon footballeur.

Vous êtes plusieurs, dont Robin Van Persie, à avoir ce discours. Vous avez été payés pour ça ?


Non, non, c'est l'image qu'il dégage. Il est bon, il a son propre style. Et dans une équipe, on a besoin de tous les styles pour être complet et performant.

Y a-t-il d'autres recrutements prévus à Arsenal ?


Je ne suis pas au courant. Ah si, j'ai entendu parler de Diakhaté. Enfin, que le club serait intéressé. Mais je n'en sais pas plus.

As-tu suivi le parcours d'Auxerre en Ligue 1 ?


Oui, je suis content pour eux. Ils récoltent enfin le fruit d'un travail de 4-5 ans. Depuis le départ de Younes Kaboul, l'équipe apprend à se reconstruire. Ça a pris du temps mais il y a toujours une période de flottement. Dans ces moments-là, on attend un déclic. En tout cas, j'aimerais les rencontrer en Ligue des Champions. J'ai des amis encore là-bas et c'est le club de ma région.

Tu as dit en interview que l'Equipe de France allait devoir s'inspirer du parcours de celle de 98. Sauf que cette année-là, la Coupe du Monde se jouait à domicile.


Le fait qu'on ne joue pas ici, que ce soit loin, ce n'est pas plus mal. Ça nous permettra peut-être de nous créer une sorte de cocon, de rester entre nous et de mieux nous concentrer. Et le public français est derrière nous quand même.

Selon quelques sondages récents, pas tant que ça...


Il a souvent râlé mais pour exprimer des mécontentements, pas une démotivation. En tout cas, on aimerait vraiment lui provoquer plus de plaisir, lui donner une autre image, provoquer chez les gens de belles réactions comme en 98 quand ils défilaient dans les rues avec des drapeaux et de la peinture sur le visage.

Des marques de matériel hi-fi ont déclaré que si l'Equipe de France gagnait cette Coupe du Monde 2010, elles remboursaient intégralement des télés achetées pendant une certaine période. Tu me conseilles d'en acheter une ?


(Rires) Au moins, ça prouve qu'on pense toujours à l'Equipe de France. C'est pas trop péjoratif, ça va pousser les gens à nous soutenir. Je suppose...

Pour la Coupe du Monde, quelles sont tes équipes “favorites” ou plutôt celles que tu crains de rencontrer ?


Les équipes les plus compétitives : l'Espagne, l'Argentine, la France. Et une équipe africaine : la Côte d'Ivoire. L'Angleterre, aussi. En fait, la plus grande difficulté de l'Angleterre, ça va être pour le sélectionneur. Il doit faire un choix entre tous les très bons joueurs. Et il y en a beaucoup.

Qu'est-ce qui différencie Arsène Wenger de Raymond Domenech ?


Concernant la tactique : rien. Quand ils ont quelque chose à dire, ils le disent. Et ils se mettent toujours en avant pour protéger les joueurs. Sur d'autres points, bien sûr, il y a des différences mais c'est la nature humaine qui veut ça.

On parle souvent des problèmes d'égo dans le foot. Comment va le tien ?


Je suis un mec normal, facile à vivre. On l'oublie souvent mais les footballeurs sont des gens normaux. Et ils se protègent. Mais il y en a qui s'y prennent mal. Par exemple, j'ai souvent entendu à propos de Nasri qu'il était prétentieux. Il ne parle pas beaucoup... Mais c'est seulement de la protection. En fait, certains ont du mal à gérer. Moi, je suis cool.

Il t'arrive de donner des cours de français dans des écoles à travers le foot (Wenger donne des cours d'allemand et Fabregas, d'espagnol, ndlr). C'est pour valoriser ton image, sortir de celle du footballeur ?


C'est toujours plaisant de faire quelque chose de différent. Pour moi, c'est important de faire ça, c'est un plaisir personnel. En fait, c'est juste magique de pouvoir apprendre le français à des jeunes. Aujourd'hui, les footeux sont des exemples, pour les jeunes surtout. Donc c'est plus facile de les toucher.

Tu vois quoi, pour la suite ?


Je suis bien à Arsenal, j'en profite.

C'était ce que tu voulais, jouer en Angleterre ?


J'aime beaucoup le foot anglais. Ce sport fait partie de la culture là-bas. Les gens sont fous. Certains sont dans la merde, ils n'ont rien sauf un abonnement au stade. Et si leur équipe perd, ils sont capables de se mettre en arrêt maladie le lendemain.

Et les autres pays ?


L'Italie, non... En Espagne, c'est bien mais trop lent. Enfin, je veux dire, ils réfléchissent trop. Comme en France. On dirait pas comme ça mais la Ligue 1 est un championnat très dur, très technique, avec beaucoup de tactique. En Espagne, c'est pareil. Alors qu'en Angleterre, on pense moins. Sur le terrain, on y va à fond. Et on voit.

Propos recueillis par Noémie Pennacino

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