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Sablé : « Les Verts marchent sur l'eau »

« Comme souvent, mon téléphone sonne plus avant ce match » . Julien Sablé n'est jamais pris de vitesse. Douze piges dans le Forez, ça vous marque un bonhomme à vie. Alors quand Sablé le Niçois reçoit Saint-Étienne, ça promet un dimanche sportif.

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Tu sais pourquoi je viens vers toi ?


Oh oui. Mais c'est toujours un plaisir de parler de Saint-Étienne. C'est mon premier amour quand même. C'était à la fois passionnel et destructeur. Surtout sur la fin. C'est comme avec les filles, la rupture de ta première grande histoire, c'est une bonne claque dans la gueule. J'ai passé douze ans à Sainté, formation comprise, j'ai toujours ça en moi. Mais je n'ai pas su partir au bon moment. J'ai attendu le déchirement. L'année de trop je pense. Mais je ne regrette rien, ça reste une période merveilleuse. Alors là, je regarde avec beaucoup de plaisir leur parcours mais pas seulement pour mon ancienne histoire avec les Verts.

C'est-à-dire ?


C'est une équipe qui reste sur deux années de galères. Et aujourd'hui ils sont sur un nuage. L'an dernier, on a également vécu une saison en enfer alors on se doit de respecter leur retour au premier plan et s'en inspirer. On se dit, pourquoi pas nous ? On a un groupe jeune. On a connu des périodes délicates, il faut s'en servir pour l'avenir.

Tu t'attends à quel genre de match ?


C'est basique. C'est le deuxième contre le treizième. On va être très attentifs car ils sont dans une spirale positive. Ils marchent sur l'eau. Il y a un chef d'orchestre qui tient la barre et qui fait un boulot remarquable en la personne de Christophe Galtier. Et puis il y a Dimitri Payet, le monsieur plus du moment. Il est décisif sur chaque action. On s'attend donc à une rencontre compliquée mais on reste humbles par rapport à eux. L'année dernière on a fini devant eux mine de rien...

Vous avez travaillé sur la défaite en Coupe de la Ligue dans le chaudron du mois dernier (0-2) ?


Oui et non. En Coupe de la Ligue, c'était deux équipes tronquées et remodelées, on était à l'extérieur et je crois que sur trois occasions, ils mettent deux buts. C'est le genre de match sur lequel tu ne peux rien retenir. Mais l'an dernier, on les avait également joués en coupe en septembre et on avait pris 4-0.... Là, on avait été bidon.

Comment ça bosse un club de Ligue 1 pendant une trêve internationale ?


On a énormément d'internationaux africains donc on est en petit effectif. La première semaine on s'est surtout reposé. On a fait un bon nul à Paris (0-0), c'était important de ne pas partir sur une défaite. Car quinze jours avec une valise dans le dos, moralement, c'est dur. Là on s'est rassuré, on a fait un match solide et on était meilleurs dans l'utilisation du ballon. C'était important après nos trois défaites de suite même si je n'ai jamais été inquiet. On est bien revenus et là, ça fait une semaine qu'on bosse avec le ballon. On a rechargé les batteries et il est très important de bien repartir, de se remettre dans le bain avec un bon résultat.

Une trêve qui a vu la désignation du groupe Vinci pour les travaux du futur stade de Nice.


C'est primordial pour un club d'avoir ce genre de projet. Dans le vestiaire, on est tous investis d'une mission. Celle d'amener le club en Ligue 1 au grand stade en 2013. C'est un objectif sur trois ans extrêmement motivant. Je ne sais pas si j'y serai, mais ça donne envie de se bouger et de ramener le club en haut. C'est la cinquième ville de France, on a quelque chose à faire et un stade moderne ne peut être qu'un atout supplémentaire. Derrière, à nous, les joueurs, de ne pas nous tromper.

On a presque retrouvé le Julien Sablé de la belle période stéphanoise ?


J'ai rencontré un club idéal, j'ai mûri. Le divorce avec Sainté, le raté de Lens et les débuts difficiles à Nice m'ont endurci. Je suis plus mature. Je construis quelque chose en ce moment. Parce qu'à un moment donné, je me laissais aller. J'ai fait le pari d'aller à Lens alors que tout était calé avec l'OM. J'avais donné ma parole à Guy Roux, c'est comme ça. Mais c'est trop tard pour les regrets. Comme je marche à l'affectif et qu'ici on a confiance en moi, tout roule. Je suis heureux, je m'épanouis mais je dois me battre pour ma place et j'aime ça. J'ai toujours su que les clubs populaires me correspondaient mieux. Je revis les mêmes sensations qu'à Sainté avec la maturité d'un trentenaire en plus.

Tu te vois marquer un but contre les Verts dimanche ?


Je ne sais même plus comment on fait. Je crois que je n'ai plus marqué depuis 2005, c'était avec Sainté. Si je réalise un hold-up sur une action, je me trouverai tout con à ne pas savoir comment célébrer le but. Pour compenser, depuis quatre ans, je cours comme un dératé derrière le collègue qui marque. J'ai l'impression d'avoir participé comme ça.

Un petit pronostic ?


J'ai toujours été bidon en pronostic. Mais disons qu'une victoire 1-0 à la 92ème sur une main involontaire de Sablé, je prends !

Propos recueillis par Mathieu Faure

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