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N°7 : Alfredo Di Stéfano

Il a donné son nom au titre de meilleur joueur de la Liga, à l'enceinte du Real Madrid Castilla et à l'avion qui transporte les joueurs merengues à travers le monde. Un jour, c'est sûr, le Santiago Bernabéu sera rebaptisé Alfredo Di Stéfano. Parce qu'après tout, si le Real est ce qu'il est aujourd'hui, c'est en partie au seul Super Ballon d'or qu'il le doit.

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#7: Alfredo Di Stefano

Il y a quasiment trois ans, So Foot décidait d'interviewer Alfredo Di Stéfano. Ça ressemblait à une bonne idée. On avait juste oublié une chose : les 83 ans de l'Hispano-Argentin à l'époque. À cet âge-là, Dame Nature ne pardonne pas. Avant de caler un rendez-vous, il avait ainsi fallu attendre que Di Stéfano sorte de l'hôpital dans lequel il était entré d'urgence pour une insuffisance cardiaque. Il a bien failli y passer. Puis il a eu une grippe. Et une vilaine toux. Sans compter de nombreux maux de dos. Après des semaines d'attente, rendez-vous est finalement pris au Bernabéu. Dans l'avion pour Madrid, une crainte : celle de devoir affronter un homme fatigué, malade, incontinent et sans toute sa tête.



La tanière de la bête est au sous-sol du Bernabéu. Dans une petite pièce remplie de photos en noir et blanc. Di Stéfano est là, tranquille, il parle avec Santamaria du bon vieux temps et de la main d'Henry contre l'Irlande. À ses cotés, une jeune femme. Elle est belle comme le jour. C'est son assistante personnelle. Di Stéfano semble plutôt en forme. Malgré sa canne et son teint blafard, il se montre vif d'esprit. Ses premiers mots sont pour la chemise à col Mao portée ce jour-là pour l'interview : « On dirait un prêtre. Si t'es venu ici pour me confesser, tu arrives trop tard !  » Le mythe est bien vivant. Il finit la discussion de deux heures et demie par un avertissement : « Attention gamin, ce que tu as dans ton enregistreur, c'est une interview, pas mon testament. Je suis encore là pour un bon bout de temps, crois-moi !  » Force est de constater qu'il avait raison.


Il choisit le Barça, Franco l'envoie au Real


Parler de football avec Di Stéfano, c'est évoquer une odyssée. Une histoire sans fin qui commence dans les années 40 avec la mythique Maquina de River. En Argentine, la Saeta Rubia n'est que le remplaçant de luxe de son mentor Adolfo Pedernera. À l'époque, Di Stéfano est aussi le premier footballeur à embrasser le syndicalisme pour défendre les droits des joueurs. La grève du championnat argentin le mènera même jusqu'à l'exil. Il rejoint alors Pedernera aux Millonarios de Bogota, où il fait notamment la rencontre d'un certain Che Guevara. Il est finalement repéré par le Real Madrid et le FC Barcelone lors d'un match contre les Suédois de Norrköping disputé en Espagne. Di Stéfano choisit d'abord les Blaugrana. La Fédération espagnole et Franco l'expédieront finalement chez les Madrilènes. L'Argentin naturalisé espagnol propose alors une version sépia du football total qui permet à « son » Real Madrid de remporter cinq Coupes d'Europe des clubs champions. Et d'entrer dans la légende. Après une brouille avec Santiago Bernabéu, qui refuse de le prolonger, il signe pour l'Espanyol Barcelone où il raccroche finalement les crampons à l'âge de 40 ans.



Après avoir été entraîneur, avec une multitude de titres à la clé, Di Stéfano était depuis plusieurs années le conseiller spécial de Florentino Pérez et l'ambassadeur du Real Madrid à travers le monde. L'homme qui a joué pour trois sélections différentes (Argentine, Colombie, Espagne), qui a connu des rois et des dictateurs, des Zidane comme des Pavon, était toujours fidèle au poste à 85 ans. Observateur éclairé, il distribuait bons points et bonnets d'âne à tour de rôle, mais toujours à bon escient. Capable de critiquer la philosophie de José Mourinho ou de préférer Lionel Messi à Cristiano Ronaldo, Alfredo Di Stéfano bénéficiait d'une sorte d'immunité diplomatique unique dans le football espagnol. Il est d'ailleurs peut-être le seul à faire l'unanimité dans un pays divisé en deux camps. Il est aussi le seul nom sur lequel des égos comme Pelé, Diego Maradona, Michel Platini, Johan Cruijff ou Bobby Charlton se mettent d'accord lorsqu'il s'agit de désigner le meilleur joueur de l'histoire. Don Alfredo est parti tranquille : sa légende est immortelle.