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« S’enflammer sur un but des Bleus, qu’est-ce que c’est bon ! »

Après quatre années de bons et loyaux services sur les antennes de beIN Sports, Éric Di Meco a décidé de rejoindre SFR Sport où il commentera la Premier League la saison prochaine. L’occasion de revenir sur son dernier match aux côtés de Christophe Josse samedi dernier, mais également sur l’Euro qui arrive à grands pas.

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Tu as vécu ton dernier match samedi sur beIN, à l’occasion de la finale de Ligue des champions. Alors c’était comment ?
Comme d’habitude, c’était sympa. (rires) Non, mais c’était avant tout un super match et c’est exactement pour ce genre de rendez-vous que l’on fait ce métier. Pour une dernière, une finale de Ligue des champions, c’est l’idéal, même si ce n’était pas choisi, hein, c’est juste qu’il s’agit du dernier match de la saison et que mon contrat se finissait à ce moment-là. En tout cas, j’ai appréhendé ça comme tous les autres matchs, sans me prendre la tête.

Et alors, tu en as pensé quoi, de cette finale ?
Bah, c’est sûr que ce n’était pas la plus belle de ces dernières années, mais c’était loin d’être la plus pourrie aussi.
« Après, les tirs au but, ce n’est pas quelque chose qui me fait vibrer, quand tu as été joueur, tu sais à quel point, c’est un exercice cruel. »
Il y a eu un scénario haletant avec du suspense, des retournements de situations, des coups de théâtre… Il y avait un peu de tout dans ce match. Après, les tirs au but, ce n’est pas quelque chose qui me fait vibrer, quand tu as été joueur, tu sais à quel point c’est un exercice cruel, et c’est toujours dur qu’une finale se décide là-dessus. Mais bon à l’arrivée, l’histoire est belle avec Zizou qui soulève le trophée, même si cette nouvelle désillusion pour l’Atlético fait un petit peu mal au cœur.


Le Real mérite sa victoire ?
Tu sais, à la fin, c’est l’équipe qui soulève le trophée qui a raison. Après, si tu regardes le parcours de l’Atlético, c’est sûr qu’ils sortent les deux favoris de la compétition, alors que le Real fait un parcours, disons, moins compliqué. Sur la finale, l’Atlético peut avoir des regrets, de gros regrets même. Simeone a très vite vu que son système en 4-4-2 ne mettait pas en difficulté le Real, il a donc changé à la mi-temps comme il l’avait fait contre le Bayern, ça a failli marcher, mais bon… C’est un match qui se joue à des détails comme souvent.

Le geste de la finale, pour toi, c’est le tacle de Ramos à la 93e ?
Ouais, c’est clair. On a même eu un débat pendant le match avec Omar parce que moi, j’appelle ça une faute intelligente, alors qu’Omar a du mal à mettre « faute  » et « intelligente » dans la même phrase.
« Quand tu es défenseur et que tu as une fraction de seconde pour prendre la décision de couper un mec qui risque de partir au but, c’est un geste intelligent, point. »
Mais pour moi, à ce moment-là du match, quand tu es défenseur et que tu as une fraction de seconde pour prendre la décision de couper un mec qui risque de partir au but, c’est un geste intelligent, point. Sur le coup, Ramos, il n’a pas le temps de se demander s’il va prendre un rouge ou un jaune, il voit Carrasco partir, il faut l’arrêter, c’est tout. Il y a eu plusieurs gestes qui ont fait tourner le match, comme la faute de Juanfran qui amène le but du Real, qui pour moi est une faute stupide, même si bon on en a tous fait, moi le premier, hein. Il y a aussi le penalty raté de Griezmann, la face-à-face raté de Karim…

Et il mérite le rouge, selon toi ?
Ah bah sur le coup, je crois qu’il prend le rouge. Après voilà, l’arbitre a dû penser qu’il y avait encore un défenseur à côté. C’est vrai qu’il le tacle aussi par derrière, donc bon s’il sort le rouge, personne n’aurait rien dit, ça c’est clair. Disons que c’est une faute que je comprends, et à sa place, je pense que j’aurais mis le même tacle. Personnellement, sur ce coup-là, j’ai plus de facilités à me mettre à la place de Ramos que celle de Carrasco.


Et après le match, vous êtes allés fêter ta dernière ?
Oh non, pas spécialement. On est allés manger un bout, j’ai payé ma petite coupette et on est allés se coucher. On était crevés, après cette journée, car une finale de Ligue des champions, c’est toujours le parcours du combattant pour aller chercher les accréditations et tout ça. Au final, on était rincés et on n’a rien fait de spécial.


Explique-nous un peu ce choix de partir de beIN pour aller sur SFR Sport ?
Ce n’est pas tant le choix de quitter beIN, c’est plus le choix d’aller sur SFR. Une fois que François Pesenti, qui est mon boss depuis dix ans sur RMC, est venu vers moi en me disant qu’il voulait que je vienne sur cette nouvelle chaîne, le choix a été vite fait. Je suis venu dans les médias grâce à RMC, c’est François qui a été le premier à me mettre à l’antenne et j’adore vraiment ce que je fais à la radio, c’est mon bonheur, ma bouffée d’oxygène. Et ça, beIN le savait très bien, puisque le premier truc que j’ai dit à Charles Bietry quand je suis arrivé chez beIN, c’était que je ne comptais pas arrêter la radio. Donc finalement, beIN n’a pas été étonné que je retourne dans ma première maison quand François m’a proposé ce nouveau projet.

Pas trop triste de ne plus commenter avec ton pote Christophe Josse ?
Si évidemment. Christophe, c’est plus qu’un collègue, c’est un ami.
« Avec Christophe Josse, on faisait 70 matchs par saison, donc on était collés ensemble près d’un tiers de l’année. Forcément, tu finis par créer des liens très forts. »
C’est lui qui m’a incité à commenter, alors qu’au début, je ne voulais pas, car je pensais que je n’avais rien à apporter, que je n’y arriverais pas. Pour te dire, quand François m’a proposé le poste jusqu’à ce que cela se fasse de façon officielle, il s’est passé près d’un mois et j’en ai fait des insomnies… C’est un véritable crève-cœur de ne plus commenter avec Christophe, c’est ce qui m’a le plus fait hésiter, d’ailleurs. On faisait 70 matchs par saison, donc on était collés ensemble près d’un tiers de l’année, alors forcément, tu finis par créer des liens très forts.

Quel est ton meilleur souvenir de ces quatre années sur beIN ?
Ah bah je pense que c’est clairement d’avoir fait la Coupe du monde au Brésil. Là-dessus, ils m’ont vraiment fait un gros cadeau. Et je les en remercie encore. Te retrouver du jour au lendemain à commenter les matchs de Ligue 1, ça passe, après tu passes à la Ligue des champions, bon bah, tu montes encore d’un cran, mais quand tu te retrouves à commenter l’équipe de France et une finale de Coupe du monde, c’est quand même autre chose. Je ne suis pas près de l’oublier. Quand tu commentes la Ligue 1, tu es toujours dans la retenue pour ne vexer personne, car tu sais très bien qu’il y a des supporters des deux côtés qui regardent, donc il faut rester impartial dans ton jugement, mais quand tu commentes l’équipe de France, c’est un bonheur de pouvoir se lâcher, de pouvoir presque être chauvin. S’enflammer sur un but des Bleus, qu’est-ce que c’est bon, putain !


Et justement tu n’es pas trop frustré de ne pas commenter les Bleus pendant l’Euro ?
Forcément, si. Mais bon, dans la vie, tu ne peux avoir le beurre et l’argent du beurre. Quand j’ai pris une décision, je savais bien que l’Euro allait me passer sous le nez, c’est comme ça. Quand je vais voir Christophe commenter avec quelqu’un d’autre, ça va sûrement me faire un peu bizarre, peut-être même que j’éteindrai le son au début. (rires) Non, mais en plus, je suis très content que ce soit Bruno (Cheyrou) qui soit nommé à ma place, c’est dans la logique.


L’année prochaine, on te verra donc commenter la Premier League, c’est un championnat que tu connais bien ?
Ouais, je regarde surtout les grosses affiches. Après, c’est un championnat qui a l’avantage d’être très télégénique, quand tu vois ces belles pelouses, avec ces beaux stades et les supporters, déjà tu trouves que le match est beau. C’est également un championnat où il y a beaucoup d’engagement, ce qui fait que même certains matchs moyens paraissent plus intéressants, ça donne des matchs spectaculaires.

En plus, tu arrives sur ce championnat l’année où ça va être intéressant avec les arrivées de Guardiola, Mourinho, Conte et même Klopp qui reste à Liverpool.
C’est clair qu’il va y avoir beaucoup d’histoires à raconter.
« Le premier match Mourinho-Guardiola, c’est sûr qu’on va le noter dans le calendrier. Mais il y aura aussi le retour de Mourinho à Chelsea, Klopp à Liverpool... »
Qui sait si Ibra ne va pas débarquer à Manchester United, en plus ? Avec les moyens qu’ont les clubs anglais, on risque encore d’avoir quelques recrues intéressantes. Le premier match Mourinho-Guardiola, c’est sûr qu’on va le noter dans le calendrier. Mais il y aura aussi le retour de Mourinho à Chelsea, Klopp à Liverpool, j’ai d’ailleurs vraiment hâte d’aller commenter à Anfield, car parmi les gros clubs, c’est vraiment le stade que je trouve le plus impressionnant. Bref, on ne devrait pas s’ennuyer.

Pour en revenir à l’Euro, tu la sens comment toi, cette compétition pour l’équipe de France ?
Alors, j’étais très confiant, de par les dernières performances des Bleus et les résultats des autres équipes. Mais alors là, avec les gros pépins qu’on a en défense centrale, je suis très inquiet. Quand tu regardes les dernières grandes compétitions internationales, tu réalises que pour être champion d’Europe ou du monde, bah il ne faut pas prendre beaucoup de buts… Pour preuve, les Espagnols en 2010, ils prennent deux buts et un seul en 2012. Pareil pour l'Italie en 2006, deux buts. On ne peut être champion qu’avec une défense imperméable, alors peut-être qu’on le sera au début de l’Euro, mais là tout de suite, c’est vrai que je suis inquiet.

Qu’est-ce que tu as pensé de Deschamps qui rappelle Rami alors qu’il ne fait pas partie des réservistes ?
Ça peut être incompréhensible pour beaucoup, mais quand tu sais comment fonctionne Didier, tu sais très bien qu’il va rappeler un droitier après la blessure de Varane. Dans sa hiérarchie, je pense que Rami est derrière Mangala, Mathieu et Umtiti, sauf que les trois sont gauchers et que c’est plus difficile de les faire jouer avec un Koscielny qui préfère jouer à gauche. Après, c’est le raisonnement du sélectionneur, on n’est d’accord ou pas, au final, c’est lui décide, hein.


L’autre choix qui a fait débat, c’est l’absence de Ben Arfa.
Pour Didier, une accélération de Ben Arfa qui dribble quatre joueurs d’Angers, c’est moins significatif que Coman qui dribble trois mecs de la Juve en Ligue des champions. Il doit penser que le niveau de la Ligue 1 n’est pas assez élevé pour tirer des enseignements sur les joueurs qui y jouent, et c’est pour ça que dans son groupe, il y en a la majorité qui joue à l’étranger.

Ce n’est pas un raisonnement qui ne va pas inciter nos jeunes joueurs à rester en France
C’est clair !
« Un mec qui plante des buts en Italie ou en Angleterre, il passera toujours avant un mec qui en marque en France. Le message envoyé avec cette sélection est clairement très négatif pour la Ligue 1. »
Comment tu vas expliquer à un Dembele qu’il peut faire une saison de plus à Rennes quand il voit que Coman ou Martial en partant à l’étranger sont sélectionnés ? Cette liste, elle peut être contre-productive pour la Ligue 1, je disais l’autre fois à la radio que pour moi, il a envoyé un drôle de signal au championnat de France. Pour Didier, il faut être bon dans les grands matchs et les mecs qui sont bons dans les matchs moyens, ça l’impressionne moins. Un mec qui plante des buts en Italie ou en Angleterre, il passera toujours avant un mec qui en marque en France. Le message envoyé avec cette sélection est clairement très négatif pour la Ligue 1.


Et qu’est-ce que tu as pensé des déclarations de Cantona ?
Bon déjà, il faut savoir que les deux ne s’apprécient pas du tout, hein. Éric aime le beau jeu et les beaux joueurs, alors forcément, ça doit être un crève-cœur pour lui de ne pas voir Ben Arfa dans le groupe. Après, selon moi il s’est trompé, je ne l’ai pas vu depuis longtemps, mais je lui dirai la prochaine fois qu’on se verra. Je comprends qu’il ait voulu défendre Ben Arfa, car c’est vraiment sa philosophie du football, mais il s’est trompé d’angle d’attaque.

Mouille-toi un peu, donne-moi le vainqueur de cet Euro.
Putain, j’en sais rien du tout. Sans prendre trop de risques, j’ai envie de te dire l’Allemagne, car malgré tout, ça reste les champions du monde en titre et qu’ils ont du lourd à tous les postes. Mais au niveau des outsiders, je ne sais pas pourquoi, je conseillerais de jeter un œil particulier à la Pologne et à la Croatie. Je ne sais pas pourquoi, mais je vais les regarder attentivement.

Propos recueillis par Gaspard Manet
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