Russie, Ukraine, Turquie : le point à mi-saison

C'est l'heure des bilans de mi-saison pour trois des principaux championnats d'Europe de l'Est et du Sud, avec un Zénith au-dessus des clubs moscovites en Russie, un Dynamo Kiev en reconquête en Ukraine et la belle bagarre stambouliote en Turquie.

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Russie – Premier League

La course au titre : une marge pour le Zénith

Le Zénith Saint-Pétersbourg aurait-il déjà championnat gagné ? À un peu plus de la mi-saison (17 journées disputées sur 30), les hommes d'André Villas-Boas comptent 7 points d'avance sur le CSKA et 9 sur le Dynamo, qui complète le podium provisoire. Le champion 2007, 2010 et 2012 n'est pourtant pas imbattable (deux vilaines défaites en novembre contre Grozny et Saransk), mais il profite de l'irrégularité de ses concurrentes, à commencer par le CSKA, double tenant du titre, capable d'enchaîner trois revers de suite au cours de ce même mois de novembre… Quant au Dynamo de Mathieu Valbuena, s'il a bien fini l'année 2014 (4 défaites et 1 nul lors des 5 dernières journées), il a laissé pas mal de points en route auparavant et ne semble désormais viser « que » la deuxième place qualificative pour la prochaine Ligue des champions.

La belle surprise : FC Krasnodar

Le football russe est assez simple à suivre : il y a le Zénith, la meute des clubs moscovites et une masse de clubs de province dont certains émergent brièvement avant de généralement rentrer dans le rang. Ce fut le cas de la comète Makhatchkala ou du Rubin Kazan, l'ancienne équipe de Yann M'Vila. Aujourd'hui, la lumière est sur le FC Krasnodar, surprenant quatrième du classement provisoire, devant le Loko et le Spartak. Attention à ne pas confondre avec l'autre club de la ville, le Kuban Krasnodar, où a évolué Djibril Cissé. Le FCK est le joujou du milliardaire Sergey Galitsky, fondateur et PDG de Magnit, première chaîne de distribution en Russie. Dans l'effectif, un joueur retient particulièrement l'attention : le petit ailier brésilien Joãozinho, passé précédemment par la Bulgarie. L'ancien adversaire de Lille en Ligue Europa n'a plus que le championnat à jouer et pourrait en profiter pour viser le podium.

La banane : la crise ?

Les fans de la L1 le savent, le championnat russe est en pleine progression et vient contester notre rang UEFA. Le secret de la réussite actuelle ? Une réorganisation de la saison sur un rythme à l'occidentale, une belle concurrence entre Moscou et les clubs de province, mais aussi et surtout beaucoup d'argent pour attirer joueurs et entraîneurs étrangers, en plus de garder les meilleurs éléments locaux. Avec la perspective de la Coupe du monde 2018 en plus, tous les feux semblent au vert. Sauf que le football russe pourrait être rapidement confronté à la crise financière qui touche le rouble, conséquence d'un contexte géopolitique hyper tendu. Or, une bonne partie des clubs qui cartonnent ces temps-ci sont détenus par des hommes d'affaires plus ou moins proches de Poutine, notamment Boris Rotenberg, le boss du Dynamo. Les salaires des grosses stars du championnat (Hulk, Witsel, Garay, Valbuena, Dzagoev, Doumbia) pèsent lourd, et certaines d'entre elles pourraient être tentées de plier les gaules. Pourront-elles être remplacées ? C'est peut-être encore un peu tôt pour s'inquiéter, mais…

Le top 5

  • Mathieu Valbuena. Plus personne ne peut se moquer de Valbuena. Le charrier à la limite, mais il impose le respect : toujours cadre des Bleus et intégration les doigts dans le nez dans un championnat loin de la L1, avec déjà 8 passes décisives. C'est qui le boss ?
  • Danny. Le capitaine du Zénith, l'historique de la colonie portugaise à Saint-Pétersbourg, la valeur sûre de l'organisation offensive, le premier passeur pour le buteur Hulk. Un daron, un vrai.
  • André Villas-Boas. Pas facile de se remettre de ses échecs en Premier League, pas facile de succéder à Luciano Spalletti, mais André Villas-Boas a réussi tout ça, remettant le Zénith sur les rails pour aller viser un nouveau titre avec un jeu pas dégueu du tout. Bollocks.
  • Bibras Natkho/Roman Eremenko. Arrivés libre cet été en provenance du Rubin Kazan, l'Israélien Natkho et le Finlandais Eremenko se sont impeccablement intégrés au CSKA, avec 15 buts et 7 passes décisives à eux deux. Mais que font les recruteurs ?
  • Quincy Promes. L'ancien joueur de Twente et néo-international néerlandais a montré qu'il pouvait réussir en dehors de l'Eredivisie, en l'occurrence en Russie sous les couleurs du Spartak (5 buts, 4 passes dé'). En attendant encore mieux ?

    Le match de la mi-saison : Zénith 3-2 Dynamo

    Le 13 septembre, malgré l'ouverture du score de Valbuena, le Dynamo s'incline 3-2 sur la pelouse du Zénith, grâce à un but de Smolnikov inscrit dans les dernières minutes. Cette défaite met fin à une période d'euphorie du Dynamo et permet au Zénith d’accroître son avance.

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    Ukraine – Premier League

    La course au titre : podium attendu, ordre inattendu

    À mi-saison, le Dynamo Kiev est en tête avec 5 points d'avance sur le Shakhtar Donetsk et 8 sur Dnipropetrovsk. Autant dire que ça commence à sentir bon le changement de règne en Ukraine, après cinq titres de rang amassés par le Shakhtar. L'éternel Dynamo pourrait bien remplir une armoire à trophées qui commençait à sérieusement prendre la poussière. Le club de la capitale fait en tout cas tout pour, avec une très bonne demi-saison, ponctuée par une invincibilité, la meilleure défense du championnat et la meilleure attaque. Mais gare tout de même au retour du Shakhtar et sa colonie de Brésiliens, qui ont certes été plus perturbés qu'à l'ordinaire par la délocalisation forcée du club à l'ouest du pays, mais qui ont bien fini l'année 2014.

    La belle surprise : Dynamo Kiev

    Forcément que la belle surprise vient de ce Dynamo si fringant depuis cet été, après plusieurs saisons assez déprimantes. L'amalgame semble avoir été trouvé entre les locaux, dont beaucoup sont internationaux, et les expat', avec pas mal de têtes connues : Belhanda, Lens, Mbokani, Veloso… Il n'y a pas de failles dans cette équipe qui, pour ses deux premiers matchs de compétition en 2015, va affronter l'En Avant de Guingamp en 16es de finale de la Ligue Europa…

    La banane : Dnipro Dnipropetrovsk

    Leader au classement pendant quatre journées tout de même, le tombeur de Saint-Étienne en Ligue Europa a grillé tous ses jokers d'un coup juste avant la trêve en terminant l'année par une incompréhensible série de cinq matchs sans victoire (3 nuls, 2 défaites). Résultat des courses : 8 points de retard désormais sur le Dynamo et les rêves d'un premier titre historique depuis l'indépendance de l'Ukraine déjà quasi envolés.

    Le top 5

  • Andrei Yarmolenko. 9 buts, 9 passes décisives, l'homme décisif du Dynamo Kiev n'a jamais semblé aussi fort.
  • Aleksandar Dragović. Défensivement aussi, le Dynamo Kiev tient la route, avec en tête de gondole le méconnu et très sous-estimé stoppeur international autrichien, révélé au FC Bâle en Suisse et désormais dans le viseur de la Juve.
  • Serhiy Rebrov. L'ancien attaquant réussit pour l'instant parfaitement sa reconversion au poste d'entraîneur en successeur d'Oleg Blokhine, ce qui n'avait rien d'évident.
  • Luiz Adriano. Le plus régulier des Brésiliens du Shakhtar Donetsk. Un gars au club depuis 2007, qui joue parfaitement son rôle et enchaîne les grosses performances en championnat comme sur la scène européenne. Sauf qu'il est annoncé sur le départ…
  • Nikola Kalinić. L'attaquant croate a été l'un des hommes les plus en vue depuis cet été à Dnipropetrovsk. Homonyme d'un international serbe de basket.

    Le match de la mi-saison : Dynamo Kiev 1-0 Shakhtar Donetsk

    Un match qui a ressemblé à un passage de témoin entre le Shakhtar et le Dynamo, le 5 octobre, avec le seul but de la rencontre signé du défenseur croate Domagoj Vida. Le « retour » est programmé le week-end du 18 avril.

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    Turquie – Süper Lig

    La course au titre : Istanbul à la fête

    L'hégémonie des clubs d'Istanbul est totale en ce moment en Turquie, avec les trois grands rivaux Beşiktaş, Fenerbahçe et Galatasaray sur le podium (dans cet ordre) et même le modeste Istanbul BB qui est récemment remonté à la quatrième place du classement ! Suivent les outsiders attendus, Bursaspor et Trabzonspor, tandis que les ambitieux de Kasımpaşa ne pointe qu'au neuvième rang… Pour en revenir au podium, c'est méchamment serré, puisqu'après 15 journées (sur 34), Beşiktaş compte 2 points d'avance seulement sur Fenerbahçe et 3 sur Galatasaray. Il y a un côté « si tu craques t'es mort » qui se joue entre les trois zozos, tous invaincus depuis déjà plusieurs semaines. Dimanche, c'est gros choc en vue, Beşiktaş recevant Galatasaray…

    La belle surprise : Beşiktaş

    La dernière fois que Beşiktaş a remporté le championnat, c'était en 2009. Trop souvent dans l'ombre de Fenerbahçe et de Galatasaray, les « Aigles Noirs » semblent actuellement invincibles avec une série en cours de sept victoires de suite. Les deux rivaux tirent la langue et essaient de s'accrocher à l'équipe entraînée par Slaven Bilić, redoutable hors de ses bases (7 victoires en 8 déplacements). Et en prime, le buteur sénégalais Demba Ba n'a pas été retenu par Alain Giresse pour disputer la CAN avec le Sénégal.

    La banane : Sivasspor

    La modeste formation de Sivasspor était en progrès ces dernières saisons, avec à la tête de l'effectif un certain Roberto Carlos qui avait l'air de faire du bon boulot (5e au printemps dernier). Sauf que cette saison, rien ne va, avec actuellement une avant-dernière place, 11 points seulement glanés en 15 matchs et l'ancien latéral gauche du Brésil qui a démissionné le 21 décembre, au lendemain d'une nouvelle défaite…

    Le top 5

  • Demba Ba. Le Sénégalais ne comprend pas pourquoi il n'a pas été retenu pour disputer la CAN et il faut dire qu'il y a matière à s'interroger, tant il est décisif depuis son arrivée à Beşiktaş…
  • Dirk Kuyt. Le Hollandais de 34 ans a récemment pris sa retraite internationale, mais c'est pour mieux se concentrer sur ses performances en club avec Fenerbahçe. Indispensable.
  • Burak Yılmaz. Le buteur international turc n'a toujours pas tenté l'exportation. Un choix de carrière un poil frileux, mais qui arrange forcément son club, Galatasaray.
  • Theofanis Gekas. Le vétéran grec est un increvable qui réussit, à 34 ans, à se montrer toujours performant devant les buts adverses avec son club d'Akhisar. Actuel meilleur buteur de Süper Lig avec 11 buts. Highlander.
  • Volkan Babacan. Si Istanbul BB est si haut au classement, c'est grâce à sa défense de fer : 6 buts seulement encaissés par son portier international, Volkan Babacan. À 26 ans seulement, il n'est pas interdit de se montrer ambitieux.

    Le match de la mi-saison : Galatasaray 2-1 Fenerbahçe

    Un derby qui mérite les honneurs, forcément, avec une fin de match folle, trois buts inscrits dans les dernières minutes dont deux somptueux signés Sneijder. Gloire éternelle pour lui.

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    Par Régis Delanoé
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  • Mr_Bigglesworth Niveau : DHR
    Très bon bilan !
    Par contre Istanbul BB a changé de nom il y a quelques temps déjà. C'est İstanbul Başakşehir maintenant.
    Un peu HS mais pourquoi dans l'alphabet turc, il y a la lettre "I" (i majuscule) sans point dessus ?
    Effet Méride Niveau : DHR
    concernant la Russie, je pense qu'ils doivent négocier les salaires en dollars pour les têtes d'affiche, comme ils le font souvent côté basket, dans ce cas les joueurs risquent pas de se sauver même avec un rouble qui se déprécie
    Mr_Bigglesworth Niveau : DHR
    Message posté par Pig Benis
    Un peu HS mais pourquoi dans l'alphabet turc, il y a la lettre "I" (i majuscule) sans point dessus ?


    Quand ils sont passés à l'alphabet latin les turcs ont du inventer une lettre (le ı ou i sans point) pour transcrire une sorte de son "heu" difficile à faire pour un français et qui vient de la gorge. Un son différent du bête "eu" qu'ils ont retranscrit à l'allemande avec un Ö. J'ai appris récemment que c'était l'alphabet suédois qui avait servi de base.

    Bref, en majuscule ce i sans point donne logiquement "I" raison pour laquelle ils ont du rajouter un point sur le classique i majuscule ( İ ) pour le différencier.
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