Russie : PavlyuchenK.O. technique
Russie : PavlyuchenK.O. technique
Andreï Arshavin Equipe d’Argentine Real Madrid C.F.
Parmi les meilleurs buteurs de cet Euro, Roman Pavlyuchenko n’est pas le moins maladroit. Il a marqué plus de buts que toute l’équipe de France réunie, c’est dire. Ensuite, tout le monde semble s’être pris de passion pour la révélation Arshavin, oubliant l’attaquant de pointe de cette sélection russe. Arshavin suspendu pour les deux premiers matchs de poule, c’est Pavlyuchenko, lui aussi âgé de 27 ans, qui a sauvé l’honneur en fin de rencontre lors du naufrage (4-1) face à l’Espagne. Une Seleccion que les Russes retrouvent…en demies.
Entre ce match et la demie à venir, la Russie est passée du bide au statut de vainqueur potentiel. Et Pavlyuchenko en a profité pour s’affirmer comme le scoreur n°1 de son équipe. Avec sa tête d’ado amorphe de 16 ans, comédons inclus (les gros boutons d’acné pour ceux qui ne suivent pas) et une absence de coupe de cheveux, il n’inspire a priori pas forcément le danger, ce que Suédois et Hollandais regrettent amèrement. Doté d’une vitesse plus que moyenne, il arrive toujours à gicler devant le défenseur au premier poteau, le plus souvent de la tête.
Faut dire qu’à part une Coupe de Russie avec le Spartak Moscou en 2003, année de son arrivée, le palmarès de l’attaquant n’est guère fourni. Pourtant, Roman est un buteur prolifique avec 67 buts en 130 matchs, un bon ratio pour un pays où c’est un mec appelé Vagner Love qui jouait les terreurs des surfaces. Ce qui en fait le titulaire de la place de meilleur buteur depuis trois saisons.
Surtout, il a fait preuve de son efficacité lors de la victoire de la Russie contre l’Angleterre, où il marque les deux pions de son équipe, la relançant dans la course à la qualif’. Depuis ses prestations à l’Euro, les clubs occidentaux semblent s’être souvenus qu’il existe des joueurs à l’est de l’Union Européenne.
Eclipsé par les performances du Zénith en UEFA, Pavlyuchenko a depuis rétabli la balance. Le Celtic a déjà fait une offre de 7,5 millions d’euros alors que Guardiola, qui ne compte plus sur Eto’o, se penche sur son cas, comme le rival du Real Madrid, avec une offre de 10 millions au bout. Encore un but et une place en finale et le Russe va voir sa cote grimper aussitôt. Observateur pour l’UEFA, Gérard Houiller confessait après la Grèce : « On a pris Pavlyuchenko pour le travail phénoménal qu’il a accompli. Il a tout fait sauf marquer dans un match de qualité, avec des occasions des deux côtés ».
Un réveil sans doute agréable pour le club de celui que Guus Hiddink surnomme son « géant endormi ». Ajoutez un soupçon de réussite avec le forfait avant l’Euro du titulaire Progrebniak et une envie de révolte après le derby orthodoxe - « On était complètement déprimés après ce premier match mais on s’est ensuite révoltés et on voulait montrer qu’on avait du caractère. On ne voulait pas faire match nul contre les champions, mais les battre » - et voilà Hiddink qui peut lâcher : « Il semble que Pavlyuchenko soit devenu un des leaders de l’équipe ».
Le problème, c’est qu’en bon Slave, le buteur russe a le profil du loser nonchalant une fois passée la frontière. A l’image de Semak, transféré à prix d’or pour aller squatter un banc de touche, Pavlyuchenko devra se faire violence pour s’imposer dans un grand championnat. Le striker russe est du genre à s’endormir sur ses lauriers, comme le prouve le temps perdu entre ses deux premières sélections : deux ans de disette. Lui-même le reconnaît : « J’en ai gâché un bon nombre ».
Vinceslas Ruellanov






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