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  2. // Lyon/Real Madrid

Royal gala à Gerland

Retour en fanfare de la Ligue des Champions mardi avec un somptueux Lyon-Real Madrid. Bon, faut pas se mentir, l'affaire s'annonce extrêmement compliquée mais pas désespérée. Car malgré un jeu en friche et une confiance bancale, l'OL a quelques motifs d'espoir. Pour de vrai !

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A l'énoncé des noms de chaque équipe, il faudra que les joueurs lyonnais évitent de faire de l'huile d'olive au fond de leur short. Car la différence de casting risque de donner quelques vertiges. Du reste, Jean-Alain Boumsong n'est pas dupe et s'attend à un vrai gap en termes de prestige mais préfère y voir finalement un bon signe pour l'OL : « C'est tout à fait le genre de match où les gars se transcendent, où l'entraîneur a seulement besoin de nous canaliser. Je sais que le Real est supérieur sur le papier, mais nous avons de la qualité dans notre groupe » . Boum a beau la jouer un peu à l'intox, ça ressemble quand même à une manière de méthode Coué. Et ne surtout pas compter sur Bernard Lacombe pour à son tour caresser ses Gones chéris dans le sens du poil : « Aujourd'hui, nous sommes mièvres dans le jeu, a asséné Bernie dans Le Parisien. C'est trop insuffisant. Moralement, on sent que notre équipe s'effiloche un peu dans l'adversité. Quand on voit les autres matches à la télé, on a l'impression qu'ils vont deux fois plus vite ! J'ai regardé Marseille - Valenciennes l'autre jour, ils font des courses, ils prennent des risques, ils dribblent... (...) On joue avec le frein à main » . Alors quoi ? Ce huitième de finale serait déjà bouclé ? Pas si simple car Lyon intrigue et désarçonne : en 2010, les anciens rois de la Ligue 1 affichent le deuxième total du championnat (13 points sur 15). Et du coup, on se demande : entre un jeu dégueulasse et un bilan comptable pas si désastreux, quelles sont les chances lyonnaises face au Real Madrid ?

L'ombre tutélaire de Juninho

Plus encore que l'an passé, Lyon donne le sentiment d'être à la fin de quelque chose. La saison dernière à pareille époque, l'OL était encore leader et ne laissait pas encore présager une passation de pouvoir. Cette fois, les Gones, dégagés de toute coupe nationale, naviguent à neuf longueurs de Bordeaux. Surtout, l'an dernier, Claude Puel comptait encore dans ses rangs deux monstres à l'efficacité éprouvée sur les bords du Rhône. Mais l'été dernier, Juninho et Benzema sont allés voir ailleurs si l'herbe est plus verte. Et voilà que Lyon se présentera pour son septième rendez-vous consécutif en huitième de finale avec sa plus faible équipe de la décennie. De quoi avoir un peu la frousse. D'ailleurs, comme un fait exprès, tour à tour, Cris et Bernard Lacombe ont rappelé le souvenir de Juninho, le premier narrant les supposées envies de retour de l'ex-Lider Maximo de l'OL, le second avouant carrément souhaiter un tel retour. Ou quand Lyon ne sait plus à qui s'en remettre... Mais pour l'heure, il faudra faire sans son mythique Brésilien et confier une partie de son destin à un Argentin. Car Lisandro Lopez figure le seul joueur de champ de classe internationale à Lyon.

Après Benzema, Puel écœure Lisandro

Son abnégation, son intelligence et sa précision clinique dans la finition en avaient fait la star incontestable du début de saison en France. C'était avant que ses adducteurs ne sifflent et ne brisent un peu son élan. C'était surtout avant que Claude Puel ne s'occupe de son cas. Car il faut quand même se souvenir et s'interroger. L'an dernier, Karim Benzema s'était bousillé le moral à animer seul, absolument seul, tout le front de l'attaque. Le gamin de Bron avait fini la saison dégoûté. Et franchement, on ne serait pas surpris que Lisandro finisse à son tour écœuré d'être systématiquement aligné à gauche, lui l'attaquant axial, au profit d'un Bafé Gomis en pointe qui n'a pas le quart de son talent de finisseur. Bizarre de ne pas cajoler son unique joyau quand on connaît les galères de tous les autres secteurs, entre un milieu inconsistant à pleurer (surtout au souvenir des années Essien-Diarra-Juni) et une défense gruyère qui rappelle le temps qui passe douloureusement pour Cris ainsi que le talent hors norme de Lloris pour faire le job malgré toutes ces journées portes ouvertes. Oui, on est bien en peine de dégager un vrai atout dans la manche rhodanienne à l'heure de recevoir le grand Real.

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Le Real n'est pas (encore ?) MU ou le Barça

Car à l'inverse de Lyon, Madrid présente cette saison son équipe sans doute la plus talentueuse depuis la première ère des Galactiques, celle des Zidane, Figo, Ronaldo et on en passe. Par la suite, la Maison Blanche avait surtout fait la part belle aux maçons et aux ouvriers. Mais après plusieurs saisons d'ennui, sous l'impulsion de Florentino Perez, le grand manitou des premiers Galactiques, le Real a renoué avec sa tradition de stars planétaires. Avec un effet incontestable : les Merengues réussissent à téter la roue de l'infernal Barcelone, ce qui suffit à situer la solidité retrouvée des partenaires de Casillas. En disant ça, on en conclut que Lyon, après Manchester United en 2008 et le Barça l'an dernier, a encore décroché la hype du moment. Quoique... Contrairement aux Red Devils il y a deux ans et aux Blaugranas, le Real n'est pas (encore ?) une machine rodée et expérimentée, mais une formation où la différence se fait pour l'instant avant tout sur le talent individuel, et dieu sait que l'équipe castillane en regorge, Cristiano Ronaldo en tête, bourreau de l'OL en 2008 avec MU, même si Benzema devrait être encore un peu juste pour son retour à Gerland.

Il n'empêche, cette fois, collectivement, Lyon peut espérer ne pas se faire marcher dessus et ce n'est d'ailleurs pas anodin si Boumsong et Makoun, en chœur, font vœu de faire bloc, celui qui avait été patiemment fissuré par MU et totalement dézingué par le Barça, mais qui pourrait bien résister, sur une pelouse horrible qui devrait niveler l'écart technique, à l'ensemble encore incertain des Madrilènes. Et puis, l'OL peut s'appuyer un historique favorable. Car si les Gones échouent depuis trois ans en huitièmes, cela fait maintenant six ans que le Real s'arrête à ce stade. Une série d'échecs qui fait tache chez le recordman de victoires (9) dans la compétition. Oui, à bien y regarder, depuis une demi-douzaine d'années, Lyon est finalement plus expérimenté que son prestigieux rival, d'autant que les confrontations directes (toutes dans cette période) sont largement en faveur de l'OL (deux succès et deux nuls).

Mais c'était le grand Lyon face à un petit Real. Et surtout c'était en phase de poules. Cette fois, c'est pour de vrai, ces satanés matches couperet où Lyon a toujours calé face à plus grand que lui. Face à ce Real prestigieux, talentueux en diable mais encore tout à fait huilé, c'est peut-être l'occasion ou jamais.

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C'est vrai qu'on reste sur notre faim sans Lissandro dans l'axe... Je suis accroc au deux ailiers à Lyon et ils ont de quoi faire (Bastos/Govou) ; dommage... L'impact physique dont ils sont capables peut leur donner confiance et les amener à un résultat positif.
Les stats ne font rien mais le vécu oui. Il est bon de rappeler que celui des Lyonnais n'a pas tant à envier au Real.
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