1. // Interview exclusive Jérôme Rothen

Rothen : « Domenech ne m'a pas fait de cadeaux »

Jérôme Rothen aurait pu être champion de France. Jérôme Rothen aurait pu être champion d'Europe. Jérôme Rothen aurait pu jouer à Chelsea. Mais Jérôme a choisi Paris, une coupe de la ligue et une coupe de France à la clé. Aujourd'hui Jérôme joue à Ankara et se raconte comme jamais : son épopée écossaise, sa vision du PSG 2009/10 et son passé d'international.

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Partie III – Équipe de France

Quel regard tu portes sur l'Équipe de France ?


Aujourd'hui c'est compliqué parce que la cote d'amour, elle n'existe plus du tout. On l'aime moins parce qu'il y a un personnage à sa tête qui n'est pas aimé.

C'est Domenech qui cristallise ce désamour ?


Bah si tu prends les joueurs un à un, c'est quand même une super équipe. C'est pas comme à l'époque où tu avais des joueurs détestés. C'est un tout, l'arrogance qui ressort... Quand sur le terrain, tu n'offres pas du spectacle, parce qu'en France on est plus spectateurs que supporters. Y'a des sifflets, y'a des critiques, c'est pas évident pour les joueurs... T'as des équipes qui sont largement en avance sur nous. L'Espagne nous a donné une leçon, et sur le papier, si tu prends les deux équipes, j'ai pas l'impression que l'Espagne soit vraiment meilleure que nous. Tu sens qu'il y a un réel problème. Après sur une compétition... en 2006, on avait le même problème et on a été jusqu'au bout parce qu'on avait un grand Zidane, bah là il peut y avoir un grand Henry, un grand Ribéry, et en plus avec les saisons qu'ils ont fait plus ou moins, ils peuvent être en pleine bourre. Après c'est à double tranchant...

Quand tu vois cette équipe, tu as quelques regrets dans le sens où quand Domenech prend l'équipe, l'une des premières choses qu'il fait, c'est te lancer...

Je sais pas, il ne m'a jamais fait de cadeaux... Il m'a mis parce que c'était la continuité de l'Euro 2004, je me souviens que j'ai joué son premier match amical, c'était à Rennes, après j'ai joué le match de qualification contre Israël, au Stade de France, j'étais titulaire, on fait 0-0, on a des occasions, on les rate. Le match d'après, il me punit, moi et Patrice Evra, il nous sort des titulaires sans explications. Après je n'ai plus fait que des bouts de matchs, donc quand tu entres, c'est aussi compliqué. Je comprends que quand je suis arrivé, j'étais un remplaçant, y'avait franchement des grands joueurs, Zidane, Pires, mais c'est vrai que l'arrivée de Domenech aurait pu m'être bénéfique et au final, il m'a que donné des bouts de matchs, après je me suis pété malheureusement en arrivant à Paris donc 5 mois d'arrêt, la première année elle était morte. En fin de saison, j'avais repris l'Équipe de France avec un amical contre la Hongrie à Metz et j'avais fait un gros match, il l'avait dit. On avait joué à trois gauchers avec Malouda et Abidal mais derrière, il n'a jamais renouvelé l'expérience. Ensuite il m'a remis aux iles Féroé, où j'ai marqué. Bon après ça reste les iles Féroé, j'allais pas m'enflammer non plus, après il ne m'a pas remis, va savoir pourquoi, et enfin il me redonne un match cacahuète contre le Maroc. Il me l'avait donnée celle-là, tiens cadeau ! Tu joues le Maroc au Stade de France, le stade il est 100% marocain, les joueurs en face, ils ont la bave comme ça, on fait 1-1, ça a été difficile, s'il me juge sur cette rencontre là où j'ai pas fait un grand match... Si attends, je fais le match amical en Espagne, on perd là-bas, il me fait jouer avec les A', tu sais il avait convoqué 34 joueurs. Il me fait jouer contre le Congo, personne dans le stade, j'étais le plus vieux sur le pelouse, il me fait jouer ce genre de rencontre pourquoi ? Il me connaît, mais bon, je joue le jeu.

Et ensuite...

Après on joue l'Angleterre au Stade de France, mais moi je suis envoyé pour jouer le Mali à Charlety, il me sort à la mi-temps parce que j'avais la finale de la Coupe de la Ligue avec Paris, il me dit, c'est bon Jérôme, repose toi, prépare bien ta finale, et aussi dans ta tête le championnat d'Europe, en 2008 là, donc je me dis super, j'ai marqué des points. Il donne un groupe de 32 pour la compétition et je suis même pas dedans. Bon Ok avec Paris on joue le maintien cette année-là mais je peux te dire que je suis très bon cette saison-là... J'avais fait toutes les sélections jusque-là, et là il me prend pas ? Je me dis ok bah, c'est bon... Depuis, plus de nouvelles. Bon après en même temps, depuis j'ai pas mérité ma place, l'année dernière n'a pas été très bonne même si je finis meilleur passeur du club.

On dit souvent que Domenech parle peu de jeu avec ses joueurs...


C'est vrai que j'ai connu des entraineurs qui tactiquement étaient plus intéressants à écouter. Moi son discours d'avant-match ou à la mi-temps, c'est pas les discours qui me motivent le plus. Après c'est mon avis.

Par Alexandre Gonzalez et Matthieu Pécot, à Ankara


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Partie 1

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