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  2. // Bayern/Manchester

Rooney les fait flipper

Attention, teutonite aiguë. Avant le quart Bayern-Manchester, jetons un œil sur la presse allemande. Les Germains sont-ils aussi peu confiants que l'ensemble de l'Europe du football sur les chances de voir le Bayern sortir la bande à Ferguson ? La réponse est clairement oui, sauf si l'imposteur Thomas Dunn refait le coup de 2001. Enfin, c'est le vœu du Bild.

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A l'époque des huitièmes de finale, il y a quinze jours, le Bayern marchait sur l'eau, jouait au panzer en Bundesliga, avait retrouvé la trace de Franck Ribéry et laissait Arjen Robben réciter son football. Florence et le stade Artemio Franchi pourront en témoigner.

Depuis, le tirage au sort de Butragueno est passé par là, le Bayern doit se coltiner Manchester, avec un deuxième set à Old Trafford, a probablement perdu Robben, pas blessé mais en raison de « muscles fatigués » dixit Van Gaal, a laissé échapper la tête de la Bundesliga au profit de Schalke et pire, compte sur Ribéry, aux dernières nouvelles debout, pour conduire le bus bavarois face à l'obstacle briton. Autant dire que le tableau a perdu quelques couleurs. La presse allemande ne cherche d'ailleurs pas à se mentir, en n'attribuant que peu de chances aux hommes de Van Gaal d'arriver en demie. Pour les scribes allemands, la clé du succès, de la défaite plutôt, se résume en deux mots : Wayne et Rooney.

Sans prendre de détour, Kicker titre « Rooney, l'adversaire qui fait peur » et poursuit par cette question qui brûle les lèvres de toute leur rédaction : « Cet homme peut-il être arrêté ? » . Les récentes déclarations du Kaiser - « Nous et le Bayern craignons Wayne Rooney » - n'ont évidemment rassuré personne, chacune des paroles de Beckenbauer faisant office de vérité absolue Outre-Rhin. Le quotidien Die Welt s'est donc laissé aller en dressant un portrait du rouquin de MU, résumé par cette phrase d'accroche, « de l'anarchiste au joueur d'équipe » . Le journaliste rappelle qu'en Angleterre, Rooney est passé du surnom de Wazza, « joueur oscillant entre génie et folie » à ses débuts à « Admiral Rooney » , référence à l'Admiral Rodney, une légende de la Royal Navy. Le Bayern est donc amené à trembler avec la venue « de l'actuel meilleur attaquant du monde, avec Messi » .

Le délicat Bild s'est quant à lui flagellé, tentant de voir ligne par ligne si les Münichois pouvaient soutenir la comparaison avec les hommes de Ferguson. Là-encore, le score tourne en la défaveur des Bavarois, 7 points pour United contre 4 pour le Bayern. Et encore, le score aurait pu être plus lourd, le Bild considérant que Van Bommel valait mieux qu'un Fletcher, que Olic bottait le Sud-Coréen Park ou encore que le Ribéry actuel valait mieux que Nani. On ne doit pas regarder les mêmes images, surtout que ce même canard exhorte Francky à réussir « son match le plus dur au Bayern » , en Français dans le texte « maintenant ou jamais » , blessure de Robben oblige.

On aura donc bien compris que les Allemands ne respirent pas la sérénité. Le quotidien régional TZ et le Süddeutsche Zeitung préfèrent eux se démoraliser en ressassant la finale perdue de 1999 à Barcelone, plutôt que le quart de finale de 2001, remporté par le Bayern d'Hitzfeld sur les hommes de Ferguson (1-0 à Old Trafford et 2-1 au retour au Stade Olympique). Souvenez-vous, le fameux quart où Thomas Dunn s'était invité sur la photo officielle du onze de départ mancunien. Le Bild y voit là le seul signe d'espoir, car selon ses informations venues d'Angleterre, Dunn chercherait à récidiver à l'Allianz Arena ce soir.

Finalement, le Frankfurter Allgemeine Zeitung résume l'ambiance générale en Allemagne : « Que le Bayern réussisse à limiter la casse à domicile » . Pour les espoirs fous, on repassera ce soir à 22h36, après les arrêts de jeu.

Ronan Boscher

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