Rooney demande le divorce

Coleen n'est donc plus la seule cocue de l'histoire. Sir Alex est tombé de son siège aujourd'hui. Rooney veut officiellement partir et Ferguson a balancé l'os à ronger ce mardi. Le feuilleton Rooney ne fait que commencer.

0 1
Sir Alex a donc choisi le 19 octobre pour dégainer son Scud et répondre au pavé lancé par Rooney, au sortir du 0-0 contre le Monténégro avec la sélection britonne. Le rouquin affirmait alors qu'il « n'avait eu aucun problème de cheville de toute la saison » , raison pourtant invoquée par Sir Alex pour justifier la mise au repos de son joyau avant la trêve internationale d'octobre. La presse anglaise s'emballe illico, annonce le départ de Rooney et pointe de facto Ferguson comme le coupable. Mais, dans ce genre de « story » comme l'Angleterre l'adore, Ferguson n'était clairement pas disposé à se prendre une leçon par un rouquin de presque 25 ans. Sur le plan de la communication, le vieux Alex a remis de l'ordre dans la maison. Il aurait très bien pu se contenter d'annoncer le départ de Rooney sans révéler les détails de l'embrouille mais non, il serait toujours passé pour le coupable. Fergie n'avait donc plus qu'une seule option : se délester de cette « affaire » et donner à la presse, au public, un Wayne Rooney face à ses contradictions. En gros : bien que couvé, protégé et grassement payé, Roo veut changer de pré. Et ce, malgré la proposition - refusée, donc - de revalorisation salariale de 27%.





«  Il voulait un contrat à vie »





Ambiance en début d'après-midi sur MU-TV, avec Sir Ferguson au mic' : « David Gill m'a appelé et m'a dit qu'il était en chemin parce qu'il avait de mauvaises nouvelles. L'agent de Wayne lui a signifié qu'il ne signerait pas le contrat proposé, que Wayne voulait partir. Je ne pouvais pas y croire. Lors des premières discussions, en mars je crois, il m'avait juré qu'il voulait rester, qu'il voulait un contrat à vie avec le club, qu'il était dans le meilleur club du monde. Ce fut une déception terrible d'apprendre la nouvelle aujourd'hui. J'ai rencontré le garçon et il m'a assuré, que de sa propre décision, il voulait partir. Nous avons eu une discussion sur la situation complète. Je lui ai dit « la seule chose que je veux de ta part, Wayne, c'est de respecter le club, d'honorer ses traditions et de te comporter comme un vrai professionnel » . Je suis déçu car nous avons fait tout notre possible pour aider Rooney depuis son arrivée au club. Nous avons toujours été là pour lui, comme une sorte de refuge à chaque fois qu'il a eu des problèmes » .

Wayne Rooney sortait pourtant, quoi qu'on en dise, d'une saison impressionnante. OK, il n'avait gagné aucun titre avec MU, éliminé précocement par le Bayern, pardon par Robben, de la Champion's League, devancé par Chelsea en Premier League, sorti dès le 3ème tour par Leeds en FA Cup. OK, avec Torres, il a représenté la plus grosse déception de la Coupe du Monde sud-africaine (ajoutez les fiascos français et italiens si vous voulez), mais ce Wayne Rooney version 2010 avait malgré tout enfilé 26 buts en 32 matches de championnat, 5 pions en C1, avait remporté le titre de joueur de l'année en Angleterre et avait surtout permis aux Diables Rouges de digérer le départ de Cristiano Ronaldo.





Départ vers City ?





Aujourd'hui, les mancuniens sont plus que jamais en passe d'imaginer leur avenir sans Wayne Rooney, dont le nom était encore scandé par tout Old Trafford samedi dernier lors du piètre résultat nul contre West Brom (2-2). Rooney s'est donc mis tout seul sur le marché, en pleine saison, dans un contexte extra sportif (amour tarifé malgré une Coleen en cloque) plutôt délicat, en particulier Outre-Manche. Et sur le plan sportif, Manchester United s'apprête tout simplement à perdre en trois ans, un troisième top-player, après Cristiano Ronaldo et Carlos Tevez. Un départ vers le Real Madrid (et un échange avec Benzema) n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour : Rooney et Benz' ont joué leurs minutes en C1 et ne seront donc un renfort que pour les compétitions domestiques.

Dans les milieux autorisés du nord de l'Angleterre, il se dit que Rooney songe sérieusement à passer dès cet hiver chez le voisin City, histoire de cracher toute sa rancœur envers son ancien club. Il faudra au moins cracher 10 millions d'euros pour racheter le contrat de Wayne (expiration en juin 2012 à 130 000 euros hebdo), plus une rallonge plus que conséquente. Autre prétendant, Chelsea, dont le président Roman Abramovitch pourrait aisément mettre son chéquier dans la bataille. Everton, intéressé à la revente de son ancien joueur, attend évidemment le dénouement le plus heureux possible. Pour l'instant, une seule certitude : la communication de Ferguson a gagné, celle de Rooney échoué.



Ronan Boscher

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans ce papier ? Proposez une correction à nos secrétaires de rédaction.
Partenaires
Logo FOOT.fr Olive & Tom
0 1