Ronaldinho version 2.0
Ronaldinho version 2.0
Emmanuel Adebayor FC Barcelone Manchester City Milan AC Paris Saint-Germain Real Madrid C.F. Ronaldo
Il est arrivé comme un cheveu sur la soupe. Au plein cœur de l’été, tout le monde était d’accord à Milanello : le type qu’il fallait au Milan AC, le gars capable de la mettre au fond, c’était Adebayor. Ancelotti en était convaincu, Galliani était d’accord, le carnet de chèques déjà sorti et posé sur la table, le stylo à plume prêt à l’emploi. Et puis Berlusconi a forcé la main : « Quoi Adebayor ? Les gens dans la rue ne me parlent pas d’Adebayor, ils me parlent de Ronaldinho. Alors faisons venir Ronaldinho ». Quelques heures plus tard, le clown ramenait ses tresses au Milan, son surpoids aussi. Un mec à demi-mort, viré sans ménagement du Barça, que seul Manchester City voulait bien signer. Personne n’osait le dire à Berlusconi, mais en guise de transfert de rêve, c’était plutôt tristoune.
Et puis non. Les chiffres le disent, Ronaldinho réussit un bon de début de saison en Italie. 12 matches joués pour 7 buts marqués en championnat, 5 pour 2 en coupe de l’UEFA. Plus marquant, la montée en puissance du gars Ronnie : si ses débuts étaient timides, son ratio s’est sensiblement accéléré avec le temps. Un petit but pour démarrer à la 5ème journée, un pénalty à la 7ème. Avant l’emballement : pion à la 10ème journée, puis à la 11ème, la 13ème et enfin à la 14ème. Encore plus intéressant, le fait que Ronaldinho ne soit pas utilisé à la Chevtchenko, comme un joker de luxe qu’on sort poliment du banc pour vendre du maillot, faire plaisir au président et ménager les ego, mais qu’il démarre l’essentiel des rencontres. Bref, pas tellement un préretraité, au final, le Dinho. Mais bel et bien une pièce maîtresse du Milan AC. Pour quelqu’un dont Ancelotti ne voulait pas, c’est pas mal.
Le plus beau, pourtant, c’est surtout que Ronaldinho, au Milan, est devenu un autre joueur. Fini les cavalcades époque PSG ou Barça, l’époque où il prenait la balle, mettait un mec dans le vent, puis accélérait, accélérait, accélérait encore, jusqu’à planter la balle en lucarne ou dans le soupirail.
Aujourd’hui, Ronaldinho est devenu le plus statique des grands joueurs. Il n’a plus son coup de rein, oui, et alors ? Lorsque le ballon arrive, il le caresse, lève la tête et avise la situation. S’il est au milieu de terrain, il fait tourner ou lance dans la profondeur – mais sans jamais perdre la gonfle. S’il est aux abords de la surface, il allume – et la plupart du temps, cadre. De telle sorte que ce Ronaldinho 2.0 est une sorte d’hybride. Reculé, c’est Riquelme. In the Box, le Ronaldo Gerd Mullerien des dernières années Real. A chaque fois, l’incarnation de la classe.
Cette capacité à se réinventer porte un nom : l’intelligence. Intelligence de Ronnie lui-même, trop conscient de son mode de vie (l’alcool, les femmes, les nuits blanches) et de son incapacité à le changer pour s’évertuer à continuer à courir. Et intelligence d’Ancelotti, qui le laisse rentrer à 5h du mat’, lui donne du temps de jeu et lui file les pénaltys à tirer pour gagner en confiance. Le Milan AC est le club des adultes assez matures pour s’autogérer, on le savait. Que Ronaldinho soit devenu adulte, voilà la surprise.
Ennio Gnocchinho






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