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Ronaldinho-Okocha, la fausse promesse d’un duo d’artistes

Leur talent incommensurable devait mener le PSG à des hauteurs inespérées. Lors de la saison 2001-2002, l’unique qu’ils disputent côte à côte, Ronaldinho et Okocha éveillent les fantasmes les plus démesurés. Mais l’alchimie n’aura finalement jamais lieu entre deux joueurs au talent pourtant inouï. Retour sur un rendez-vous manqué.

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Les yeux rivés, presque écarquillés devant la pièce de théâtre qui se tient devant eux, ils pensent assister aux prémices d’une complicité évidente. Ce 25 août 2001, les 40 756 spectateurs tassés dans le Parc des Princes saluent l’entrée du second artiste. Il est brésilien, prometteur, le visage juvénile, les dents de devant déjà prégnantes, mais encore méconnu du grand public. Peu avant l’heure de jeu, Ronaldinho remplace son compatriote Alex et rejoint sur le pré un autre joyau déjà bien connu au sein de la capitale. Un certain Augustine Okocha. Seulement six minutes après son entrée en scène, la promesse auriverde est sollicitée côté droit sur une transversale de Cristóbal. Ronnie fixe Julien Escudé avant de servir Jay-Jay dans l’axe. Le Nigérian répond à l’instinct en claquant une frappe à ras de terre croisée. Paris vient d’ouvrir la marque contre Rennes et de dessiner les contours d’un futur succès incontestable (3-0). Le début, aussi, du règne de deux phénomènes ?

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Le Paris Saint-Germain en a fantasmé. Il n’en sera finalement rien. Au gré de multiples circonstances, le mariage tant attendu lors de l’exercice 2001-2002 entre Ronaldinho et Okocha n’a pas eu lieu.
« J’aurais aimé que les deux jouent plus souvent ensemble, ça aurait été spectaculaire. Un duo magnifique. » Luis Fernandez
Une promesse jamais matérialisée qui laisse encore aujourd’hui l’impression palpable d’un réel gâchis. « Comment ne pas vouloir faire jouer ces deux garçons ensemble ? pose en préambule Luis Fernandez, coach parisien à l’époque. J’aurais aimé que les deux jouent plus souvent ensemble, ça aurait été spectaculaire. Un duo magnifique. C’est certain qu’on aurait aimé que ça fonctionne, tous les deux.  » Jérôme Alonzo, ex-partenaire de ceux qu’il juge comme des « génies du ballon » , livre un constat également empreint de frustration : « Le football des deux hommes aurait dû nous amener dans des sphères inimaginables. Mais, finalement, avec le caractère des deux, c’est plutôt logique. Sur le long terme, cela ne pouvait pas faire qu’on explose tout comme on aurait dû le faire. » Pourtant, le potentiel était là. Sauf qu’au final, les deux hommes se sont juste croisés.

Acclimatation et dernière chance


Relater ce rendez-vous manqué entre deux talents hors du commun, c’est d’abord remettre en lumière la trajectoire de chacun. Quand Ronnie débarque à Paris à l’été 2001, l’étiquette de prodige lui colle à la peau. Bercé au Grêmio, le gamin de 21 ans de Porto Alegre, qui s’est fait connaître au pays pour son but sombrero-aile de pigeon-tir limpide contre le Venezuela en Copa América 1999, part en février, mais se retrouve privé de compétition pendant six mois en raison d’un litige entre le PSG et son club formateur. Ce qui ne l’empêche pas de tenir cette promesse : « J’ai assez de joie de vivre pour contaminer tout le monde là-bas.  »
« Il a découvert l’exigence du haut niveau, une nouvelle culture. En décembre-janvier, c’était la première fois de sa vie qu’il voyait de la neige ! » Eric Blondel
À l’aube de l’ouverture de la saison 2001-2002, le PSG représente alors la première expérience européenne de Ronaldinho. Une appréhension d’un nouvel environnement qui a logiquement demandé du temps. « Il a découvert l’exigence du haut niveau, une nouvelle culture, resitue Éric Blondel, préparateur du club de la capitale durant deux ans et demi (2000-2003). En décembre-janvier, c’était la première fois de sa vie qu’il voyait de la neige ! » À l’époque, Luis Fernandez ne disait d’ailleurs pas autre chose devant la presse : « Il a fallu un peu le titiller, lui apprendre des efforts qu’il n’avait pas l’habitude de faire. Il a une nature très tranquille, alors que je l’avais tout de suite prévenu : en Europe, le jeu n’est pas tranquille. Nous avons eu plusieurs discussions à ce sujet, pour qu’il comprenne la nécessité d’être efficace, de participer au jeu. »


Jay-Jay Okocha, lui, connaît bien l’Hexagone. À Paris depuis 1998, il entame une quatrième année qui a tout d’une dernière chance. Parce que son arrivée en grande pompe (100 millions de francs, soit le record français de l’époque) a suscité énormément d’attentes et que celles-ci n’ont pas été comblées. Le Nigérian ne brille qu’à travers des fulgurances pétaradantes, se montrant trop peu décisif (8 buts et 7 assists en L1 depuis sa venue). Hormis une saison 1999-2000 accomplie aux côtés de Pierre Ducrocq dans l’entrejeu parisien, son bilan se révèle famélique.
« Jay-Jay, c’était un artiste. Un magicien. Un joueur qui apportait réellement plus. » Luis Fernandez
Et malgré ce crédit qu’il a en partie épuisé, son coach continue de lui faire confiance et entend encore en faire l’un de ses hommes de base. « Jay-Jay, c’était un artiste. Un magicien. Un joueur qui apportait réellement plus, assure Fernandez aujourd’hui. C’était un garçon que j’aimais beaucoup. Des créateurs comme lui, il n’y en a pas beaucoup. Il était capable de réaliser des actions que peu peuvent faire.  » Le mariage avec son homologue brésilien semble alors sonner comme une évidence.

Un même langage footballistique jamais matérialisé


La même joie de vivre, la même décontraction qui se ressent dans leur style de jeu. Une complicité technique manifeste et ébouriffante dont les deux joueurs font étalage dès les premiers entraînements. Au point de sidérer leurs partenaires.
« Quand j’assistais à une séance technique avec les deux, je voyais des trucs… On s’arrêtait de jouer, nous ! » Jérôme Alonzo
« Le matin, à l’échauffement, on s’envoyait parfois des transversales de trente mètres, pied droit-pied gauche. Mais quand les deux le faisaient, c’était quelque chose… souffle Alonzo, recruté le même été que Ronnie. Quand j’assistais à une séance technique avec les deux, je voyais des trucs… On s’arrêtait de jouer nous ! Luis était aussi très friand de cinq contre cinq à l’époque, de petits jeux. Et là, c’était juste dingue. Puis au-delà de leur technique, ils avaient une puissance physique incroyable, les deux. » Même observation teintée d’émerveillement de la part d’Éric Blondel, spectateur lui aussi privilégié au Camp des Loges : « J’ai le souvenir de deux phénomènes, de deux joueurs extraordinaires. Okocha était un joueur d’une qualité technique hors norme. Ronaldinho, c’était pareil. Il était capable de dribbler un éléphant dans une cabine téléphonique. »

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Ce potentiel fou ne restera cependant qu’au stade de simple promesse. Hormis les prémices entraperçues en début d’exercice contre Rennes, ils peinent à réellement matérialiser leur entente sur le long terme. Les belles combinaisons offertes face à Bastia (1-0, octobre 2001), Troyes (3-1, mars 2002) et Nantes (1-1, avril) ne font figure que de tristes lots de consolation au regard de la qualité technique des deux bonhommes. Ainsi, en 2001-2002, Okocha (27 apparitions toutes compétitions confondues) et Ronaldinho (39) ne démarrent que huit rencontres côte à côte et ne disputent ensemble que 843 minutes au total.


« Sur tous les matchs qu’ils font ensemble, je n’ai pas le souvenir d’un seul où les deux ont été fantastiques en même temps. » Jérôme Alonzo
« Sur tous les matchs qu’ils font ensemble, je n’ai pas le souvenir d’un seul où les deux ont été fantastiques en même temps » , résume notamment Jérôme Alonzo. Quand l’un des deux noms est d’ailleurs cité, c’est essentiellement pour un exploit individuel plutôt que collectif. Et il y en a eu quelques-uns. Pour Jay-Jay, c’étaient des pralines magnifiques claquées face à La Gantoise (7-1, août), l’OL (2-2, octobre) et Metz (0-2, décembre). Ronnie, lui, a brillé sur coup de pied arrêté à Rennes (1-2, décembre) avant de s’illustrer sur des chevauchées contre Troyes et Metz (2-0, avril) qui feront plus tard sa marque de fabrique.

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Symbole d’une saison gâchée


Mais comment expliquer l’échec d’un duo pourtant si prometteur sur le papier ?
« Intrinsèquement, c’étaient deux génies du ballon, mais avec exactement la même propension au laxisme. Donc c’était problématique. » Jérome Alonzo
Pour Alonzo, qui a côtoyé les deux internationaux au quotidien, ce rendez-vous avorté découle avant tout de leur personnalité quelque peu relâchée. « C’est très simple, ça s’explique par la nature profonde des deux hommes, avance l’ex-portier. Intrinsèquement, c’étaient deux génies du ballon, mais avec exactement la même propension au laxisme. Donc c’était problématique. (rires) Je ne pense pas qu’il faille accabler Luis sur ce coup-là. Car quand tu as deux artistes comme ça, faut les laisser s’exprimer et il avait vraiment essayé de faire ça. » Dans différents systèmes utilisés au cours de la saison (4-1-3-2, 3-5-2, 4-5-1 ou 4-3-3), Luis Fernandez a éprouvé des difficultés à correctement articuler son animation offensive.


D’autant que la concurrence était pour le moins exacerbée à l’époque (Aloísio, Alex, Anelka avant son départ en prêt à Liverpool en décembre et arrivée de Jérôme Leroy au mercato hivernal). « C’était compliqué de mettre Okocha, Ronaldinho, Anelka et consorts devant, justifie avec du recul Éric Blondel, désormais administrateur de l’ASSE. Parce que lorsque vous n’avez pas le ballon, qui défend ? C’est nécessaire de trouver un équilibre, de se replacer à la perte du ballon et ça dépend aussi de l’équipe que vous affrontez en face. Vous ne pouvez pas mettre que du talent. » Outre les considérations tactiques, les circonstances n’ont également pas favorisé le développement de ce duo. Comme si le destin s’était acharné à les séparer. Quand Okocha, affecté par le départ de son compatriote Okpara à l’inter-saison, se trouvait sur le flanc en raison d’une blessure au genou droit ou à la CAN pendant un mois avec le Nigeria, Ronnie, lui, se débattait à deux reprises avec une grippe tenace.

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En toile de fond, l’incapacité de la paire brésilo-nigériane à scintiller se veut aussi et surtout le symbole d’une saison frustrante.
« Quand je rentrais chez moi le soir, je me disais : "Mais comment se fait-il qu’on n’est pas premiers avec dix points d’avance dans ce championnat de truffes ?" » Jérome Alonzo
Malgré un groupe au potentiel séduisant (Pochettino, Heinze, Arteta notamment), le PSG boucle la saison à une quatrième place en championnat et sans aucun titre (quarts de finale de Coupe de France, demi-finales de Coupe de la Ligue et 16es en Coupe UEFA). « Quand je rentrais chez moi le soir, je me disais : "Mais comment se fait-il qu’on n’est pas premiers avec dix points d’avance dans ce championnat de truffes ?" Je garde un goût amer de cette saison-là, regrette Alonzo, encore déçu en rembobinant. J’ai l’intime conviction, et tous les gars de l’époque que je recroise aussi, qu’on aurait dû terminer champions avec dix points d’avance. »

Okocha a d’ailleurs confié le même désappointement récemment aux caméras de l’émission J+1, source d’après lui de son départ de Paname à l’été 2002 : « Ne remporter aucun titre, c’était une grande déception.(…)Fernandez avait du mal à nous faire jouer avec Ronaldinho. Malheureusement, j’ai dû quitter le PSG à cause de Fernandez. C’est la première fois que je le dis, il est la raison de mon départ. Il avait beaucoup de mal à nous faire confiance. Il avait sa façon de voir les choses, sa propre philosophie. » Des propos formellement démentis par le principal intéressé, qui a été grandement surpris par cette sortie médiatique. « Je ne lui ai jamais demandé de partir, bien au contraire ! martèle Fernandez. J’ai toujours aimé le garçon. Il faut un peu remettre les choses dans leur contexte et ce qu’il a dit, ce n’est pas la vérité. Pour moi, Jay-Jay était ailleurs cette saison. Il avait d’ailleurs demandé à partir au bout de six mois. » Cette mésentente palpable, toujours. Même près de quatorze ans plus tard. À l’image de ce duo de génies romantiques et si talentueux qui n’est pas parvenu à s’entendre. Comme quoi, même les génies peuvent ne pas se comprendre entre eux.

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    Par Romain Duchâteau Propos de Luis Fernandez, Jérôme Alonzo et Éric Blondel recueillis par RD
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