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« Ronaldinho m'a appelé, il voulait me voir à San Siro »

Soufiane Touzani, vous l’avez sans doute tous vu sur les réseaux sociaux. Il met à l’amende les jeunes de Dortmund, de City ou de la Juve. Il est l’un des pionniers dans le monde du freestyle à partager ses vidéos sur internet. Mais pas que.

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Sofiane, comment as-tu débuté le football ?
La première fois que j’ai vu une balle, je devais avoir deux, trois ans, et depuis j’en suis devenu fou. Et quand j’ai eu six ans, mon père m’a inscrit dans mon premier club. Ce que j’aimais dans le football, c’est que j’étais tout le temps dehors. Même s’il n’y avait personne avec moi, ça m’était égal. Ce que je voulais, c’était le ballon. Dès qu’il y avait d’autres enfants qui venaient, on faisait des matchs. Mais si j’étais seul, je trouvais le moyen de m’amuser en essayant de faire de beaux gestes. Et tout servait de support pour jouer. Le ballon me faisait aller n’importe où, il me dirigeait.

Tu joues dans des petits clubs jusqu’à tes 18 ans et ensuite tu rejoins la branche amateur du SC Feyenoord, c’est ça ?
Oui, c’est ça. J’y étais plus par plaisir, mais c’est là où j’ai pu me montrer. D’ailleurs, plusieurs clubs étaient intéressés. Le Feyenoord, bien sûr, ou le Sparta Rotterdam. Et à cette période, je sentais une gêne horrible au niveau du dos. Je suis passé à l’infirmerie et malheureusement, on me découvre une scoliose qui m’oblige à faire une croix sur mes rêves de professionnel. Mais c’est aussi grâce à ça que je suis devenu véritablement freestyler.

Je suppose que lorsqu’on t’a annoncé la nouvelle, ça a dû te faire mal…
J’étais abattu, triste et déçu. Mon rêve absolu était de devenir professionnel, et ça ne pouvait pas être le cas. Mais j’ai quand même eu de la chance, car même avec ma scoliose, j’ai commencé à m’entraîner, à faire des tricks. La douleur m’empêchait de devenir compétitif à un certain niveau, sauf que j’avais eu le feu vert des médecins pour pouvoir faire des petites figures. Durant une ou deux ans de ma vie, la seule chose que je pouvais faire, c’était jongler. Tu imagines la frustration, alors que tu aspirais à une véritable carrière ? Mais, au fil du temps, j’ai pu développer mes qualités de freestyler.

Tu es le pionnier de cette discipline, tu as commencé au début des années 2000 et tu es l’un des premiers à poster tes vidéos sur YouTube. Comment c’est arrivé ?
Un jour, j’étais avec des potes, et l’un d’entre eux avait une petite caméra. C’était en 2002, et pour avoir une caméra, c’était pas comme aujourd’hui, avec les appareils photos inclus dans les téléphones. Mon pote l’avait ramené de Chine. YouTube n’avait pas encore vu le jour. Il n’y avait que MSN et d’autres trucs conneries comme ça. Et on s’est dit que ça pouvait être une bonne chose de faire des petites vidéos. Internet explosait et il n’y avait pas beaucoup de sites de foot, que des vidéos. Alors quand tu étais sur ces différents sites, le monde entier te voyait.

Tu as eu beaucoup de succès grâce à ces vidéos et ça t’a permis de réaliser de nombreux projets. Tu peux me raconter tout ça ?
C’était le début d’une aventure qui m’a permis de faire plein d’autres choses après. Un jour, j’ai été approché par EA Sports pour être dans FIFA STREET. Ils m’ont demandé de faire des skills, j’ai même eu mon propre personnage. Ma deception de jeunesse s’était dissipée, car j’ai eu très rapidement l’occasion de pouvoir, moi aussi, faire ce genre de choses réservées aux joueurs pro. Bon, j’ai pu joué au futsal à un bon niveau, ce qui m’a permis de porter les couleurs de la Hollande. Mais j’ai eu beaucoup de succès grâce au freestyle. Toute cette déception était très loin derrière de moi.

Grâce au Freestyle, tu as pu faire différents shows comme celui avec Ronaldinho à San Siro en 2008. Tu t’attendais à vivre ce genre de choses ?
Non, absolument pas. Et je pense que si on me l’avait dit à l’époque, je ne l’aurais pas cru ! (Rires) Maintenant, je réalise beaucoup plus tous ces accomplissements. Parfois, j’en devenais complètement fou. Un jour, on reçoit un coup de téléphone au bureau. Reza, mon manager, prend l’appel et me dit que c’est Ronaldinho au bout du fil. Il jouait au Milan AC et lui dit qu’il aimerait bien me voir à San Siro. Au départ, je pensais que c’était une blague, mais non, c’était sérieux ! Nous devions aller vite, car le match était le jour même. Je n’avais même pas eu le temps de réaliser. J’ai dû courir pour prendre mon avion, comme dans les films ! Ça a vraiment été un moment spécial, car à cette époque, c’était le plus grand joueur. Je n’ai pas pu dormir pendant trois jours après ça. Je n’arrivais pas à y croire. C’est un instant que je n’oublierai jamais.

Youtube

Comment tu es devenu l’ambassadeur de la Cruyff Foundation ?
Chaque année, la Cruyff Foundation organise un tournoi. On m’a appelé pour faire un show avant une finale. Johan a beaucoup apprécié ce que je faisais. Je suis donc resté en contact avec la fondation pour voir ce qu’on pouvait faire de plus. À partir de là, j’ai gardé de très bonnes relations avec lui ainsi qu’avec les gens de son association. Cette dernière fêtait ses quatorze ans. Un chiffre très spécial pour Cruyff et il voulait le célébrer. Je me suis proposé pour faire un show avec les enfants avec, en tête, sa philosophie de jeu. Je tremblais quand je lui ai proposé, mais il a accepté tout de suite. Depuis, on a gardé de solides contacts et je suis devenu ambassadeur. Un rôle qui me tient à cœur. Pour nous, Cruyff, c’est une légende, mais les enfants ne le connaissent pas. Johan voulait que je sois l’ambassadeur pour promouvoir cette école.

En 2011, tu as crée ta propre école de foot, la Touzani School. C’est quelque chose qui te tenait à cœur ?
J’ai grandi à Bloemhof, c’est l’un des endroits les compliqués de Rotterdam. Beaucoup de choses s’y sont passées. J’y ai grandi et j’ai toujours aimé mon quartier. Beaucoup de jeunes aimaient le football comme moi là-bas, alors je me suis dis que je devais y faire quelque chose. J’ai créé l’école quand j’avais 23 ans. Beaucoup de gens pensaient qu’il fallait le faire à la fin d’une carrière. Moi, je voulais la faire tout de suite. L’idée de l’école, c’est de jouer au football avec respect. La seule règle qu’on a, c’est de prendre du plaisir. D’oublier les problèmes de l’école, de la maison et se détendre en tapant le ballon. En ce moment, nous gérons 180 enfants. C’est un début, mais nous ne pouvons pas en recevoir plus. L’important, c’est la qualité de notre travail. On pourrait en prendre 500, mais au niveau qualitatif, ça ne serait pas la même. C’est compliqué de faire de grandes choses avec une petite organisation. On essaie de faire ce qu’on peut.

Youtube

Tu me disais que c’était chaud quand même Bloemhof. Quel est le rôle du football là-bas ?
C’est un mode de vie, le football à Bloemhof. C’est ce qui permet de rapprocher les gens. Pas toujours dans le bon sens du terme, parce qu’il y avait des tournois dans différents endroits de Bloemhof. Certains étaient plus importants à gagner que d’autres. Une question de respect entre quartiers. Mais en général, le football joue un rôle crucial là-bas. Il permet aux jeunes d’acquérir une certaine rigueur qu’ils n’ont pas à l’école ou la maison.

Qu’est-ce que tu nous prépares prochainement ?
La seule chose que je peux te dire, c’est qu’il va y avoir une belle vidéo avec Mario Balotelli


Propos recueillis par Gad Messika
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Dans cet article

Putain j'me souviens encore de ses vidéos en 2006 dans les street de Rotterdam, un pionnier dans la matière.

Il à aussi été dans plein de clip, mais bon c'est bien qu'il soit resté spécialisé dans le freestyle car je pense pas qu'il aurait percer dans le foot.
Youri Zidane Niveau : DHR
Connaissait pas,mais j'ai sûrement du voir une de ses vidéo,l'histoire avec Ronnie un truc de dingue
FourThreeThree Niveau : CFA
Ce mec il a plus d'humiliation à son compteur qu'un mec comme Ronnie c'est dire le niveau du type
La premiere video que j'ai vu de lui c'était au reveilon du 31 decembre 2002, un pote se met devant le pc et dit "regardez ce mec ce qu'il fait, il est fou" et on a tous regardé et reregardé cette video 5 ou 6 fois en essayant de comprendre comment il faisait, "non mais là, la balle elle touche par terre... non non...putain!"

https://www.youtube.com/watch?v=j5g9u8KL0Vw
C'est cool de savoir pourquoi ce mec n'est pas passé pro. La plupart des haters dit que ce qu'il fait ne lui sert à rien sur le terrain sinon on le verrait en pro, mais c'est avant tout sa blessure qui l'a empeché de le devenir.

Après je dis pas qu'il aurait percé non plus mais j'aurais bien voulu qu'il ferme quelques bouches.
DoutorSocrates Niveau : CFA
Exact! Galtieri, t'es donc tellement un connaisseur du foot qu'en le voyant faire ces trucs incroyables, t'arrives à en conclure qu'il n'aurait pas pu percer?
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