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Roma-Napoli, le nul qui n'arrange personne

Au terme d'un match riche en rebondissements, la Roma et le Napoli se séparent sur un score nul (2-2) qui n'arrange absolument personne. Conséquences : les Napolitains restent derrière la Lazio à la différence de buts particulière, et la Roma est toujours septième.

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Roma - Napoli (2-2)
Buts : Marquinho 41' et Simplicio 87' pour la Roma / Zuniga 48' et Cavani 68' pour le Napoli

Une image, avant toutes les autres. Coup de sifflet final du match entre la Roma et le Napoli. Malgré le match nul obtenu dans les toutes dernières minutes, le public du stadio Olimpico siffle. Les joueurs de la Roma filent aux vestiaires. Mais pas Francesco Totti. Le capitaine s’en va sous la Curva Sud, suivi par quelques coéquipiers téméraires. Il Capitano s’approche des tifosi, écoutent leurs plaintes, tente de répondre. Son visage, dépité, en dit long sur la saison de la Roma. Une saison débutée avec de grosses ambitions, et qui n’a jamais décollé. Les fautifs ? Les dirigeants les désigneront cet été. En attendant, la Roma va tenter d’accrocher une place européenne, ce qui est loin d’être gagné. Ce soir, les giallorossi ont arraché le nul contre un Napoli qui pourra nourrir de gros regrets. Mais ce nul ne sert pas à grand chose. Il fallait gagner pour conserver l’espoir d’aller accrocher la troisième place qualificative pour la Ligue des Champions.

Cette éventuelle victoire a commencé à se dessiner en première période, avant que les Romains, comme trop souvent cette saison, ne s’écroulent au retour des vestiaires. Naples, pour sa part, ramène un point qui a un sale goût de défaite. Les Sudistes ont archi-dominé la seconde période, auraient pu tuer le match, ne l’ont pas fait, et se sont fait punir en fin de rencontre. Du coup, ce point leur permet de rejoindre la Lazio au classement, mais pas de la dépasser (les laziali sont devant à la différence de buts particulière). Le calendrier peut laisser penser que le Napoli va prendre neuf points lors des trois derniers tours. Peut-être. Mais si la Lazio en fait de même, il faudra dire « ciao » à la Ligue des Champions. Et du côté du San Paolo, on repensera forcément avec amertume au 2-2 obtenu ce soir.

Gago pas gaga

La rencontre débute dans une atmosphère totalement irréelle. Les travées du stade sont bien garnies, mais dans ce stadio Olimpico, pas un bruit. Un silence réellement incommodant, volonté de la Curva Sud, qui a décidé de débuter le match par une grève du tifo. Ce qui résume bien l’actuelle relation entre la Roma et ses supporters. La rencontre débute, du coup, sur un faux rythme. Aucune des deux équipes ne semble avoir envie de se livrer. Bah d’accord, les mecs, ne vous livrez pas… Mais en attendant, pendant près de vingt minutes, c’est l’ennui total. Jusqu’à ce que finalement, le Napoli se décide à se montrer. C’est Hamsik qui sonne le réveil, avec une frappe que Lobont, le remplaçant de Stekelenburg, capte sans soucis. Début d’un assaut napolitain ? Pas du tout. Au contraire, cette occasion sera la première et la dernière.

A partir de là, c’est un monologue romain, qui débute par des frappes lointaines pour chauffer les gants de De Sanctis. Sur la seconde, signée Totti, le portier azzurro repousse dans les pieds de Gago, qui, à deux mètres des buts vides, s’offre le loupé de l’année en tirant à côté. Confirmation que ces giallorossi manquent de confiance. Tiens, voilà le public du stadio Olimpico qui se réveille. En cinq minutes, quatre bombes agricoles pètent. On préfère ça. Sur le terrain, la Roma se procure encore une grosse occasion par Marquinho, qui ne cadre pas sa tête. Pas cadrée non plus, la frappe de Borini, quelques minutes plus tard. On se dirige tout droit vers un bon vieux 0-0 à la pause, quand Totti invente une magnifique passe pour Rosi, dont le centre trouve Marquinho, qui, ce coup-ci, ne loupe pas. Les tifosi tentent tout de même de contenir leur joie. Histoire de montrer, encore, qu’ils sont furax. Mi-temps, avec un Napoli véritablement méconnaissable.

Zuniga et Cavani les flingueurs

Pendant la pause, Mazzarri pousse sa gueulante. Pas besoin de mettre une caméra dans les vestiaires pour s’en rendre compte. Le Napoli repart avec de nouvelles intentions, et la Roma est immédiatement acculée dans sa moitié de terrain. Dès la 4ème minute de la seconde période, Zuniga hérite d’un ballon des suites d’un corner (alors qu’il n’y avait pas corner, c’est à signaler), fixe les cages de la Roma, et pan. Une prunasse qui vient se loger dans le petit filet opposé, juste en dessous de la lucarne. Le stadio Olimpico, déjà silencieux avant cela, devient carrément muet. Et ce n’est que le début. Le Napoli a totalement changé de visage. La Roma n’arrive plus à aligner trois passes, et les occasions se multiplient pour les Napolitains. C’est d’abord Taddei qui est à deux doigts de marquer contre son camp, puis Maggio, lancé en profondeur, tente d’imiter Ramires au Camp Nou avec une balle piquée : totalement foiré. Ce n’est que partie remise.

Soixante secondes s’écoulent, Cavani part seul, Kjaer l’attend, le Matador crochète, et, comme personne ne se décide à l’attaquer, expédie une merveille de frappe dans la lucarne opposée. Un bijou. Mais bon, la défense de la Roma fait peine à voir. Il reste 20 minutes. On attend une réaction d’orgueil des romanisti. Luis Enrique fait alors rentrer Simplicio et le jeune Tallo. Cela n’a pas l’air, mais il s’agit là d’un double changement décisif. Le temps file, la réaction tant attendue n’arrive pas (hormis des cartons jaunes à la pelle) et Naples va vraisemblablement s’imposer sans trembler. Le public du stadio Olimpico se met même à chanter… contre ses propres joueurs. 87ème minute. Tallo élimine Maggio d’une jolie feinte et centre pour Simplicio qui conclue d’un extérieur du droit tout dégueu. Dégueu, certes, mais sacrément important. Le joueur court même embrasser sa femme et son fils dans les tribunes. C’est la dernière émotion de cette rencontre à rebondissements. La Roma arrache le nul, et fait ainsi un sympathique cadeau à sa pire ennemie, la Lazio. Et c’est peut-être aussi pour ça, que la bronca du stadio Olimpico est à ce point assourdissante.

Eric Maggiori
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